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Colloque national sur la famille, L'Algérie compte 18 millions de célibataires

Colloque national sur la famille L'Algérie compte 18 millions de célibataires

L'échec de l'action des parents dans l'éducation de leurs enfants est en grande partie à l'origine des maux et des fléaux qui gangrènent la jeunesse algérienne. Plus de 4 millions d'Algériens âgés de plus de 35 ans n'ont pas encore fondé de foyer.

29 Juin 2008,   Le Courrier d'Algérie
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Les signaux sont au rouge. La famille algérienne a perdu ses repères au fil du temps. Les maux de la jeunesse en Algérie sont dus à une mauvaise éducation au sein des familles.

Selon les statistiques, les parents ont perdu leur autorité devant leur progéniture et à cet effet, les chiffres font craindre le pire. Une société qui a perdu les liens familiaux, notamment après la décennie noire des années 1990, ne peut pas forcément trouver ses repères.

« La rupture du devoir d'éducation de la progéniture complique de plus en plus la situation », ont affirmé, hier, à Alger plusieurs professeurs venus assister au colloque national sur la famille algérienne, un colloque dont le thème est « Famille et éducation, entre continuité et rupture ».

Les changements socioéconomiques qui ont vu le jour après l'ouverture économique de notre pays à la mondialisation sont à l'origine de cette rupture des liens, a affirmé un professeur présent au colloque. D'une part, la famille a démissionné de sa première fonction qui est l'éducation et de l'autre, elle est devenue une famille consommatrice et matérialiste.

De son côté, le professeur Mansour Rahmani a affirmé que la situation sur le plan de la criminalité, de la délinquance et des autres fléaux sociaux dont souffre la société algérienne, cet état de fait est dû particulièrement à la démission des parents par rapport à l'éducation de leurs enfants, notamment ces dernières années. En premier lieu, la criminalité, suivie de la prostitution et des pratiques d'avortement sont les principaux fléaux recensés, a affirmé l'intervenant.

La population carcérale s'élève à plus de 59 000 personnes, sachant que la capitale détient la première place de cette hideuse liste avec plus de 50 000 délinquants se trouvant quotidiennement dans les rues d'Alger, selon l'étude du professeur. Il existe en Algérie plus de 170 000 criminels, a affirmé le professeur.

Et d'ajouter : «Avec la crise du logement et la poussée démographique, les maisons algériennes sont devenues des prisons depuis ces dernières années. Si les parents prenaient davantage soin de leur progéniture, il n'y aurait jamais autant d'enfants kidnappés.» Un autre chiffre qui fait froid dans le dos : l'Algérie compte plus de 5 000 enfants nés annuellement hors mariage.

Plus grave encore, des centaines de jeunes qui s'embarquent dans les «vaisseaux » de la mort cherchent ainsi l'eldorado européen, des escapades qui finissent par provoquer des dizaines de morts sur les côtes de la Méditerranée. Un message des plus cruels sur une situation socioéconomique qui se retrouve au plus bas de l'échelle.

L'origine de cette catastrophe humanitaire qu'est l'immigration clandestine, est due particulièrement à la misère dans les pays d'origine. Pis encore, un autre phénomène qui a pris de l'ampleur ces dernières années : le suicide, un phénomène qui prend des proportions graves, a estimé Mansour Rahmani. Environ 3 personnes sur mille se donnent la mort annuellement en Algérie.

La situation économique est le pire cauchemar de milliers de jeunes suicidaires algériens. Hélas, la solution tarde à venir. Un autre phénomène prend aussi de l'ampleur, plus de 18 millions d'Algériens sont des célibataires dont 4 millions dépassent l'âge de 35 ans, a déclaré le même professeur.

Dans cette optique le ministre de la Solidarité Nationale, Ould Abbès, a affirmé que «la culture actuelle des jeunes n'est pas la nôtre, alors il est important de tisser des liens entre tradition et modernité.»

Lors de l'ouverture des travaux du colloque national sur la famille algérienne, la ministre délégué à la Famille et à la Condition féminine a affirmé que « la famille en Algérie souffre de plusieurs maux.

La famille a réellement besoin d'un soutien fort et régulier, notamment de la part des autres institutions de la société, dont l'école, la mosquée, les médias et le tissu associatif.

L'éducation s'étend à tous les membres d'une même famille qui doit former une seule unité complémentaire où le plus petit doit obéissance et respect au plus grand qui le lui rend en affection et en protection et où il n'existe point de différence entre fille et garçon », a souligné la ministre.

Hakima Smail