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Le constat qui a fait sortir le gouvernement de ses gonds, L’arnaque des investissements étrangers directs

Le constat qui a fait sortir le gouvernement de ses gonds L’arnaque des investissements étrangers directs

C’est l’effervescence au niveau des chancelleries étrangères qui se plaignent, dans les coulisses, des dernières mesures décidées par le gouvernement pour réglementer les investissements étrangers directs.

09 Avril 2009,   Le Monde Aujourd’hui
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Certains diplomates osent s’exprimer publiquement sur le sujet en usant de discours empreints de prudence car s’il est vrai que la nouvelle politique des pouvoirs publics algériens est de nature à freiner les ardeurs des entreprises étrangères, il n’en demeure pas moins qu’il y a encore à boire et à manger en Algérie où des marchés juteux dans divers secteurs sont encore à prendre, notamment pour la réalisation d’infrastructures de base. Et c’est précisément ce genre de projets qui attirent les entreprises étrangères.

Certes, ces réalisations sont nécessaires pour le développement économique et social du pays, mais leur valeur ajoutée notamment en matière de transfert de technologie, de création d’emplois et de richesses est quasiment nulle.

Les économistes estiment, d’ailleurs, qu’il ne faut pas tenir compte de ces projets dans les indicateurs économiques étant donné qu’ils soutiennent une croissance artificielle tirée par les dépenses publiques.

Le gouvernement algérien a décidé en fait de sévir après avoir constaté que peu d’entreprises étrangères ont réellement contribué au développement économique du pays. La plupart des investissements étrangers peuvent être qualifiés de rentiers.

C’est le cas notamment des investissements français. Selon l’observatoire européen Anima, «les grandes entreprises françaises se positionnent sur des investissement de rente en Algérie ».

Bien que «les liens historiques et le partenariat d’exception» soient toujours évoqués par les responsables français, force est de constater que l’Algérie ne bénéficie pas des faveurs des entreprises de l’Hexagone.

Entre 2003 et 2007, la France n’a investi que 1,75 milliard d’euros sur un total de 22 milliards d’euros représentant le montant des investissements étrangers directs enregistrés par l’Algérie durant cette période.

Ces projets concernent essentiellement le secteur des services (notamment les banques). Les données de l’observatoire Anima démontrent que ce n’est qu’à partir de 2006 que les entreprises françaises ont commencé à affluer timidement en Algérie. Il faut cependant reconnaitre que les investisseurs français ne sont pas les seuls à adopter une telle approche.

Les autres entreprises étrangères se sont ruées sur les secteurs des télécommunications, de l’énergie et de l’hydraulique. Ces secteurs dits des services sont connus pour être très rentables, mais malheureusement pas pour l’Algérie. Les transferts de bénéfices réalisés par les entreprises étrangères spécialisées dans ces activités dépassent les 6 milliards de dollars.

C’est donc après ce constat que le gouvernement a décidé d’imposer une taxe sur les dividendes à hauteur de 15% pour les entreprises étrangères.

Il a aussi été décidé que l’Etat algérien détiendra des participations majoritaires dans les investissements étrangers où il est accordé des avantages comparatifs (exonérations fiscales et parafiscales, foncier industriel).

Dernièrement, l’Etat algérien a imposé à toute entreprise d’importation étrangère, un partenaire algérien qui devait détenir au moins 30% du capital. Une mesure qui devrait être élargie à toutes les sociétés étrangères. Le gouvernement algérien est particulièrement déçu par la modeste contribution de ces entreprises pour la création d’emplois.

Ces entreprises ont davantage fait appel à des expatriés qu’à des Algériens. La part de la main-d’oeuvre étrangère, qui devait se situer entre 10 et 15% dans les effectifs de ces entreprises, dépasse aujourd’hui largement ce seuil.

Elles emploient, en effet, près de 23.000 travailleurs étrangers possédant un permis de travail, soit 0,7% du nombre total des travailleurs en Algérie.

Yousra Belhabib