Hamid Temmar implique les patrons dans la stratégie industrielle Ce sera quitte ou double
Le ministre de l’Industrie et de la promotion des investissements devait révéler les grandes lignes du programme gouvernemental en la matière.
Hamid Temmar a soufflé hier le chaud et le froid devant une assistance composée essentiellement de représentants d’entreprises privées et publiques, d’organisations du patronat conviés à l’hôtel Hilton à assister à une journée d’étude pour débattre des modalités de mise en œuvre de la stratégie de l’Etat relative à la mise à niveau des entreprises.
A cet effet, le ministre de l’Industrie et de la promotion des investissements devait révéler les grandes lignes du programme gouvernemental en la matière. Les promesses d’aide financière de l’Etat, si elles ont été évoquées, n’en étaient pas moins assorties d’un mea culpa en bonne et due forme.
«Par le passé, les pouvoirs publics avaient été passifs, ils s’étaient contentés de demander aux entreprises si elles souhaitaient entrer dans le programme ; aujourd’hui, nous voulons être actifs, nous pensons qu’il y a nécessité d’accompagner les entreprises dans le marketing et de les associer pour qu’elles puissent bénéficier des bienfaits de cette politique» a déclaré le ministre.
Temmar a reconnu implicitement la responsabilité du gouvernement dans l’échec de la politique économique poursuivie jusque-là, mais en même temps, il a tenu à dégager sa responsabilité quant aux évolutions futures. Du reste, le représentant du gouvernement a plaidé pour une «économie de la production et de l’exportation aux lieu et place de l’économie d’importation qui prévaut actuellement».
«Qu’on n’accuse plus le gouvernement d’être derrière ceci ou cela puisqu’il vous offre publiquement de rentrer dans cette stratégie et cette politique» a lancé Temmar. Et de qualifier cette politique de «sacrée» :
«Si nous ne le faisons pas maintenant en tant qu’associations de la société civile, instituts de recherche travaillant dans le domaine, etc. cela veut dire que nous sommes d’accord pour être envahis par l’Europe». Sur un ton solennel, Temmar a considéré la rencontre d’hier comme «une des plus importantes que j’ai eu à tenir et que j’aurai à tenir» parce qu’il y va du «destin économique de la nation», ajoutant : «si nous ratons le rendez-vous de la mise à niveau, nous ne pourrons plus nous plaindre à l’avenir». et d’avertir : «le ratage nous vaudra dans six mois un destin menacé». Abordant le programme, Temmar a expliqué avoir privilégié l’«approche sélective», en ce sens que ce sont les entreprises relevant de l’industrie manufacturière et non de l’industrie de service qui vont être ciblées.
Il a demandé aux représentants du monde des affaires présents dans la salle de faire part de leurs propositions promettant qu’elles seront prises en compte pour dégager les priorités et le champ d’intervention de l’Etat.
Une partie du programme, a indiqué Temmar, sera financée «soit par l’entreprise sur son propre compte soit par sa banque» ; la politique de mise à niveau sera supportée par un cadre institutionnel nouveau, peut-être une agence, a suggéré le ministre, qui a-t-il précisé, sera complété par la création d’un guichet spécial et de centres techniques industriels.
Larbi Graïne






