La rigueur du décret exécutif n’a pas eu d’effet sur les gérants des salles des fêtes La nouba reprendra
A l’approche de l’été, les salles des fêtes reprennent vie et entament la saison haute avec beaucoup de punch. De plus en plus nombreuses, les salles des fêtes connaissent un attrait impressionnant de la part des familles.
Ces dernières années à Oran, l’intérêt ascendant que leur portent les citoyens d’Oran reste un trait marquant dans les us et les coutumes locales.
La célébration des noces et des unions a connu, ainsi, de profondes mutations sociales. Impersonnels et luxueux, ces lieux des temps modernes dédiés, désormais, à la célébration des noces ont remplacé les bonnes vieilles « kheïma » et autres « guitoune» (tentes) qui, jadis, couvaient des ambiances joviales et très conviviales. Aujourd’hui, célébrer son mariage dans les terrasses ou sous les tentes relève de l’ironie aux yeux d’une majorité d’Oranais.
Le choix de la salle des fêtes pour la célébration des noces obéit à des considérations nombreuses, notamment le désir d’exhibition, le narcissisme, la défiance et la lutte entre les classes sociales.
Il existe, pourtant, différentes palettes de salles en fonction de l’aisance sociale et du milieu professionnel et culturel. En effet, il y a les salles bas de gamme dont les prestations restent très limitées et les qualités en deçà des normes requises, notamment pour ce qui est de la sonorisation et la couverture audiovisuelle.
Ces salles pratiquent des prix qui ne dépassent pas les 40.000 DA, sans la prise en charge des repas et autres boissons. En fait, il s’agit d’un paiement de droit de location de la salle uniquement.
Pour le deuxième palier, on peut citer le cas de ces salles qui pratiquent des prestations de qualité acceptables dans des édifices potables et assez intéressants du point de vue de la prise en charge des familles, notamment en ce qui concerne la restauration et les boissons chaudes et fraîches. Ces salles mettent à profit un personnel qualifié dans la distribution des repas et des boissons gazeuses ainsi que des options pour la prise en charge des mariés.
Ces salles peuvent proposer un prix global concernant l’ensemble des prestations, à savoir les menus proposés et pris en charge entièrement par le gérant. Il y a également l’option de la prise en charge de la restauration par les familles organisatrices des noces, qui doivent cuisiner sur les lieux en utilisant les ustensiles et les moyens de la structure accueillante.
Les prix proposés par ces salles ne dépassent pas les 120.000 DA pour une soirée de fêtes non stop, où la qualité du son du DJ et les couvertures photographiques et audiovisuelles du mariage sont d’une qualité appréciable.
La catégorie des salles des fêtes destinées à la haute classe ou les mariages VIP est d’une stature incomparable. Pour drainer la clientèle, ces salles proposent des bonus et des surprises de dernière minute pour épater les mariés et leurs familles.
Tout est affaire d’astuce et d’ingéniosité dans l’élaboration des programmes et des prestations de services. Ces derniers temps, une limousine toute neuve est mise à profit dans les cortèges pour transporter les mariés au grand bonheur de ceux qui en ont les moyens. Autant dire que les salles des fêtes ont bouleversé le rituel de la célébration des noces à l’oranaise.
Malgré la promulgation du décret exécutif n°05/2057 du 04 juin 2005 qui contraint les gérants des salles des fêtes à un certain nombre de règles d’hygiène, de sécurité, parking insonorisation et.. ainsi que d’autres dispositions à observer scrupuleusement.
les salles des fêtes n’ont jamais aussi bien prospéré que durant ces dernières années à Oran, où se bousculent plus d’une centaine de salles toutes catégories confondues sans compter les structures parallèles.
Raffika Mendjel






