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Médicaments, l’ordre des pharmaciens tire la sonnette d’alarme, «La pénurie… déjaà !»

Médicaments, l’ordre des pharmaciens tire la sonnette d’alarme «La pénurie… déjaà !»

La pénurie constatée en matière d’approvisionnement des officines en médicaments est on ne peut plus inquiétante pour les malades qui redoutent qu’elle s’inscrive dans la durée. La disponibilité du médicament dans les officines est tributaire en grande partie de l’importation. En 2007, la facture du médicament a atteint un chiffre record dépassant les 664 millions de dollars. Sur 8 000 pharmaciens exerçant au niveau national, seuls 20% officient dans le secteur hospitalier.

18 Mars 2008,   Le jour d'Algérie
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La pénurie constatée ces derniers temps en matière d’approvisionnement en médicaments est on ne peut plus inquiétante. Les malades ont en effet remarqué l’absence de certains produits sur le marché, d’où le désarroi exprimé par quelques-uns qui redoutent que cette crise s’inscrive dans la durée.

L’Algérie n’est nullement pas à l’abri d’une éventuelle crise que provoquerait une éventuelle pénurie de médicaments, à en croire les projections de spécialistes en la matière. Sans être devin, tout un chacun peut comprendre que la disponibilité du médicament dans les officines est tributaire en grande partie de l’importation.

Ainsi, l’Algérie qui importe près de 80% des médicaments, peine toujours à prôner une politique de régulation allant dans le sens de satisfaire les besoins du marché national. Rien que pour 2007, la facture de l’Algérie a atteint un chiffre record dépassant les 664 millions de dollars.

Le recours à l’importation n’est pas la panacée. La généralisation du médicament dit «générique» serait un palliatif pour juguler l’hémorragie des devises. Pour cela, l’importation des matières premières servant à la fabrication du médicament inscrit sous la dénomination commune internationale (DCI) s’avère une solution doublement efficace.

Primo, la facture pour les malades serait moindre et celle des assurances serait d’autant moins onéreuse. Secundo, la maîtrise de la fabrication du médicament générique par les laboratoires pharmaceutiques algériens permettra de réduire de façon substantielle la facture de l’importation, sachant que la production nationale ne couvre seulement que 15% des besoins nationaux.

Interrogé en marge des 2èmes journées de pharmacie hospitalière organisées à l’hôtel Aurassi, le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens, le Pr Lahouari Abed a insisté sur la nécessité d’encourager les jeunes pharmaciens d’opter pour la pharmacie hospitalière que pour les officines.

«Sur 8.000 pharmaciens exerçant au niveau national, seulement 20% officient dans le secteur hospitalier», a fait savoir le professeur Abed. Ce qui dénote en toute vraisemblance une «attirance» des pharmaciens vers les officines privées. Et de souligner que l’Etat éprouve toutes les peines du monde à trouver acquéreur pour les mille officines étatiques à privatiser.

Dans le chapitre importation du médicament, il existe un mécanisme de contrôle de qualité. Mais, concède-t-il, la lenteur dans le processus de vérification perturbe la distribution optimale des médicaments.

«On ne peut pas commercialiser un médicament sans qu’il soit soumis au contrôle de la commission», tente de convaincre le professeur Abed. Par conséquent, les circuits de distribution et les aires de stockage subissent par effet d’avalanche les retombées de ces lourdeurs administratives.

Malgré l’importance des budgets alloués à l’achat du médicament, il demeure toutefois que les perturbations engendrées en aval persistent. De facto, le patient, ce dindon de la farce, subit les aléas de la «mauvaise» gestion de la chaîne de distribution. Quel remède faut-il apporter au médicament en Algérie ?

Yazid Madi