Contestant la forme d’observation internationale décidée par l’état
Le RCD dit non à la présidentielle
«Les conditions actuelles ne plaident pas en faveur de notre participation au prochain scrutin des présidentielles».
08 Janvier 2009, Le Courrier d'Algérie
Cette position du RCD, dont nous a fait part hier Mohsen Belabès, en charge de la communication au sein du parti, ne peut être perçue que tel un signe avantcoureur du boycott de la formation de Saïd Sadi des élections présidentielles.
Déjà, dans le courant de cette semaine une chaîne de télévision, Berbère Télévision en l’occurrence, a fait état de la non-participation du RCD à cette compétition électorale de haut niveau, tout en annonçant que cette décision sera définitivement entérinée à la mijanvier prochain lors d’une réunion de l’état-major du parti. Mohsen Belabès a bel et bien confirmé quant à lui cette date de 15 janvier retenue par le RCD en vue de trancher sur sa participation où pas au prochain scrutin.
Cependant, le chargé de communication de ce parti n’a ni confirmé ni infirmé l’information rapportée par Berbère Télévision et selon laquelle le RCD boycottera les présidentielles de 2009, cela même si notre interlocuteur affirme avec force que jusqu’à l’heure actuelle les préparatifs en vue de cet important rendez-vous politique que l’Algérie s’apprête à connaître au printemps prochain ne sont pas à même de convaincre le RCD au sujet d’une éventuelle participation.
Le RCD, faut-il le rappeler, a été l’une des premières formations politiques à exiger la présence d’observateurs étrangers en prévision de la prochaine présidentielle. Les autorités du pays ont annoncé par le biais du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qu’il sera effectivement fait appel aux observateurs internationaux.
Alors qu’on s’attendait à ce que le RCD fasse part de son soulagement au lendemain de cette mesure édictée par le président de la République lui-même et liée aux observateurs étrangers, ce parti a surpris tout ce monde en qualifiant de «manoeuvre» et de «fuite en avant» cette décision du gouvernement d’introduire une demande d’envoi d’observateurs auprès de l’ONU, l’UA, de la Ligue arabe et de l’OCI.
« Le Premier ministre vient d’annoncer que le pouvoir algérien était d’accord pour reconduire les formes de surveillance internationale acceptées jusque-là pour les précédents scrutins.
Niant le désastre provoqué par les fraudes électorales récurrentes qui ont ruiné le crédit de l’État sur la scène internationale et provoqué le rejet citoyen pour toute consultation, le pouvoir ruse une nouvelle fois avec les exigences de l’heure et s’abîme dans la fuite en avant», souligne le RCD dans son communiqué.
En clair, le RCD rejette donc cette forme d’observation internationale telle que décidée par l’État, le faisant savoir clairement dans son communiqué.
« Le RCD a demandé une surveillance internationale massive et qualifiée. Les standards internationaux sont désormais clairement établis tant du point de vue de la durée pré et post-électorale nécessaire à une bonne observation que des membre et de la compétence des équipes», a-t-on noté dans ce document.
«Les ONG spécialisées dans les observations dignes de ce nom sont connues », poursuit le RCD dans son communiqué en citant l’exemple du Ghana qui, selon lui, vient de réussir une présidentielle organisée dans de remarquables conditions de transparence et de liberté attestées par l’observation d’organisations qualifiées, « celleslà même que l’Algérie s’évertue d’ignorer » précise t-il.
«Telle que présentée l’observation vise une fois de plus à assurer une présence politique symbolique », déplore la formation de Saïd Sadi, argumentant que «l’indifférence réservée par nos concitoyens à cette annonce renseigne sur le discrédit et les objectifs de cette ultime manoeuvre».
Le RCD a clôturé son communiqué en affirmant que « les Algériens ne se mobiliseront pas tant que les conditions d’une véritable autodétermination ne seront pas garanties». Cette phrase renseigne à juste titre sur la position que devra adopter dans les prochains jours le RCD au sujet de la présidentielle de 2009, à savoir que cette formation se dirige tout droit vers le boycott de ce scrutin.
Karim Aoudia
© 2012 Presse-dz | www.presse-dz.com