Elles affirment vivre dans des conditions lamentables depuis sept ans Des femmes d'Algériens emprisonnés à Guantanamo réclament leur libération
Des femmes d’Algériens emprisonnés à Guantanamo bay à Cuba ont réclamé leur libération depuis que la Cour suprême américaine a accordé à tous les pensionnaires de la prison militaire américaine dans l’enclave cubaine le droit de saisir les tribunaux civils.
Ces épouses, des Pakistanaises dont les maris ont été arrêtés par la police et les agents des services de renseignement américains dans plusieurs villes de pays, principalement dans la province de Peshawar, ont saisi hier le gouvernement d’Islamabad ainsi que des organisations locales pour faire aboutir leurs doléances aux autorités américaines.
Parmi ces femmes dont les cas sont rapportés hier par des médias pakistanais se trouvent deux sœurs et quatre voisines qui habitent dans des taudis dans le village de Regi proche de Peshawar, la ville dans le nord-ouest du pays, en élevant dans la misère la plus totale 17 enfants.
Classées comme des épouses de terroristes, elles ne bénéficient pas de subventions sociales de l’Etat mais de l’aide des voisins ou de quelques rares organisations humanitaires qui activent dans la région suite à l’interdiction qui a visé les grandes organisations donatrices comme la célèbre Islamic Relief Foundation.
Leurs maris sont arrivés dans la région dans les années 1980 pour rejoindre le front afghan afin de combattre l’invasion soviétique tout comme des centaines de volontaires arabes, avant de s’installer dans la région en épousant des natives.
Elles démentent que leurs époux soient impliqués avec le réseau El-Qaïda d’Oussama ben Laden, assurant qu’après le retrait russe en Afghanistan, ils sont revenus à Peshawar pour travailler au sein d’organisations humanitaires.
«Mon père n’a jamais attaqué l’armée américaine ou tué un Américain», a affirme Mehdia Ahmed, 35 ans, une mère de 5 enfants qui accuse les autorités pakistanaises d’avoir livré aux Etats-Unis sans raison son mari Mustapha, connu sous le nom d’Abou Abdellah, qui avait été arrêté en mai 2002 dans sa maison à Regi par des agents du FBI.
Depuis, sa famille n’a reçu de Mustapha, un ancien professeur d’université en Algérie, que des bouts de papiers censurés acheminés par la Croix-Rouge internationale.
L’autre épouse Riyazat Amin qui dit vivre comme une veuve depuis l’arrestation de son mari a affirmé n’avoir pas pu faire porter le cas de son mari devant les tribunaux pakistanais étant donné que les autorités locales nient son implication dans son transfert à Guantanamo.
Agée de 31 ans, Riyazat, mère de quatre enfants, considère que son mari Adel Amine, arrêté à Peshawar en juillet 2003, n’a jamais combattu en Afghanistan.
Elle avait reçu des lettres de lui lorsqu’il était en détention dans la base américaine de Bagram en Afghanistan, d’où il a été transféré vers la prison cubaine, tout comme plus 650 individus arrêtés dans le cadre des enquêtes consécutives aux attentats du 11 septembre 2001.
25 Algériens sont en détention à Guantanamo bay tandis qu’un 26e, Fethi Boucetta, a été libéré en novembre 2006 et transféré en Albanie. 19 Algériens ont été arrêtés en Afghanistan et au Pakistan, 1 en Georgie, 1 au Kenya et 6 ont été enlevés par un commando de la CIA en Bosnie après avoir été jugés et acquittés des accusations de terrorisme par le tribunal de Sarajevo.
Les autorités pakistanaises ont remis quelque 900 suspects aux autorités américaines depuis septembre 2001, la plupart des ressortissants arabes et asiatiques.
K. M.





