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Vu la vocation pétrolière du pays, le risque est réel, L'Algérie ne pourra pas faire face à une potentielle marée noire

Vu la vocation pétrolière du pays, le risque est réel L'Algérie ne pourra pas faire face à une potentielle marée noire

Malgré sa vocation pétrolière, l’Algérie ne dispose pas encore de moyens lui permettant de lutter seule contre une éventuelle marée noire, a indiqué hier M. Kemmache, spécialiste en la matière au sein du Commissariat national du littoral.

18 Mars 2008,   Le Jeune Indépendant
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«Si une telle catastrophe (marée noire, NDLR) venait à se produire chez nous, l’Algérie sera obligée de faire appel aux pays développés pour y faire face», a averti M. Kemmache qui présentait, hier, une communication sur la pollution marine lors du séminaire sur la protection de l’environnement organisé par la gendarmerie au siège de son commandement national à Alger.

Certes, «la Sonatrach a créé une société pour la lutte contre la pollution marine», a-t-il concédé, mais «au niveau national, nous ne disposons pas de moyens nous permettant de lutter contre une potentielle marée noire dans le grand large», a-t-il précisé.

Les moyens actuels de ladite société «ne lui permettent qu’à lutter contre les fuites (d’hydrocarbures) qui peuvent survenir au niveau des ports pétroliers de Skikda et d’Arzew notamment», a-t-il indiqué en précisant que «le port de Skikda dispose de 800 mètres de barrage flottant et celui d’Arzew d’un seul skimmer (machine d’absorption du pétrole déversé)».

Or, souligne M. Kemmache, «dans l’état actuel des choses, la lutte contre la pollution marine est une obligation de moyens et non de résultats». Toutefois, il existe des sociétés étrangères qui disposent de tous moyens physiques, chimiques et biologiques nécessaires pour lutter contre une telle catastrophe écologique, «mais leurs prestations coûtent excessivement cher», a-t-il souligné.

Une marée noire est une catastrophe industrielle et écologique qui se traduit par le déversement d’une importante quantité de pétrole brut ou de produits pétroliers lourds à la mer, et de l’arrivée de cette nappe d’hydrocarbures en zone côtière sous l’effet des marées, des courants marins et des vents.

«En moyenne, 6 millions de tonnes de pétrole sont déversées chaque année dans les océans», a fait savoir M. Kemmache en expliquant que «ces pollutions dues aux marées noires ont un impact global à la fois écologique (perturbation de l’écosystème et destruction des fonds marins et de l’habitat de nombreux animaux), économique (impact sur la pêche et les sites touristiques et cherté du nettoyage) et sanitaire (maladies de la peau et destruction de la faune et de la flore des côtes)».

«L’essentiel reste de se protéger de ce genre de catastrophe en effectuant des contrôles réguliers et stricts sur les différents moyens qui acheminent les hydrocarbures d’un endroit à l’autre, et en restant très attentif aux différents signes qui trahissent la présence d’une telle pollution (oiseaux mazoutés, coquillages contaminés... )», a dit le conférencier en concluant que «c’est à l’homme qu’il revient de s’assurer qu’un tel événement en se produise pas à nouveau».

Outre la pollution marine, cinq autres communications, évoquant toutes les facettes de la préservation et de la valorisation mais aussi les dangers qui guettent le patrimoine naturel national en général, ont été présentées lors de ce séminaire.

Les intervenants ont été unanimes à constater qu’aujourd’hui, «l’état de dégradation de l’environnement en Algérie demeure préoccupant, malgré les efforts louables fournis par les pouvoirs publics». Les activités humaines en sont responsables, auxquelles s’ajoutent les changements climatiques défavorables, ont-ils regretté.

Les séminaristes sont sortis avec plusieurs recommandations, préconisant notamment la mise en place d’un dispositif commun entre DGF- gendarmerie-douane-garde communale pour intensifier la surveillance et la lutte contre le braconnage. Le contrôle des lieux de vente et d’exposition des espèces protégées de faune et de flore et au niveau des frontières pour lutter contre le trafic des espèces protégées.

Ils ont également préconisé l’organisation conjointe de journées d’information et de sensibilisation au profit des intervenants sur le terrain afin d’accentuer la protection. Faire participer les intervenants aux techniques d’inventaire de la faune et la flore sauvages et, enfin, la formation sur la mise en œuvre de la convention internationale, notamment la CITES, convention sur le commerce international des espèces de faune
et de flore sauvages menacées d’extinction.

A. M.