En marge de l'annonce des grandes lignes du nouveau plan agricole Bouteflika éponge les dettes des agriculteurs
Après la décision d’augmenter les salaires des travailleurs, c’est autour des agriculteurs de bénéficier d’importantes mesures qui répondent à leurs doléances. En effet, le président de la République en visite de travail, hier dans la wilaya de Biskra a annoncé de nouvelles mesures de soutien au profit de secteurs de l’agriculture.
Le plan de renouveau agricole contient huit points au total. La première mesure concerne la subvention sur les coûts d’acquisition et de reproduction des semences et des plants.
De même une subvention publique sur le prix d’acquisition des engrais sera octroyée pour toutes les cultures a déclaré le président Bouteflika.
Comme deuxième point, le premier magistrat du pays, dans le souci de booster la production agricole nationale, a pris la mesure de soutenir l’acquisition de matériels agricoles aux bénéfices des différentes cultures et de l’élevage, ainsi que du matériel d’irrigation économisant de l’eau. Cette aide ira, selon le chef de l’État exclusivement à la locationvente d’équipements produits localement.
Le président de la République et en dépit de la baisse des prix des céréales sur le marché mondial a décidé de donner un caractère permanent aux prix mis en place l’année dernière pour les récoltes de blé et d’orge collectées par les coopératives, en ajoutant, dans ce sens qu’un prix d’encouragement sera versé aussi à la collecte des récoltes de légumes secs.
La filière de la production qui a connu ces dernières années un bon nombre de problèmes liés, entres autres, aux pénuries récurrentes de poudres de lait et les fluctuations des prix sur le marché est également concernée par ces mesures.
Ainsi, le développement de la production et de la collecte de lait sera soutenu par des encouragements publics substantiels destinés à l’acquisition des vaches laitières auprès des fournisseurs conventionnés, à la rénovation des installations, à l’achat des matériels de collecte, et à la production de fourrage. En outre, les subventions publiques à la production et à la collecte de lait seront relevées a-t-il ajouté.
Dans le sillage de ces mesures prises au profit de cette filière, il sera question de soutien du prix de la poudre de lait importée. La viande dont le prix sur le marché national est hors de portée du citoyen algérien, aura sa part de subvention à travers une batterie de mesures destinées à l’ensemble de ses filières.
Il sera ainsi de l’élevage ovin et caprin qui sera soutenu notamment par une prise en charge de la vaccination animale, l’octroi de subventions pour la modernisation des bâtiments d’élevage, la création de centres de multiplication, ainsi que la fourniture de fourrages à des prix subventionnés dans les situations de sécheresse a fait savoir le chef de l’État.
Quant à l’aviculture et le petit élevage, ils bénéficieront selon le président Bouteflika d’un soutien pour l’acquisition de cheptel, la rénovation des moyens de production, ainsi que pour l’investissement dans l’industrie de transformation.
L’élevage équin et de camelin sera, quant à lui, encouragé à travers la reproduction des races locales ainsi que le développement des métiers liés à ces activités a encore ajouté le président Bouteflika. S’agissant de la production. Le soutien de l’État à la production arboricole figure au sixième point. À ce titre, la production de l’huile d’olive accèdera à un soutien particulier a-t-il estimé.
Il a ajouté dans le même sens, que la culture et l’exportation de la datte bénéficieront d’un encouragement adapté qui sera étendu à la préservation et à la rénovation des palmeraies, à la réalisation d’unités de conditionnement, ainsi qu’à l’exportation.
Sur ce point précis, le chef de l’État a déploré le fait que les dattes algériennes sont revendues sur la marché californien (USA) sous un label tunisien ou marocain. Il a appelé les agriculteurs de la région à promouvoir l’exportation de ce fruit (deglet nour) dont Biskra en est le principal producteur.
À défaut, le président de la République a suggéré que l’État trouvera une formule permettant à la Tunisie et/ou le Maroc d’exporter les dattes algériennes dans le cadre de l’Union du Maghreb Arabe (UMA).
Septièmement, et dans le souci de relever la qualité de l’encadrement de l’activité agricole, il a été décidé, dans le cadre de ce plan, que les coopératives d’agriculture et d’élevage seront désormais éligibles au bénéfice des dispositifs publics d’aide à l’insertion professionnelle.
Elles pourront ainsi bénéficier, selon le chef de l’État, du concours de cadres universitaires dont l’essentiel du salaire sera temporairement pris en charge par l’État. Dernier point abordé par le président Bouteflika concerne la dette des agriculteurs.
Le président a annoncé officiellement la décision de l’effacer totalement. Cette dette, selon lui, estimée à 41 milliards de dinars sera prise en charge par le Trésor public. Et le chef de l’État d’ordonner immédiatement aux banques d’arrêter leurs recouvrements de leurs créances auprès de ces derniers.
Hacène Nait Amara





