Démission de Rebrab (RCK) et retrait des Haddad (JSK) Quand le football algérien repousse le professionnalisme
La démission annoncée du président du RC Kouba, Omar Rebrab, et le refus de la venue des frères Haddad à la JS Kabylie sont perçus comme un ratage pour le football algérien.
La venue de ces industriels et hommes d’affaires dans le football algérien aurait pu donner un nouveau souffle à une discipline qui est malade de sa gestion et de ses dirigeants.
Si l’on prend l’exemple du RCK, cette équipe a réussi à accéder en première division suite à sa prise en main par Rebrab, alors qu’elle a végété en deuxième division pendant plusieurs années.
En tant que manager, il a pu structurer le club en lui donnant des assises solides sur le plan de l’organisation administrative. Le RCK ne souffre plus d’encadrement en matière de gestion. Rebrab gérait le club comme une entreprise économique, en mettant en place des cadres et des gestionnaires.
Grâce à cette bonne prise en charge, il a réussi à faire accéder l’équipe en recourant au Tribunal international des sports de Lausanne. Cela s’est produit après que le RCK eut épuisé toutes les voies de recours au niveau national.
Il avait même sollicité la justice algérienne. Un travail de professionnel en somme.
Sur le plan de la forme, contrairement aux autres clubs, Rebrab n’était pas trop médiatisé. Il s’est toujours mis au-dessus des querelles de bas étage, pour ainsi dire.
D’ailleurs, il n’a jamais fait de déclarations intempestives à l’encontre de la FAF, en dépit du conflit qui opposait son club à la fédération. Rebrab n’a jamais critiqué l’arbitrage après la défaite de son équipe ou offensé un autre dirigeant de football de la FAF. Il a délégué ses pouvoirs à des gestionnaires dont les prérogatives étaient bien déterminées. Sous l’ère Rebrab, le RCK n’a pas attendu que les pouvoirs publics dégagent une subvention pour entamer la saison ou payer ses joueurs.
Le président du RCK avait déclaré qu’il n’était pas venu au football pour se faire un nom ou s’en servir. Il avait un ambitieux projet : faire du RCK un grand club.
Concernant la JSK, c’est ce qui aurait pu lui arriver avec la venue annoncée des frères Haddad, dont le groupe est spécialisé dans les travaux publics et le bâtiment. Ainsi, elle a raté l’occasion d’entrer dans le professionnalisme.
Aujourd’hui, le football algérien a besoin de gestionnaires et d’hommes d’affaires de la trempe de Rebrab, comme cela se produit de par le monde, où les clubs sont entre les mains d’hommes d’affaires.
Il est regrettable de voir des clubs dont les budgets dépassent 30 milliards de centimes et qui sont capables de disputer des compétitions internationales, s’en prendre aux autorités locales et aux pouvoirs publics en leur reprochant de ne pas avoir dégagé les subventions et les aides financières nécessaires. Le football algérien a besoin de dirigeants qui le servent.
K. Abdenour





