Le ministre des a.e. sahraoui accuse l’espagne et la france de pousser le maroc à l’option militaire «Ils veulent la guerre»
Lors d’une conférence de presse, hier à Alger, le ministre sahraoui des Affaires étrangères a reproché à l’Espagne d’avoir fourni à l’armée marocaine 1 200 véhicules blindés et un lot important d’appareils de lancement de bombes à déflagration. Il accuse ensuite la France d’avoir bloqué au niveau de l’ONU toute pression sur le Maroc, de ne pas vouloir la stabilité de la région, et plus grave, de pousser à la guerre.
Le ministre des Affaires étrangères de la RASD (République arabe sahraouie démocratique), Mohamed Salem Ould Salek, a accusé nommément le gouvernement espagnol de fournir les armes au Maroc.
Lors d'une conférence de presse, tenue hier au siège de l'ambassade sahraouie, Ould Salek a déclaré, répondant aux questions des journalistes, que « l'Espagne a fourni 1200 véhicules blindés et un lot important d'appareils de lancement de bombes à déflagration. »
Les relations de l'Espagne, en tant que puissance administrative des territoires du Sahara occidental, avec le Maroc « ne doivent pas se faire au détriment du peuple sahraoui », a-t-il ajouté, insistant sur « sa responsabilité (de l'Espagne, NDLR) entière, juridiquement et politiquement » et rappelant que le président sahraoui Mohammed Abdelaziz « a adressé un message au Premier ministre espagnol Rodriguez Zapatero dans l'espoir de voir son gouvernement assumer ses responsabilités », car, a-t-il poursuivi, « les conséquences qui peuvent en découler risquent d'être lourdes. »
Il a parlé de l'existence d'un complot « non pas sur le Sahara occidental seulement mais sur toute la région ». « Tant que le Maroc ne respecte pas les frontières de ses voisins, a-t-il noté, nous ne croyons pas à la stabilité dans la région. » Il exhortera par - là même « les amis du Maroc » à pousser ce dernier à favoriser la paix. Dans le même sillage, il accusera la France d'avoir bloqué au niveau de l'ONU, depuis 1991, toute pression sur le Maroc.
« L'initiateur de la guerre, c'est la France. C'est bel et bien un complot, Paris ne voulant pas la stabilité dans la région » martèlera le ministre sahraoui des Affaires étrangères « Il y a, dit-il, une politique du deux poids, deux mesures, un black-out sur la situation des réfugiés sahraouis. » Et d'affirmer : « Le Maroc a même ''acheté'' des plumes européennes pour ses intérêts. »
Les manoeuvres marocaines des forces terrestres, aériennes et de la marine royale, entamées depuis mardi dernier dans les territoires occupés du Sahara occidental risquent de faire échouer les négociations lors du 4ème round entre le Front Polisario et le Maroc prévu aujourd'hui à Manhasset (USA) sous l'égide de l'ONU. Selon l'orateur, les négociations se dérouleront dans un esprit de guerre et ces indications «montrent que le Maroc n'a pas de volonté politique et oppose des obstacles à une solution pacifique du conflit ».
« Notre délégation, munie d'une volonté politique, déclarera encore le ministre, va réitérer nos positions de principe à savoir : le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination comme le stipulent les résolutions 1754 et 1783 de l'ONU et notre attachement à la légalité internationale. »
Dans un autre registre, le responsable sahraoui a tenu à attirer l'attention de la communauté internationale et des défenseurs des droits de l'homme sur la situation très critique des Sahraouis sous occupation marocaine en général et de plus de 60 détenus en grève de la fin depuis plus d'un mois, en particulier mais aussi des enlèvements, des viols subis par le peuple sahraoui « qui a pourtant lancé une ''Intifadha'' pacifique depuis mai 2005, à laquelle le pouvoir de Mohamed VI, contrairement à son père, oppose toutes sortes de sauvageries. ».
« Depuis le début du conflit en 1975, en plus des pertes humaines, le Maroc a dépensé 150 milliards de dollars », dira Ould Salek pour qualifier le dernier conflit qui subsiste en Afrique d' « absurde ».
Saïd Mekla






