Sécurité sociale La réforme face aux lobbies pharmaceutiques
La Sécurité sociale se trouve désormais à bout de souffle. La pression de l’industrie pharmaceutique mondiale sur notre pays ne relève pas du fantasme.
Le lobby pharmaceutique pèse lourd sur nos finances publiques. L’assurance-maladie débourse, chaque année, près de 150 milliards de dinars dont 64 milliards de dinars dans les remboursements de médicaments.
D’ici à la fin 2012, le gouvernement compte boucler sa réforme de la Sécurité sociale. Au coeur de cette réforme, s’il est un domaine sur lequel devrait s’exercer un réel contrôle c’est le secteur pharmaceutique.
Le ministre de la Santé, Saïd Barkat, s’est félicité récemment de l’économie qu’a induit l’interdiction de l’importation des médicaments produits localement qui aurait, selon lui, permis, jusque-là, d’économiser 200 millions de dollars. Et ce n’est pas tout : « 10 % des hospitalisations sont dues à la consommation de médicaments », estime une récente étude sur la prescription médicale, publiée par la revue Prescrire.
« Il est temps que les décisions concernant la mise sur le marché des médicaments, leur prix, leur remboursement sortent du cercle feutré des experts et des politiques, pour être débattues au grand jour.
Il y a des économies à réaliser », plaide un cadre de la CNAS. « Changer les pratiques de soins, prévenir les facteurs de risque collectifs environnementaux et au travail, trouver des financements solidaires, inventer la démocratie sanitaire », tels sont les axes pour une nouvelle organisation du système de santé. Il s’agit de dépenser mieux, même s’il faut aussi dépenser plus.
Question de fond : comment éviter l’augmentation de la hausse de la contribution sociale sur les salaires et la baisse des remboursements ? Tout pousse à une augmentation des dépenses : les progrès de la médecine ; l’arrivée de nouvelles pathologies (maladies chroniques...) ; l’augmentation de la population et son vieillissement ; un changement dans le rapport individuel à la santé, considérée non plus seulement comme une « absence de maladie » mais, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), comme une « ressource » permettant à l’être humain de s’accomplir.
Du reste, « dépenser plus n’est pas nécessairement un problème » pour les économies, écrit fort justement l’OCDE, peu suspecte de désinvolture financière. Tout le problème est de savoir si l’on développe un système solidaire ou si l’on privilégie la loi du plus riche, et donc qui va payer.
L’assurance-maladie a été héritée en Algérie en 1962. Depuis, elle a permis d’énormes progrès en matière de santé et d’accès aux soins. Le premier objectif est de reveGhania Oukazi Les assises de l’agriculture qui se tiennent depuis hier à Biskra rappellent incontestablement celles qui se sont tenues en 1996 à Alger au Palais des Nations de Club des pins.
Contrairement à ce que voudraient le faire croire les organisateurs, les assises de l’agriculture que le président de la République a ouvertes hier à Biskra ne sont pas «les premières depuis l’indépendance».
Ni «c’est la première fois depuis trente ans qu’il est organisé une conférence aussi importante sur le secteur agricole», comme l’a déclaré vendredi dernier le ministre de l’Agriculture et du Développement rural sur les ondes de la radio. Ces assises sont en quelque sorte un «remake» de la conférence nationale sur le développement agricole qui a été organisée les 1er et 2 juin 1996 à Alger, au Palais des Nations de Club des pins.
Il y a donc à peine treize ans que le ministère de l’Agriculture a organisé un important rendez-vous réunissant plus de 1.600 personnes pour discuter développement du secteur. C’était lorsque Nouredine Bahbouh était à ses commandes et Rachid Benaïssa, son actuel ministre, était son chef de cabinet.
Cette conférence, véritablement première du genre depuis l’indépendance de l’Algérie, avait été ouverte par le président Liamine Zeroual, relayé à la fin des travaux par son chef du gouvernement, l’actuel Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Elle s’est aussi tenue en présence du directeur général de la FAO, Abdou Diouf, venu en Algérie au moment où les assassinats terroristes faisaient rage. Toute la profession était représentée à cette conférence.
Des tentes ont été montées sur le site pour abriter des expositions de chaque région du pays. Des rapports portant programme de développement pour toutes les zones agricoles ont été présentés à l’assistance et soumis à débat.
La base de travail a été constituée par des premiers rapports établis lors des conférences régionales qui se sont tenues à travers le pays sur une période de six mois. Le travail a été ardu mais efficace puisqu’il tentera de repêcher un secteur qui avait perdu toute sa vitalité par le fait d’injonctions politiciennes absurdes.
En 1996, c’était la première fois que le secteur avait bénéficié de véritables décisions pour enclencher la mise en oeuvre d’un programme de développement à moyen et long terme, c’està-dire sur les cinq années qui devaient suivre. D’importantes décisions avaient été annoncées à la fin des travaux par Ouyahia.
Les responsables du secteur avaient pris en effet le soin de faire élaborer des rapports d’aspects institutionnels dont l’utilité était d’encadrer le programme de développement en question par des lois précises avec en tête celle réglementant l’exploitation du foncier agricole.
