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Un groupe de citoyens répond à Droudkal suite à sa «mystérieuse sortie » dans le New York times, «Moussaylama El Keddab est un harki»

Un groupe de citoyens répond à Droudkal suite à sa «mystérieuse sortie » dans le New York times «Moussaylama El Keddab est un harki»

Loin d'avoir touché son but, en ce qui concerne les arguments développés sur le New York Times, le chef du GSPC a au contraire déclenché l'ire de milliers de citoyens algériens qui ont tenu à lui répondre aussi bien sur les colonnes de ce journal, que dans de nombreux forums.

03 Juillet 2008,   Le Courrier d'Algérie
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La mort du GSPC ne fait désormais de doute pour personne. Même les jeunes harraga préfèrent affronter les flots de la mort que de suivre un criminel aussi diabolique.

Finalement, le complot tressé par des services secrets occidentaux, désirant accréditer la thèse selon laquelle Al Qaïda existerait bel et bien au Maghreb, en ont eu pour leurs frais.

Cela dans le but évident de relancer l'Africom. Loin de trouver « recevables », ni même « discutables » les arguments et « appels » de l'émir national du GSPC, Abdelmalek Droudkal, alias Abou Mossaâb Abdelwadoud, un nombre impressionnant de citoyens algériens, y compris des harraga (jeunes pourtant fragiles sur les plans social et psychologique) a tenu à lui répondre à travers différents forums sur le net, mais aussi sur les colonnes du New York Times, de la manière la plus tranchée qui soit.

Qualifié de « Moussaylama El Keddab » (le menteur), un homme tristement célèbre qui avait tenté de se faire passer pour un prophète quelques années après le décès de Mohamed (que le salut soit sur lui), ces Algériens sont venus exprimer le sentiment populaire général, basé sur un rejet catégorique de la violence terroriste.

Celle-ci, expliquent ces citoyens, hommes, femmes, jeunes et vieux confondus, « n'a absolument rien à voir avec l'islam ». Ce quolibet, au reste, est brandi simplement parce que Droudkal, lui aussi, se déclare dans l'entretien, « investi d'une sorte de mission divine », ce qui constitue bel et bien une hérésie.

Sans trop entrer dans les détails, il convient de dire que tous les ulémas, tous « madhahibes » confondus, ont condamné le terrorisme en Algérie, et indiqué que le « djihad » devait obéir à des règles, dont aucune n'était présente en ce qui concerne ces criminels en Algérie.

Et de lui rappeler que « contrairement à ce qu'il prétend à propos du fait qu'il n'a pas eu l'occasion de s'exprimer sur les médias, il a toujours préféré commettre des massacres d'abord, avant de les revendiquer via l'internet ».

Droudkal, connu par les services de sécurité pour être très proche des thèses takfiristes du GIA, avec lequel il n'a jamais définitivement rompu ses liens organiques, n'hésite même pas à assassiner des victimes innocentes, sans armes et sans défense, aussi bien algériennes qu'étrangères, ce qui est condamné par la religion musulmane.

Droudkal, pour cause de guerre de leadership, et de course à l'argent, lui rappellent encore ces citoyens, « n'hésite pas non plus à éliminer par la traîtrise ses propres compagnons d'arme ».

A propos de son allégeance à Al Qaïda, il lui est rappelé son « passé sanguinaire » dans les rangs du GIA. A cette époque, des massacres collectifs, dont certains ont été directement menés par lui, ont visé des femmes, des enfants et même des bébés.

Le GSPC, sous sa direction, a lui aussi commencé à toucher les citoyens sans défense, délaissant de plus en plus la ligne suivie par Hattab, qui consistait à ne s'attaquer qu'aux éléments des services de sécurité. Et d'expliquer que Ben laden et Zawahiri, en s'assurant de la « bassesse » de cet homme, « lui ont assigné pour mission de détruire tout le Maghreb arabe, servant ainsi les intérêts des véritables ennemis de l'islam ».

S'agissant du prétendu soutien de toute la communauté musulmane à Al Qaïda, il est simplement rappelé que ce groupe « sert avant tout ses intérêts et ceux des ennemis de l'islam puisqu'il a fait trop de mal à cette religion ».

« N'est-ce pas Al Qaïda qui a permis à l'Occident de s'immiscer dans les affaires internes d'Etats jusquelà souverains. N'est-ce pas ce qu'il essaie de faire aujourd'hui avec l'Algérie, et tout le Maghreb arabe. N'est-ce pas là de la haute trahison, en sus de tous ces viols et crimes de sang commis au nom d'une religion qui prêche la tolérance et le pacifisme ».

