Belkhadem veut encourager la production nationale «Pas question de supprimer la TVA»
Le gouvernement veut encourager la production nationale pour faire face à la hausse des prix sur les marchés internationaux des produits alimentaires de première nécessité, a assuré le Chef du gouvernement hier, en marge de l'ouverture des travaux de la session parlementaire du printemps, mais «il n'est pas question» de supprimer la TVA.
«Notre objectif est de soutenir la production nationale en amenant les producteurs à produire plus et leur payer leurs produits au prix coûtant, mais pas question de supprimer la TVA», a déclaré M. Belkhadem à la presse au Conseil de la nation. Il s’agit, a-t-il expliqué, «de revoir l’ensemble de la composition des prix, pour voir quelle est la part la plus déterminante dans la structure des prix...
L’objectif du gouvernement est d’encourager les agriculteurs, les éleveurs et l’industrie agroalimentaire à produire plus», a-t-il assuré. L’Algérie «a pris les mesures pour soutenir les prix des céréales et du lait. Nous étudierons aussi le problème (des prix) des légumes secs et des huiles végétales et animales, mais aucune décision n’a été prise», a ajouté M. Belkhadem.
Le problème du soutien des prix «est lié à celui de l’inflation qui se pose actuellement à tous les pays du monde : chez les pays voisins, au Moyen-Orient et en Europe.» Le Chef du gouvernement soutient que «tous les gouvernements sont confrontés au problème, notamment de la hausse des prix des céréales et des légumes secs», a-t-il observé.
La sortie du chef de l’exécutif se veut on ne peut plus clairement une réponse à certains producteurs. En effet, le patron du leader algérien en huile Issaâd Rebrab avait appelé récemment le gouvernement à supprimer la TVA sur les intrants importés, affirmant que faute de quoi ils seraient obligés de hausser les prix des produits.
A une question sur les APC encore bloquées à cause des différends entre les partis politiques qui y siègent, le Chef du gouvernement a répondu que «le nombre de ces APC bloquées diminue de jour en jour» et qu’il en reste «encore quatre ou cinq».
Ceci dit, on s’éloigne du spectre de dissolution des Assemblées. «Il s’agit surtout du cas où le président de l’assemblée a été choisi, mais pas les vice-présidents ou les présidents de commissions», a-t-il précisé.
Répondant à la question de la révision de la constitution, le chef du gouvernement, M. Abdelaziz Belkhadem a «souhaité» que la révision de la Constitution soit programmée au cours de cette session. «Nous souhaitons que cela se fasse au cours de cette session,» a-t-il lancé hier à la presse.
Il a également émis le souhait que cette session soit «caractérisée par un saut qualitatif dans la concrétisation des réformes que nous nous attelons à mettre en œuvre».
Mais ni M. Belkhadem, encore moins MM. Zerhouni et Ould Kablia ne se sont prononcés sur le problème du code communal et de wilaya pourtant plusieurs fois différé.
«Nous revendiquons nos archives à tous ceux qui en possèdent un bout»
Répondant à la question sur les archives manquantes dont la France est interpellée à en fournir davantage, le chef du gouvernement a précisé que l’Algérie en fera la demande solennelle incessament. Il a aussi relevé que «d’autres pays possèdent également des documents relatifs à l’histoire algérienne».
«Nous demandons nos archives pas seulement auprès de la France, mais à tous les pays qui en possèdent des parties, comme la Turquie», a-t-il déclaré.
M. Belkhadem a révélé qu’il profitera de la visite du premier ministre égyptien pour formuler la demande de récupérer des archives, sonores essentiellement, à l’Egypte. «L’Algérie est sur le point de récupérer une partie de son archive à la radio égyptienne Sawt al arab», précisant que ce sujet sera abordé avec les Egyptiens lors de la haute commission mixte de coopération bilatérale, qui s’est ouverte hier.
D’autre part, en réponse à une question sur les réunions qu’auraient tenues des responsables de l’ambassade américaine à Alger avec des responsables politiques sur la situation en Algérie, le chef du gouvernement a affirmé que l’Algérie «n’accepte pas les ingérences» étrangères. Et d’ajouter: «nous demandons aux partis, aux organisations nationales et celles de la société civile d’exprimer leur position sans avoir recours aux ambassades étrangères.
Le chef du gouvernement a exprimé par ailleurs les événements survenus ces derniers jours en Palestine en qualifiant les opérations militaires israéliennes contre la population dans la bande de Ghaza de «terrorisme d’Etat». «Israël s’est édifié sur le terrorisme et continue de pratiquer un terrorisme d’Etat sur les Palestiniens désarmés» a-t-il observé.
«Nous ne pouvons pas nous taire sur ce qui se passe dans la bande de Ghaza», a-t-il dit, en appelant le Conseil de sécurité à agir pour «mettre fin à ces agressions israéliennes». «Nous rappelons qu’il y a quelques années, un sommet de chefs d’Etat – y compris des membres permanents au Conseil de sécurité de l’Onu – s’est réuni à Charm el-Cheikh (en Egypte) après un attentant à la voiture piégée à Tel-Aviv. Nous souhaitons maintenant que la communauté internationale et les membres du Conseil de sécurité bougent» a-t-il dit. Il a rejoint MM.
Bensalah et Ziari qui ont, chacun de son côté, mis en exergue le nécessaire soutien au peuple palestinien agressé. M. Bensalah s’est même soulevé contre l’attitude des Etats arabes face à la dégradation de la situation en Palestine, refusant le silence complice et la politique du fait accompli.
Salah Bey




