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Contrôle technique des véhicules, De qui se moque-t-on ?

Contrôle technique des véhicules De qui se moque-t-on ?

Afin de limiter, dans la plus large mesure possible, le nombre des accidents de la route avec leur lot sanglant de victimes, les pouvoirs publics avaient décidé, il y a quelques années, d’instituer le contrôle technique des véhicules automobiles. Les centres assurant cette fonction ne sont, par ailleurs, pas exempts de critiques.

24 Septembre 2008,   Le jour d'Algérie
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Désormais, tous les propriétaires sont contraints de faire réviser leur engin  une fois l’an, en faisant diagnostiquer ses principaux organes dans l’un des nombreux centres de contrôle créés spécialement à cet effet en de nombreux endroits du pays.

Mais si les véhicules nécessitent d’être contrôlés, il devrait en être tout autant de ces centres appartenant à des personnes de droit privé dont les agissements et les compétences des staffs techniques prêtent parfois à contestation.

Après le terrible accident survenu jeudi dernier entre Oran et Aïn Témouchent à un autobus, (encore un), des suites d’un dérapage et à la suite duquel huit personnes ont été tuées et 21 autres blessées, les enquêteurs avaient constaté que des pièces maîtresses de ce dernier étaient reliées à l’aide de fil de fer.

Le ministre des Transports, Amar Tou, qui s’était déplacé au chevet des passagers  hospitalisés a, dans une déclaration à la presse, annoncé un certain nombre de mesures afin que de pareilles situations n’aient plus à se reproduire.

Evoquant notamment le sérieux qui doit présider au moment du contrôle techniques des véhicules, particulièrement ceux assurant les transports en commun, il a annoncé qu’un cahier des charges, dont il est légitime de penser qu’il était déjà institué, est en cours d’élaboration pour le transport collectif de voyageurs et qu’il concernera autant les autobus que les taxis.

Revenant sur les raisons de cet accident, il a indiqué que le véhicule incriminé avait 32 ans d’âge et que le service technique qui a eu à le contrôler va faire l’objet d’une fermeture comme mesure conservatoire, «préalablement aux autres poursuites».

Les services du ministère des transports, dont M. Tou a pris récemment la direction, n’ignorent pas qu’ils sont nombreux les véhicules de transport en commun, parmi lesquels plusieurs ont été impliqués dans de graves accidents de la route, à ne pas répondre aux normes élémentaires de sécurité de leurs passagers.

En plus d’être vieux, sales, inconfortables et poussifs, nombreux parmi eux présentent des tares mécaniques qui les font régulièrement tomber en panne et font planer un constant danger sur leurs usagers.

A cette situation, il ne faut pas manquer d’ajouter les comportements outrageants de certains de leurs conducteurs et des préposés faisant office de receveurs. Des centres chargés du contrôle technique des véhicules, dont les activités ont aussi grandement besoin d’être contrôlées, ne sont pas exempts de critiques.

Comment admettre, en effet, qu’ils délivrent des autorisations de circuler à des bus qui, pour certains d’entre eux, ont toute l’apparence de véritables épaves avec leurs toits qui fuient lorsqu’il pleut, leurs sièges défoncés et leur carrosserie rouillée ?

Certains des techniciens de ces centres, dont les diagnostics sont souvent l’objet de contestation de la part des propriétaires de véhicules de tourisme ont, d’autre part, tendance se laisser aller à des dépassements pour obliger ces derniers à revenir faire contrôler leur véhicule une seconde, voire, une troisième fois. Au niveau de ces centres, les accrochages verbaux sont nombreux.

Par exemple, au technicien du centre de Chéraga qui lui demandait de revenir pour faire subir un second diagnostic parce que les essieux de son véhicule de tourisme avaient de graves problèmes d’essieux, le propriétaire s’emporta, à raison, en s’écriant que celui-ci ne possède pas d’essieux. Et le technicien de répondre : «Tu ne vas pas m’apprendre mon métier».

Il est vrai que chaque contrôle est monnayé à prix fort. Suivant le type de véhicule, celui-ci peut varier entre 1 000 à 5 000 dinars, voire plus lorsqu’il s’agit d’engins de gros tonnage.

C’est dire que la tentation de faire revenir leurs propriétaires plusieurs fois de suite et pas toujours pour une bonne raison est des plus tentantes.

Ahmed Mahieddine