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A une semaine de l’Aïd, Les prix compromettent la joie des familles

A une semaine de l’Aïd Les prix compromettent la joie des familles

Le compte à rebours a commencé. Seule une semaine nous sépare de l’Aïd. A Alger ou ailleurs, l’ambiance de fête est la même, mais aussi les craintes et les appréhensions.

22 Septembre 2008,   Le jour d'Algérie
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La fièvre des prix a atteint son summum. Les petites et moyennes bourses ne savent plus où donner de la tête. Sur les artères du centre-ville de la capitale, le mouvement des familles et des couples faisant leur marché, écarte tout soupçon de misère ou de pression financière sur les ménages.

Mais, «hélas, Alger-Centre n’est pas l’Algérie» rappelle Mohamed, 33 ans, jeune manœuvre venu de Constantine. Il dit que son père vient de l’appeler et lui demander de contribuer avec 8 000 DA pour l’achat de nouveaux habits pour ses jeunes frères.

«Il m’a fallu quatre mois de labeur sur les chantiers pour parvenir à mettre de côté cette somme» confesse-t-il, l’air résigné. Ses habits loqueteux et ses mains durcies  contrastent avec le paysage des magasins de luxe, lumineux et attrayants, très fréquentés depuis quelques jours.

«A Alger, des citoyens de différentes couches sociales fréquentent ces commerces, mais rares sont ceux qui mettent la main à la poche» nous confie un jeune vendeur dans un magasin de la rue Didouche Mourad. Assis à la place Emir Abdelkader, un homme d’un certain âge, fonctionnaire dans une administration publique, dit être «dépassé».

«Je vous jure, qu’à ce jour, j’ai emprunté un peu plus que la moitié de mon salaire» raconte-t-il, ajoutant : «Pourquoi en avoir honte, c’est la vérité !». Bref, les séquelles du  ramadhan et de la rentrée scolaire sont toujours perceptibles. L’Aïd finira par achever les budgets, déjà médiocres.

«Si ce n’est l’aspect religieux de l’Aïd, je l’aurai carrément boudé» lance un père de famille, rencontré dans un marché anarchique de Bab El Oued.

Chers, très chers les vêtements…

Le dernier prix proposé pour  un ensemble pour enfants de moins de six ans, est 1 200 DA. Ce prix atteint  3 000 et 4 000 DA sur la totalité des marchés de la capitale.  «J’ai sillonné le bazar de la place des martyrs et je n’ai pas trouvé un ensemble de moins de 1 000 DA pour mon bébé» affirme une jeune maman. Le constat est le même pour les habits des enfants de plus de 10 ans.

Un pantalon jean, produit local, est coté à plus de 900 DA. Pour les autres, soit ceux de l’importation, le moins cher fait 1 200 DA. «Il est impossible pour un petit cadre de subvenir aux besoins de plus de deux enfants» lance un jeune diplômé de l’université, au chômage depuis deux ans.

En conséquence, de nombreux pères et mères de famille assurent que cet Aïd les enfants devraient porter les vêtements de la rentrée scolaire. «Ellah Ghaleb» dira, en levant les mains, Nacira, enseignante de son état, mère de six enfants.

«Pour le ramadhan et la rentrée scolaire j’ai déboursé 65 000 DA. Je n’ai même pas de quoi faire face aux frais de l’Aïd» soutient-elle.

Si les grands pensent ainsi, les petits enfants, eux, ne semblent pas avoir compris les plaintes et soupirs de leurs parents. «De nos jours, il est impossible de faire son marché avec moins de 20 000 DA» souligne un autre citoyen.

La nouveauté cette année, nous diront les uns et les autres, c’est qu’à travers tous les marchés, les prix sont inabordables. «Même les produits chinois cédés, dans un passé récent, à des prix raisonnables ne sont pas à la portée des petites et moyennes bourses» laisse entendre Nacira.

Cela fait le bonheur des spéculateurs. Quant aux pères de famille, dire qu’ils sont concernés par la joie de l’Aïd est sûrement exagéré.

Aomar Fekrache