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Le président de la chambre nationale de l'agriculture :, 'Les banques pénalisent la production nationale'

Le président de la chambre nationale de l'agriculture : "Les banques pénalisent la production nationale"

«Les banques algériennes font piétiner le développement de l’agriculture. Elles ne jouent pas le jeu et sont en grande partie responsables du fait que les capacités de production sont limitées et que beaucoup d’agriculteurs sont suffoqués et ne peuvent pas exploiter toutes les surfaces dont ils disposent».

27 Mai 2008,   Le Soir d'Algérie
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Plus qu’un constat, il s’agit là d’un sévère réquisitoire dressé par le président de la Chambre nationale de l’agriculture, M. Ouled Hocine Mohamed Chérif, à l’encontre des banques nationales.

Invité hier au forum de la radio Chaîne 1, M. Ouled Hocine n’a pas été tendre envers les banques et particulièrement la BADR, qu’il n’estime pas suffisamment reconnaissante pour le secteur, qui pourtant, lui a valu son aisance financière prospère aujourd’hui.

Lorsque le président de la République a décidé, en 1999, d’effacer la dette des agriculteurs évaluées à 1 400 milliards de DA, les banques étaient les premières bénéficiaires de cette mesure, puisqu’elles ont récupéré leurs fonds et ont développé leurs activités, grâce à cette aubaine.

«Les banques, aujourd’hui, sélectionnent les bénéficiaires des crédits et font du favoritisme», dénonce l’invité de la radio, qui appelle à l’intervention de l’Etat et particulièrement du ministère des Finances pour mettre fin à ces pratiques et redéfinir le rôle des banques dans le développement du secteur agricole. P our mieux illustrer ses propos, le président de la CNA a estimé les besoins en financement agricole à 15 milliards de DA. Selon lui, les agriculteurs algériens ne sont pas motivés alors qu’ils peuvent aller jusqu’à 15 milliards de dollars de production agricole.

Par ailleurs, M. Ouled Hocine est intervenu sur plusieurs autres points liés au secteur, notamment sur la sécurité alimentaire, actuellement menacée par une baisse de la production mondiale, face à une demande accentuée. Sur cette question, l’orateur attire l’attention du gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures urgentes pour développer la production locale et assurer une autosuffisance pour certains produits alimentaires.

Il assure, toutefois, que la production nationale couvre les deux tiers de la consommation. Mais concernant les prix des produits agricoles, l’invité de la radio a lié cela à toute la chaîne de distribution, voire de commercialisation qui est défectueuse et sur laquelle se penchent ces jours-ci, les ministres du Commerce et de l’Agriculture pour la mise en place d’une réglementation stricte qui régule le marché des produits agricoles. En fait, ce qui est attendu c’est de redonner à l’agriculteur son véritable statut, actuellement flou.

La marge de bénéfice de celui-ci est très minime alors que le produit arrive sur le marché à un prix exorbitant. Une situation engendrée par une absence de contrôle et de régulation des autres métiers liés au secteur de l’agriculture et dont les retombées sont néfastes pour l’exploitant agricole.

Le président de la Chambre nationale de l’agriculture tenait à rassurer et révèle que le gouvernement annoncera dans les prochains jours les coûts des produits agricoles à la sortie des coopératives et les marges des intermédiaires, afin que l’agriculteur puisse bénéficier de marges de bénéfice plus importantes et lui permettent de s’investir davantage.

Interrogé sur le projet de l’importation des génisses décidée par le ministère de l’Agriculture et qui n’a pas encore vu le jour, M. Ouled Hocine a souligné, à ce propos, que «l’Algérie a inspecté le marché mondial et ne trouve pas d’offre à sa demande». Les besoins recensés sont de l’ordre, en effet, de 145 000 génisses.

«Tous les pays demandent à renouveler leur troupeaux, ce qui pose le problème de disponibilité », dit-il, faisant remarquer que l’Algérie a pris d’autres dispositions, notamment le développement de la recherche en matière de la reproduction animale.

R. M.