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Fuyant la sécheresse qui sévit dans les hauts-plateaux..., Des milliers d’ovins «s’exilent» à Bouira

Fuyant la sécheresse qui sévit dans les hauts-plateaux... Des milliers d’ovins «s’exilent» à Bouira

La sécheresse qui sévit depuis plusieurs mois dans les régions des Hauts-Plateaux a provoqué un exode massif des éleveurs d'ovins qui déplacent leurs troupeaux vers les pâturages situés dans la wilaya de Bouira, épargnée par cette sécheresse.

01 Juillet 2008,   Le Courrier d'Algérie
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Cette transhumance forcée de troupeaux composés de milliers de têtes qui affluent vers les daïras de Bechloul, M'chedallah et Tazmalt inquiète sérieusement les éleveurs locaux en raison du risque de maladies que peuvent véhiculer ces troupeaux d'ovins venant d'une région frappée de plein fouet par la sécheresse avec toutes les conséquences que cette catastrophe naturelle ramène dans son sillage.

Pas moins d'une dizaine de maladies endémiques et épidémiques guettent ce cheptel, fragilisé par la baisse de la ration alimentaire, des maladies extrêmement contagieuses qu'un seul troupeau peut propager à des dizaines de kilomètres à la ronde et contaminer en un temps record toute une région, il suffirait d'un parcours de pâturage ou d'un abreuvoir commun.

Le déplacement de ce cheptel s'effectue loin de tout contrôle ou régulation des services de l'agriculture et évolue dans une anarchie totale du fait qu'il se déroule entre des particuliers et de la manière la plus simple : l'éleveur procède à la prospection de terrains de pâturage et s'entend avec le propriétaire du terrain pour fixer le montant et la durée de la location ; une procédure qui n'est ni accompagnée ni contrôlée par l'Etat, ne serait-ce que par les services vétérinaires.

Aucune direction des services agricoles ne peut avancer une quelconque statistique relative au nombre de bêtes déplacées ni le lieu de leur pâturage.

En raison de l'exiguïté des terrains de pâturage (bovins) qui ne peuvent contenir tous ces troupeaux venant des vastes espaces des Hauts Plateaux, les propriétaires se débarrassent du surplus du cheptel en le vendant dans les marchés hebdomadaires, cédant les bêtes à des prix dérisoires défiant toute concurrence, une aubaine dont profite la population locale.

C'est ainsi que ces bêtes «non contrôlées» parviennent dans toutes les contrées de la wilaya de Bouira et de celle de Béjaïa. Reste à espérer qu'elles sont saines et ne véhiculent aucune maladie contagieuse.

L'inquiétude des éleveurs locaux est d'autant plus grande, suite à une rumeur qui circule depuis plus de deux mois faisant état de l'apparition d'une maladie inconnue et qui a touché le cheptel ovin de la région de Djelfa, que ces derniers (éleveurs) gardent encore en mémoire l'effroyable épidémie de la blue-tongue qui a décimé leurs troupeaux en 2006.

Cette terrible maladie animale, qui s'apparente étroitement au sida chez l'homme, car réfractaire et résistante à tout traitement, a sévi d'abord en Tunisie, a emprunté le couloir de Souk Ahras puis fait son entrée en Algérie, et prolifère ainsi au sein de troupeaux entiers de cheptel.

Les maquignons qui écument les marchés à bestiaux algériens, en se déplaçant à travers le territoire national, ont été à l'origine de la contamination fulgurante et foudroyante du cheptel. Les services agricoles ne se sont rendu compte que très tardivement, c'est-à-dire après la catastrophe, pour procéder à la fermeture des marchés à bestiaux accompagnée d'une interdiction de déplacement des bêtes.

Il est à noter que l'exode de cheptel évoqué dans ce reportage s'est produit au moment où le corps des vétérinaires relevant du secteur étatique est secoué par des mouvements de grève.

Dans la région de M'chedallah, même la campagne de vaccination classique (fièvre aphteuse, clavelée et antirabique) n'a pas été mise en application cette année, ce qui rajoute au désarroi des éleveurs. N'est-il pas urgent de procéder au contrôle et au dépistage d'usage de ces troupeaux déplacés pour pallier à toute éventualité ?

O. S.