Des traîtres et des mercenaires à la solde du GSPC
Il en va de même pour la cause palestinienne, à qui Al Qaïda a fait tant de mal. Quant à l'Algérie, est-il rappelé fièrement, « sa position est sans doute la plus honorable et la plus constante au sein de toute la communauté mondiale ». Notre pays n'a donc de leçon à recevoir de personne.

Certainement pas de la part de cette bande de desperados que la CIA tente de récupérer à des fins désormais connues de tous. Même en ce qui concerne les nombreuses atteintes aux droits de l'homme commises dans les pays occidentaux sous le couvert de la lutte contre le terrorisme, et dont se targue ce « moussaylama » des temps modernes, « est imputable à Al Qaïda qui a permis, encouragé et fait que ce genre de choses adviennent, et qui étaient absolument impensables avant les attentats du 11 septembre 2001 et tous ceux qui les ont suivis ».

Ces citoyens, qui disent tout haut ce que le peuple entier pense, dénient catégoriquement à ce criminel, ainsi qu'à ses sbires, le droit de se qualifier de « moudjahidine ».

Ce noble terme désigne ceux qui se battent pour des causes nobles, comme l'ont fait ceux qui ont libéré l'Algérie et permis d'y recouvrer ses lettres de noblesse. Et de lui rappeler que la France coloniale, tout comme lui, avait fait appel à des criminels et des repris de justice de différentes nationalités en vue de tenter de briser cette résistance populaire.

Ici, le GSPC admet avoir en son sein des Libyens, Maliens, Mauritaniens… Une honte ! Pour ce qui est du prétendu échec de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, outre le fait que ses résultats sont on ne peut plus évidents sur le terrain, il lui est demandé « pourquoi alors il menace de mort tous ceux qui souhaitent encore se rendre ».

Le GSPC, pour rappel, a vécu une véritable saignée à la faveur de la mise en application de l'ensemble des mesures prévues par cette charte.

Ce grand menteur, qui se prend à ses propres pièges, tente de justifier ses crimes, et d'y faire adhérer d'autres, en prétendant aussi qu'il y aurait en Algérie une base militaire américaine. Mais, lui répond-on, « est-il possible que pareille chose se soit produite sans qu'aucun citoyen, journaliste, touriste ou Etat disposant de satellites militaires d'espionnage performant, ne s'en soient rendus compte ».

L'autre mensonge, qui inspire surtout pitié et sourire, a trait au supposé intérêt que porterait Droudkal au niveau de vie des Algériens, lesquels sont même appelés au passage à prendre les armes pour lutter contre le vol et la corruption.

Mais, lui est-il répondu, « n'est-ce pas le GSPC qui rackette de malheureux villageois lors de descentes punitives nocturnes dans les hameaux, des citoyens ne possédant pas grand-chose dans les faux barrages, et maintenant les entrepreneurs à travers les kidnappings et les demandes de rançons ».

Tel est pris qui croyait prendre

Avec tous ces crimes, il n'est un secret pour personne que certains dirigeants du GSPC sont devenus des milliardaires. Ils avaient même tenté de blanchir une partie de cet argent en « investissant » dans l'immobilier, notamment à Boumerdes.

De grands réseaux avaient ainsi été démantelés, et des fortunes inestimables saisies par les services de sécurité. Pour ce qui est de l'attentat commis contre les Nations Unies, il est mis en avant deux gros mensonges au moins.

Le premier concerne le fait que le nombre de victimes algériennes est plus important qu'il ne prétend. Le second est le fait que les employés de cette institution ne sont pas des mécréants, même s'ils ne pratiquent pas forcément la même religion que nous. Tout le monde sait que l'islam respecte et protège le droit de culte de l'ensemble des hommes.

Le prophète (que le salut soit sur lui) en avait donné l'exemple luimême en accordant protection et gîte aussi bien aux juifs qu'aux chrétiens. Enfin, il est affirmé que « le noble et glorieux peuple algérien ne se laissera jamais intimider par ces traîtres et criminels venus servir les intérêts d'ennemis notoires de l'islam ».

Il apparaît ainsi que ceux qui ont manipulé Droudkal, commandé et commandité cet entretien, viennent d'atteindre un but absolument contraire à celui qui en était attendu. Tant mieux. D'autant que nous n'en attendions pas moins, nous non plus, d'un peuple aussi brave et glorieux que le peuple algérien…

Rafik Bakhtini