Vols reportés, retards prolongés…
Mercredi noir à l’aéroport d’Alger
Mercredi, fait unique dans les annales de l’aviation civile en Algérie. 80 % des vols avaient été annulés ou retardés. Aucune raison n’a été donnée par la direction de la compagnie de navigation qui a laissé dans l’expectative toute une foule de voyageurs.
04 Juillet 2009, Le Courrier d'Algérie
En fait, il s’agit de presque tous les vols des lignes intérieures à avoir connu, ce jour-là, un retard considérable, pénalisant les usagers. Certains ont dû même «patienter» pendant plusieurs heures.
Ces départs avaient tous accusé des retards inexpliqués, ce qui aurait fait même se déplacer, Abdelwahid Bouabdallah, le P-dg de la compagnie. Ces vols avaient enregistré un retard parfois de plusieurs heures, tel le cas du vol Alger-Constantine. Trois dessertes à destination de l’aéroport Mohamed Boudiaf, celles de 7h, de 10 h et de 13 h avaient été reportées, sine die.
Le premier vol devant partir à 7 h ne décollera qu’à près de 16h30 accusant ainsi un retard de plus de neuf heures. Celui d’Alger- Setif -Tebessa a, quant à lui, accusé quatre heures de retard.
Celui d’Alger - Ouargla -Timimoun prévu à 14 h, n’a pu prendre les airs et décoller qu’au delà de 18 heures. Nos tentatives d’en savoir un peu plus sur les raisons de ces retards se sont avérées vaines. Air Algérie communique mal et n’arrête pas de surprendre ses clients. L’aéroport Houari Boumediene grouillait, ce jour là, inhabituellement de monde.
Ils sont pour la plupart des voyageurs en attente d’une annonce de leur vol subissant un retard et qu’affichent les tableaux électroniques. L’attente est longue et déprimante.
Mais qui n’a pas subi les affres de cette compagnie passée maître dans l’art des retards ? Exemple parfait de manque de ponctualité, qui a par ailleurs fait que la compagnie nationale se soit vue accolée des appellations des plus péjoratives comme «Air couscous» ou «Air peut-être» et se trouve loin de susciter l’engouement des voyageurs si ce n’est par le fait du monopole qui octroie à la compagnie aérienne le droit «d’abus» dont les retards répétés. L’usager devant se déplacer à l’intérieur du pays n’a d’autres choix que celui d’Air Algérie s’il ne souhaite pas prendre la route ou le rail.
Cependant, son appréhension est souvent justifiée par les traditionnels retards sur les vols de cette compagnie aérienne. Air Algérie semble s’être illustrée dans cette pratique. Le malaise, qui dure depuis des années déjà, semble aller crescendo.
Après la récente série d’incidents techniques, notamment celui ayant marqué le vol de jeudi 18 juin, en provenance de Rome, contraint d’atterrir à Marseille en raison d’une dépressurisation, un autre incident sur le vol AH 7000 qui a failli coûter, le 21 du même mois de juin, la vie aux passagers devant rejoindre Constantine au départ d’Alger.
Existe-til un malaise au sein de la compagnie qui continue de faire montre d’un manque de considération flagrant pour sa clientèle en dépit des lois internationales sur le transport ? Comment expliquer cette gestion hasardeuse qui a par le passé soulevé l’ire du personnel technique et la levée de bouclier de la part du personnel volant dont les pilotes ?
Qu’est-ce qui empêche Air Algérie de se hisser au rang mondial en dépit d’un monopole qui ne semble guère lui profiter ? Moult questions qui remettent en cause les capacités de la compagnie algérienne à faire face à la concurrence.
Azzedine Belferag
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