Des correspondances du ministère de la Santé transmises à toutes les instances La grève des paramédicaux déclarée illégale
Le personnel paramédical a été surpris d’apprendre, hier, au deuxième jour de la grève décidée par le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), l’illégalité du débrayage.
«Des correspondances ont été transmises à différents services par la tutelle -le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière- pour informer les différents services que les paramédicaux n’ont pas le droit de faire grève et qu’ils sont sommés de rejoindre leurs postes» en soulignant que «la chambre administrative de la cour d’Alger a ordonné l’arrêt de la grève», explique un responsable du SAP.
Néanmoins, les paramédicaux ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont décidé de poursuivre leur grève malgré sa déclaration d’illégale par leur ministère de tutelle. «La grève est maintenue et nos revendications concernant le statut, les salaires et le respect sont plus que jamais d’actualité», dira un responsable du SAP.
Par ailleurs, les paramédicaux qui ont observé le sit-in, tout comme durant le premier jour de débrayage, rejettent la minimisation par le ministère de la Santé du taux de suivi de leur grève, affublé de seulement «5,67%».
«C’est vraiment ridicule et indécent de la part du ministère de la Santé de baisser un taux de participation qui est de l’ordre de 95% à seulement 5,67%, alors que tout le monde sait que la grève des paramédicaux a été massivement suivie», souligne-t-on. C’est d’ailleurs le cas au deuxième jour de débrayage où les paramédicaux, comme au premier jour, ont répondu «oui à la grève».
Cela a été observé hier dans l’ensemble des hôpitaux d’Alger: le CHU Ben Aknoun, le CHU Béni-Messous, l’hôpital de Kouba, le CHU Mustapha ainsi que le CHU Bab El-Oued. Dès l’abord de ces établissements de santé, l’annonce de la grève est perceptible à travers des affiches, pancartes et autres banderoles où l’on peut lire: «Paramédicaux en grève» ou «Paramédicaux en colère».
«Nous exigeons un statut digne de ce nom, un statut respectable de notre corporation tout comme nous exigeons de la considération et du respect», déclarera un infirmier au CHU Mustapha. Même son de cloche à Béni-Messous.
«C’est terrible nos conditions de travail! Nous nous sentons humiliés par les insultes des malades et il n’y a même pas une compensation salariale», dira un TSS, relayé par un autre qui ajoutera: «Nous demandons un salaire décent et digne de ce nom.»
A Bab El-Oued, une aide-soignante dira que ses collègues sont «plus que jamais déterminés à maintenir la pression, jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications et particulièrement l’introduction du nouveau système LMD dans la formation des paramédicaux». «Nous sommes également décidés à ne pas fléchir jusqu’à ce que les pouvoirs publics reconnaissent nos endurances», ajoutera-t-elle.
A noter enfin que les paramédicaux, qui ont suivi hier rigoureusement leur grève, bien que celle-ci ait été déclarée illégale, n’ont pas manqué d’observer un service minimum. «Il est normal que nous assumions un service minimum pour ne pas pénaliser les malades; mais nous sommes solidaires avec les revendications de notre syndicat et sa plate-forme de revendications», dit-on de façon unanime.
Samira Illoul