Ce projet de loi avait été de suite examiné et adopté par les conseils du gouvernement et des ministres. C’est Bouteflika qui avait décidé son gel dès son arrivée en 1999 à la tête de la présidence de la République.
Ce texte de loi préconisait la La Sécurité sociale se trouve désormais à bout de souffle. La pression de l’industrie pharmaceutique mondiale sur notre pays ne relève pas du fantasme.
Le lobby pharmaceutique pèse lourd sur nos finances publiques. L’assurance-maladie débourse, chaque année, près de 150 milliards de dinars dont 64 milliards de dinars dans les remboursements de médicaments. Sécurité sociale La réforme face aux lobbies pharmaceutiques nir à l’esprit même des créateurs de la Sécurité sociale : assurer un accès égal pour tous à des soins de qualité, et diminuer les inégalités de santé.
Deuxième axe de la réforme : comment mieux financer la Sécurité sociale qui risque de connaître à l’avenir un déficit financier ? A la CNAS, l’on y songe sérieusement : de nouvelles sources de financement s’imposent. Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Tayeb Louh, exclut en tout cas - pour l’heure - « toute augmentation des taux de cotisation des salariés à la sécurité sociale ».
Mais ce que ne dit pas le ministre c’est que cette décision n’est valable que tant qu’il y aura du pétrole et du gaz. En attendant une refonte de fond, la tutelle ministérielle se contente pour l’heure de « privilégier la rationalisation des dépenses de la sécurité sociale en encourageant la généralisation des médicaments génériques ».
« Nous avons axé notre réflexion sur la prévention et le dépistage précoce des maladies. Le secteur a tracé un programme de réalisation de 4 centres régionaux d’imagerie aux quatre coins du pays, dotés d’équipements de pointe pour encourager la prévention par le dépistage et, partant, garantir une plus grande maîtrise des dépenses », explique un cadre du ministère en charge de la Sécurité sociale. Un membre de la commission de réflexion sur le financement de la sécurité sociale affirme qu’ « il est impératif de chercher, dès maintenant, d’autres moyens de financement de cet organisme ».
Cette commission, mise en place en février 2008, a pour mission essentielle de trouver les moyens adéquats permettant d’atteindre cet objectif.
En attendant, il faudra s’occuper de ses plus de 7.300.000 assurés sociaux. Des avancées ont été, certes, accomplies : 1.778.409 bénéficient du système du tiers payant. 700.000 cartes « Chifa » sont opérationnelles dans 16 wilayas ».
La CNAS promet de généraliser les systèmes Chifa et le tiers payant dans tout le territoire national respectivement d’ici à la fin 2010 et 2012. La contractualisation des hôpitaux devrait être appliquée partout d’ici à la fin de l’année 2009. Budget annuel : 38 milliards de Dinars vont aux hôpitaux.
LA REVANCHE DU «MADE IN ALGERIA»
Mais, s’il est un sujet qui fait l’objet d’une vive polémique : le prix de référence. Un tarif de référence a été adopté par la CNAS : 180 dénominations communes internationales (DCI), représentant 2.100 à 2.500 marques y sont concernées.
Pour la CNAS, « un tel tarif est le fruit d’expertises internationale et nationale, puisqu’il est concocté à partir de la valeur moyenne d’un panier de médicaments génériques de composition équivalente à celle du « princeps » (médicament original, mais excessivement cher et protégé par un brevet, mais qui, au bout de 10 ans, tombe dans le domaine public).
Le tout avec un élargissement graduel de la gamme et de la révision des prix. Mais pour aboutir à un tel « consensus », le chemin a été parsemé d’embûches : le projet a été tout simplement bloqué en 2001 suite à la pression exercée par certains laboratoires étrangers qui se sont constitués en lobbies « antitarif de référence ». Ces derniers récidivent en 2006, puis en octobre 2008 lors de la finalisation de la mise en place de ce fameux tarif de référence.
D’autres opérateurs ne sont pas contents et ils l’ont fait savoir : ils réclament la révision de la mouture de la liste publiée le 2 juillet dernier dans le journal officiel et dont l’application est effective depuis octobre dernier.
Arguments : « Imperfections liées à l’absence de générique sur le marché ou celles liées aux tarifs inférieurs aux prix publics ». Le Snapo et Saïdal crient victoire le jour même de l’adoption de ce fameux tarif de référence.
Projet qu’ils ont porté corps et âme depuis quelques années. Le groupe pharmaceutique public est aux anges : « Beaucoup de produits Saïdal ont été pris comme base pour les tarifs de référence. Nous avons depuis des années demandé l’application de ce tarif et, enfin, nous avons eu gain de cause. Sur 270 produits de Saidal, 96 ont été tarifés », se réjouit son responsable de production.
Argument des défenseurs de ce projet : « Le générique n’est autre qu’un médicament moins cher mais tout aussi efficace, générant une économie non négligeable pour la sécurité sociale ».
Tour à tour, le syndicat algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) et l’Unop ou la société algérienne de pharmacie (SAP), défendent l’idée de l’instauration d’un tarif de référence puisque elle sert l’intérêt citoyen.





