Une première dans les annales de la téléphonie mobile en Algérie Djezzy se fait taper sur les doigts
La nouvelle présidente de l’autorité de régulation donne l’air de ne jamais commettre aucun dépassement. Désormais, la concurrence entre les trois opérateurs de téléphonie mobile se fera dans un climat sain et transparent. Sale temps pour Djezzy.
A la suite de la convocation dont avait été l’objet son PDG, Hassan Kabbani, de la part de la nouvelle présidente de l’ARPT (autorité de régulation de la poste et télécommunication), Mme Zohra Derdouri, celuici a été forcé d’annuler sa toute récente promotion, sur laquelle il semblait fonder pas mal d’espoirs.
Son SMS, dont beaucoup d’abonnés ont reçu copie, s’énonce comme suit : « Nous regrettons de vous informer que la promotion internationale est suspendue jusqu’à nouvel ordre, et cela pour des raisons indépendantes de notre volonté ».
Pour revenir au fond du problème, ce que notre journal avait déjà signalé dans de précédents articles, Djezzy a commencé à ne plus respecter son cahier des charges depuis environ une année.
Les mêmes sources nous apprennent en effet que « l’ensemble des opérateurs de téléphonie mobile sont tenus de soumettre leur offres promotionnelles à l’approbation expresse de l’ARPT, ce que Djezzy a cessé de faire ». Pis encore, il avait même ignoré une fois une décision rendue à son encontre de la part du conseil d’Etat. Il s’agissait de cette fameuse promotion d’appels à 3 dinars.
Dans tout cela, tiennent à préciser encore nos sources, Djezzy n’a cherché rien moins qu’à créer des opérations de dumpings (vente à perte), favorisant au passage ce fameux « effet de club », c’està- dire les appels internes à son propre réseau. Le but recherché n’était que de casser rapidement et efficacement la concurrence.
Mais, avec l’arrivée de Mme Derdouri à la tête de l’ARPT, mais aussi de Hamid Bessaleh (un expert du secteur) à la tête de la tutelle ministérielle, les choses semblent en passe de changer, et force est en train de revenir à la loi, comme le soulignent encore nos sources. Celles-ci, au passage, reviennent sur cette nouvelle promotion. « Avec des appels vers la France à 8 dinars la minute, il est évident que Djezzy a cherché à travailler à perte ».
Cette somme représente en effet le coût de revient d’un appel en interne, sans générer le moindre bénéfice pour l’opérateur lui-même. Il faut ajouter à ce coût, en effet, ce que l’on appelle les « terminaisons d’appels », ou « roamings », destinés aux opérateurs français, et donc payés en monnaie forte.
Sachant que Djezzy a lancé cette promotion en direction des opérateurs français de la téléphonie fixe, il devient également évident, aux yeux de nos interlocuteurs, que « Djezzy donne l’air d’avoir cherché à viser directement Algérie Télécom ».
Le lancement de cette promotion, loin d’être fortuit, semble avoir également cherché à coïncider avec la venue massive des émigrés, que Djezzy a cherché à « rafler » au détriment de la concurrence quitte, ce faisant, à travailler à perte.
Des sources au niveau de l’ARPT, que nous avons pu joindre hier par téléphone, ont tenu à saluer la « décision courageuse » de leur nouvelle présidente, soulignant que celle-ci « annonce un tournant décisif consistant à redonner force absolue au respect de la loi ».
Djezzy, est-il besoin de le rappeler, a ignoré de trop nombreuses décisions de l’ARPT rendues en sa défaveur. Parallèlement, il a décidé, depuis environ une année, de se passer de l’accord de cette autorité pour toutes ses promotion. Or, le cahier des charges, dûment signé par celui-ci, prévoit que toute promotion doit impérativement être soumise à l’accord préalable de l’ARPT.
Il est à rappeler que le fait que Djezzy soit en passe de multiplier les « offres promotionnelles illégales, tout en ayant arrêté ses investissements (comme le prouve l’échec de son offre Millénium impossible à prendre en charge sur le plan technique, peut confirmer ces rumeurs selon lesquelles les frères Sawaris seraient en train de négocier, quelque part à Londres, la revente de Djezzy ».
Preuve en est que les frères Sawaris, qui sont avant tout des financiers, savent que Djezzy, qui se trouve au summum de la valeur de ses actions, ne peut désormais que chuter. Outre la baisse drastique du budget communication, Djezzy doit savoir que c’est le moment ou jamais de vendre.
C’est la raison pour laquelle, nous dit-on encore, « Djezzy a mis en veilleuse tout investissement conséquent depuis le jour où il a atteint un million d’abonnés ». C’est, du reste, la raison principale qui explique le caractère relativement obsolète de ses équipements. Une autre preuve semble abonder dans le même sens.
Nous apprenons en effet, de sources recoupées et généralement bien informées, qu’Orascom aurait réalisé un bénéfice cinq fois supérieur à sa mise de départ dans la revente au groupe français Lafarge des deux cimenteries de M’sila et de Sig. Le bénéfice, est-il besoin de le souligner, se situe à hauteur de plus d’un milliard de dollars.
Mohamed Abdoun





