Élection présidentielle, La hantise de l’urne vide

Élection présidentielle

La hantise de l’urne vide

L’abstention, seul et unique adversaire de Abdelaziz Bouteflika, pourrait fausser tous les calculs du scrutin qui se déroulera aujourd’hui. Pour faire face à cette menace, les autorités ont multiplié les actions envers les citoyens. Aujourd’hui, annonceront-elles des résultats probants ?

09 Avril 2009,   Le Soir d'Algérie

«Votez ! Même contre moi, même à bulletin blanc !» L’appel lancé par Abdelaziz Bouteflika dès le premier jour de campagne, à partir de Batna, démontre, à lui seul, la crainte que suscite le spectre de l’abstention. Le candidat-président a tenu à réitérer cet appel à chacun de ses meetings. A tel point qu’il donnera l’impression de mener une «contre-campagne».

C’est que l’heure est grave. Il est admis que Abdelaziz Bouteflika ne saurait accepter d’être élu avec un taux de participation inférieur à 60%. Pour «lutter» contre l’abstention, l’administration a mis en œuvre des moyens conséquents.

Cette offensive a débuté bien avant le lancement de la campagne électorale avec le renouvellement du fichier électoral. Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a décidé de faire du porte-àporte pour enregistrer puis distribuer les cartes de vote aux citoyens.

Un service tout à fait inédit pour une administration sclérosée par la bureaucratie. Puis, c’est au tour des spécialistes de la communication institutionnelle d’intervenir à travers une campagne publicitaire largement diffusée dans les médias.

«Ne laissez personne décider à votre place», dit en substance le slogan. Les opérations de «persuasion des masses» se multiplient. Rien n’y échappe, pas même l’école et la mosquée. Lors de la campagne électorale, Abdelaziz Bouteflika n’est pas seul à faire la promotion du «devoir national».

Les cinq autres candidats s’y mettent eux aussi. Comme ils ne manqueront pas de fustiger les partisans du boycott, FFS et RCD en première ligne.

Ces derniers seront traités de tous les mots. Ahmed Ouyahia, principal soutien de Bouteflika et président de la Commission d’organisation de l’élection présidentielle, en fera même son sujet de prédilection dans ses discours. «Je vais être direct : ceux qui appellent au boycott sont les traîtres de la nation, des criminels (…).

La jeunesse algérienne ne doit pas être un instrument politique, votre réponse est d’aller vous exprimer librement le jour du scrutin afin d’élire votre représentant, c’est votre avenir qui est en jeu.»

Des déclarations vivement dénoncées par les partis de Hocine Aït-Ahmed et de Saïd Sadi. Reste l’essentiel : les Algériens iront-ils voter aujourd’hui ? A voir le peu d’engouement des citoyens pour cette élection et, surtout, la détérioration de la situation socioéconomique, on serait tenté de répondre par la négative. Pourtant, certains se veulent optimistes.

A l’instar du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales qui dit refuser de vivre avec le complexe de l’abstention et qui estime que le «taux sera bon».

Un optimisme que ne partage pas le FFS qui table sur un taux de participation de 30%. A ce titre, Karim Tabou, le premier responsable de ce parti, se dit prêt à rendre publics les résultats de la réélection de Abdelaziz Bouteflika avant même leur annonce officielle.

T. H.

Presse-dz

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