Les éleveurs à propos de la viande rouge Suspendre l’importation jusqu’à la fin de l’année
Selon l’Union nationale des paysans algériens (Unpa), la mesure prise récemment par le gouvernement concernant la suspension de l’importation des viandes rouges congelées ne doit pas s’arrêter au mois d’août,c’est-à-dire au bout de trois mois, mais devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année en cours.
C’est ce que revendiquent les éleveurs algériens qui estiment que les importateurs et les revendeurs de viandes disposent de suffisamment de stocks pour les trois mois pour créer un quelconque changement dans le marché des viandes en Algérie. L’Unpa estime, en effet, que cette mesure est insuffisante et ne peut à elle seule relancer cette activité d’ici le mois d’août si d’autres mesures ne sont pas décrétées d’urgence.
Entre autres mesures, l’Unpa propose le soutien des aliments du bétail, dont l’orge. A juste titre, l’annulation de l’importation de l’orge est sévèrement critiquée par les représentants des éleveurs. Le gouvernement a, selon l’Unpa, promis l’importation d’une quantité d’orge à même de suffire aux besoins urgents des éleveurs en aliment de base pour leur bétail menacé de famine.
«Nous sommes à la fin de la saison et beaucoup de troupeaux sont menacés de mort si des mesures urgentes ne sont pas prises». Selon le secrétariat général de cette organisation, plusieurs éleveurs se sont déplacés vers les wilayas steppiques, à la recherche de terres pastorales, après épuisement de celles de leur wilaya. «Le mouton, qui coûtait 18 000 DA il y a un an, est cédé actuellement à
5 000 DA», explique-t-on auprès de cette organisation. L’Unpa appelle en outre à l’ouverture de la commercialisation des viandes rouges aux privés afin de stimuler ces derniers à l’exploitation des capacités déjà existantes estimées à 19 000 têtes.
Un secteur qui doit susciter l’intérêt des investisseurs qui ne doit pas omettre le maintien de cette richesse nationale, selon l’Unpa. L’ouverture de la filière viandes congelée locale sera bénéfique puisqu’elle engendra forcément une baisse des prix, explique-t-on du côté des éleveurs. Aussi, une rencontre est prévue mardi à Zeralda par les éleveurs des wilayas steppiques afin de s’organiser en fédération.
Un organisme qui permettra aux éleveurs d’entreprendre des démarches auprès des collectivités locales afin de définir les terres destinées aux pâturage, et permettre aux éleveurs l’accès à des endroits susceptibles d’être utilisés par les éleveurs comme les parties de certaines forêts, tout en restant dans les normes de respect de l’environnement.
Une autre fédération sera également créée pour encadrer l’activité de réhabilitation des terres agricoles, lutter contre l’exploitation de ces terres à d’autres fins et mettre un tant soit peu d’organisation dans ce secteur.
C’est dans ce sens que l’Etat doit intervenir pour stopper l’avancée du béton sur ces terres ainsi que sur les terres agricoles. On avance le chiffre de 6 hectares «dévorés» chaque jour par le béton à travers le territoire national. L’Unpa s’exprime à l’APN par la voix de son secrétaire général, Mohamed Alioui, député à cette assemblée. Ainsi, l’Unpa participe aux débats et aux discussions autour de la loi sur l’orientation agricole, actuellement au niveau du Parlement, et qui doit «inévitablement» conduire à l’élaboration de la loi sur le foncier.
L’organisation préconise enfin la création du conseil supérieur de l’agriculture afin de chapeauter les investissements dans le secteur, mais aussi cerner les problèmes des agriculteurs et canaliser les aides fournies par l’Etat, selon l’Unpa.
Fatima Arab





