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Un fichier national informatisé du logement débusquera les trafiquants, Les appartements à gogo, c’est fini !

Un fichier national informatisé du logement débusquera les trafiquants Les appartements à gogo, c’est fini !

C’est un ouf de soulagement que des millions d’Algériens vont pousser avec ces nouvelles mesures prises par le ministère de l’Habitat pour lutter contre le trafic et le commerce du logement avec la complicité des collectivités locales.

27 Mai 2008,   La voix de l'Oranie
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En effet, le gouvernement vient d’instituer un fichier national informatisé où seront consignées les décisions d’attribution de logements sociaux ou d’aide de l’Etat.

Cette mesure a fait l’objet d’un décret exécutif, publié dans le journal officiel No24, mettant ainsi le holà à une incroyable concentration de logements entre les mains d’un groupe de personnes au détriment de l’immense majorité des Algériens qui attendent désespérément un toit depuis des lustres.

Créé auprès du ministre chargé du logement, ce fichier regroupe les logements publics locatifs, les logements sociaux participatifs, les logements cédés dans le cadre de la location-vente, des terrains à caractère social ainsi que les aides de l’Etat attribuées pour l’achat ou la construction d’un logement.

Il est alimenté par le fichier de wilaya, par les organismes habilités ainsi que par les autres organismes de l’Etat ou des collectivités locales, stipule le décret. Un fichier informatisé est également créé au niveau de chaque Wilaya où sont consignées toutes les décisions d’attribution, et qui est alimenté à son tour par les fichiers de daïras connectés au réseau de wilaya, précise le texte.

Chaque daïra doit tenir un fichier actualisé en permanence de l’ensemble des demandes de logements réunissant les critères d’éligibilité à l’accès au logement public locatif, par commune. Pour assurer le suivi de l’attribution du logement public locatif, les ministres chargés du logement et des collectivités locales doivent être destinataires de toutes les informations liées aux conditions et modalités de son attribution, précise encore la même source.

En cas de besoin, ils peuvent diligenter tout contrôle ou enquête qu’ils jugent nécessaires et en rendre compte au Gouvernement. Officiellement, les pouvoirs publics affirment qu’il y a véritablement une crise du logement.

Or, les experts du domaine, eux, soutiennent qu’il s’agit plutôt d’une crise de la distribution en ce sens que beaucoup de «pistonnés» bénéficient de plusieurs appartements et parfois dans la même localité. Les statistiques de l’ONS évaluent d’ailleurs le parc des logements inoccupés à plus de 600.000 unités dont près de 60.000 uniquement à Alger.

Par ailleurs, le ministère de l’Habitat vient également de fixer par décret exécutif les règles d’attribution du logement public locatif (LPL). Ce décret réserve, dans tous les programmes de logements publics locatifs, 40% aux postulants âgés de moins 35 ans. Pour bénéficier du LPL, le postulant et son conjoint ne doivent posséder en toute propriété aucun bien immobilier à usage d’habitation ou lot de terrain à bâtir.

Ils ne doivent avoir bénéficié d’aucun logement social locatif, logement social participatif ou encore un logement rural ou acquis dans le cadre de la location-vente, selon le décret qui stipule également que les postulants ne doivent pas avoir bénéficié d’une aide de l’Etat pour l’achat, la construction d’un logement ou l’aménagement d’un logement rural.

Agé de 21 ans au minimum, le postulant doit résider depuis au moins 5 ans dans la commune de sa résidence habituelle et son revenu mensuel cumulé à celui de son conjoint ne doit pas excéder 24.000 DA. Toute fausse déclaration contenue dans son dossier de demande entraîne l’exclusion du postulant de la liste des demandeurs et l’expose à des poursuites judiciaires, souligne le décret exécutif.

En tout état de cause, et même si ces mesures auraient pu être prises depuis longtemps déjà, ce qui aurait évité une scandaleuse concentration illicite des logements entre les mains d’une minorité d’Algériens, il faut espérer tout de même que leur application puisse mettre fin au calvaire de ces millions d’Algériens qui attendent ce «cher toit» depuis des années. ‘Mieux vaut tard que jamais’ dit le proverbe...

Amine Makri