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Omar Abed, président du collectif des clients spoliés de Khalifa Bank, «Ruinées, onze personnes sont décédées»

Omar Abed, président du collectif des clients spoliés de Khalifa Bank «Ruinées, onze personnes sont décédées»

Dramatique est la situation vécue par les clients spoliés de Khalifa Bank. C’est le moins que l’on puisse dire. Combien sont-ils ? Comment vivent-ils ce drame ? Ceux ayant mis tout leur argent dans cette banque qui n’existe plus ont-ils pu rebondir ? Autant de questions qui s’imposent aujourd’hui, plusieurs années après la dissolution de l’ex-empire de Abdelmoumène Rafik Khalifa.

29 Janvier 2009,   Le jour d'Algérie
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’une de ces personnes victime de cette spoliation est Omar Abed, président du collectif des clients spoliés de Khalifa Bank. «En plus de notre argent, nous avons même perdu le local qui servait à recevoir les clients spoliés de Khalifa Bank», nous dira-t-il.

«Avant que nous perdions ce bureau, notre collectif comptait entre 1 400 et 1 500 clients spoliés. Leur nombre est certainement supérieur puisque depuis la fermeture de ce bureau nous ne pouvions recevoir d’autres clients», lance-t-il.

«Il est à noter que dans le cadre de la déclaration de créances, nous avons reçu de la part du liquidateur un bon comprenant le numéro de 12 000, ce qui laisse supposer que le nombre de clients spoliés de Khalifa Bank atteint les 12 000 personnes», explique-t-il.

«Notre collectif a des représentations dans plusieurs pays, dont la France, la Belgique, l’Angleterre et la Tunisie», ajoute Omar Abed. Il s’agit de clients spoliés de Khalifa Bank ayant perdu des sommes d’argent en devises déposées dans Khalifa Bank.

Quant à la récente invitation faite par le liquidateur en direction de ces personnes spoliées, leur offrant un remboursement à la hauteur de 500 000 DA, le président du collectif estime que «ce remboursement ne représente que 0,001% de la somme d’argent que nous avons déposée dans Khalifa Bank, quand on sait que plusieurs ont déposé des milliards de centimes dans cette banque disparue».

«Quelle est la logique dans le remboursement de 50 millions de centimes pour quelqu’un qui a déposé et perdu 1,5 milliard de centimes ?» s’interroge-t-il.

«On n’arrive pas à comprendre certaines failles quand le liquidateur procède à ces remboursements, par voie de communiqué, alors que l’affaire relative à Khalifa Bank est toujours en justice puisque la Cour suprême n’a pas encore tranché», fait-il remarquer, d’autre part.

Le cas de Hamid de Aïn Benian

«De nombreux clients parmi les spoliés vivent des situations pour le moins dramatiques, plusieurs d’entre eux ont divorcé, d’autres sont endettés et certains réduits à tenter d’éviter à leurs familles de crever de faim.

Il faut dire que ce sont 11 personnes parmi ces clients qui sont décédées depuis la dissolution de Khalifa Bank, en 2004, pour des causes liées à la perte de leur argent dans cette banque. Leur nombre pourrait être supérieur car il ne s’agit que de personnes que je connais. D’autres ont tenté de se suicider», témoigne Omar Abed.

«Je vous cite le cas de cet ancien de l’ALN comptant parmi les clients spoliés de Khalifa Bank. J’étais à ses côtés quand il a prononcé ses derniers mots. Il avait dit que nous avons délaissé nos enfants et nos parents au bénéfice de la révolution, pour pouvoir respirer et, aujourd’hui, c’est notre argent qui s’est évaporé». «Il est décédé à cause de la spoliation dont il a été victime», regrette-t-il.

«Il y a par ailleurs le cas de Hamid de Aïn Benian, qui a tenté de se suicider», ajoute-t-il. Omar Abed lance un nouvel appel au président de la République, lui demandant d’intervenir en faveur de ces déposants. «Le président avait promis de rembourser les clients spoliés de Khalifa Bank jusqu’au dernier centime, nous lui demandons de respecter ses engagements», dit-il.

«C’est l’Etat qui a accordé l’agrément à Khalifa Bank, c’est à lui d’assumer ses responsabilités», ajoute-t-il. Il rappelle au passage que dans la décision de justice rendue en verdict au terme du procès de l’affaire Khalifa Bank qui s’est déroulé au tribunal criminel de Blida, il est écrit que les biens des créanciers sont préservés, interrogeant pourquoi ils n’ont pas encore récupéréleur argent.

Pour rappel, l’Etat avait assuré le remboursement aux déposants dont les avoirs, à Khalifa Bank, ne dépassaient pas les 60 000 DA. Le problème se posait pour les clients ayant déposé des sommes supérieures.

M. Abi