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Scandale dans le secteur des matériaux, De faux contrats pour se servir en ciment

Scandale dans le secteur des matériaux De faux contrats pour se servir en ciment

Face au manque criant de ce produit, devenu précieux depuis quelque temps, ces pseudo-entrepreneurs n’ont pas trouvé mieux que de «scanner des contrats de marchés pour se servir en sacs de ciment directement auprès des cimenteries».

29 Juin 2008,   Le jour d'Algérie
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Un nouveau scandale vient éclabousser le secteur des matériaux de construction. L’on comprend aisément l’origine de la pénurie sévissant dans ce secteur précis se traduisant notamment par un manque criant en ciment si l’on tient compte de cette sortie tonitruante, pour le moins que l’on puisse dire, du directeur du commerce de la wilaya d’Alger, M. Lamari.

Ce dernier a jeté un véritable pavé dans la mare lors d’un point de presse, tenu hier à la Maison de la presse d’Alger, et dont il était l’un des animateurs.

M. Lamari  a en effet révélé la découverte par ses services l’existence d’une multitude de contrats de marchés falsifiés par le biais desquels des pseudo-entrepreneurs s’approvisionnent en ciment auprès des différentes cimenteries du pays.

En effet, face au manque criant de ce produit devenu précieux depuis quelque temps, ces pseudo-entrepreneurs n’ont pas trouvé mieux, affirmé M. Lamari, que de «scanner des contrats de marchés pour se servir en sacs de ciment directement auprès des cimenteries».

Sans passer par n’importe autre intermédiaire, autrement dit, par ce faux contrat, le demandeur de ciment auprès des manufactures arrive donc à convaincre les gérants de ces usines qu’il a à sa charge d’importants travaux à exécuter qu’il soit dans le domaine du bâtiment ou bien celui des infrastructures  de bases, comprend-on.

Et Dieu seul sait que sera la destination de cette quantité de ciment acquise sur la base d’un faux document qui, dans la plupart des cas, sera tout bonnement revendu sur le marché noir a des prix exorbitants.

Le directeur du commerce au niveau de la wilaya d’Alger persiste et signe en effet que s’agissant des matériaux de construction, il existe toute une chaîne d’intervenants  dont l’identification n’est pas toujours une chose simple.

Ce constat scandaleux dressé par M. Lamari  ne se rapporte pas à uniquement à la seule wilaya d’Alger. Une question justement lui a été posée en ce sens et la réponse de M. Lamari a été sans détour : «Ce problème est  national et ne concerne pas uniquement Alger.» Il est à noter par ailleurs  que la conférence de presse, tenue hier à Alger, avait pour ordre du jour le marché des matériaux de construction et son organisation.

Cette rencontre avec les représentants des medias a été initiée par la direction du commerce de la wilaya d’Alger de concert avec l’Union générale des commerçants et artisans algérien (UGCAA) représentée par son chargé de communication M. Boulanouer. Le directeur  du commerce au niveau  de la wilaya d’Alger rappelle d’emblée que «l’exercice du commerce des matériaux de construction n’était auparavant assujetti à aucune autorisation».

Il suffisait juste, a-t-il expliqué, d’avoir un registre de commerce et exercer ce métier là où on veut, en faisant fi des autorités administratives au niveau local ou à l’échelle de la wilaya d’Alger.

Cette situation est dommageable et nuisible pour l’environnement, a encore affirmé le même intervenant.

Plus grave encore lorsque M. Lamari  nous apprend que de nombreux terrains à vocation agricole se trouvant sur la territoire de la wilaya d’Alger  ont été sacrifiés pour les besoins de l’exercice de vente de matériaux de construction.

«Face à une telle situation,  le wali d’Alger ne pouvait rester les bras croisés», poursuit le conférencier. Ainsi, il a été décidé en vertu d’un arrêté de la wilaya d’Alger de procéder à une opération de recensement  de tous les vendeurs de matériaux de construction activant au niveau de la wilaya d’Alger. L’objectif est d’abord de les identifier et ensuite de les affecter dans une seule zone d’activité.

Celle-ci est d’ores et déjà réservée du côté de Bouzaréah, selon M. Lamari. Elle a une superficie de 4 hectares, affirme-t-il.  Le nombre de vendeurs de matériaux de construction recensés jusqu’a maintenant est de 431. Le chiffre total de ces derniers avoisinent les 7 600, signale-t-on.

Karim Aoudia