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Son ministère de la Défense commande une étude sur le pouvoir en Algérie, Quelle mouche a donc piqué la France ?

Son ministère de la Défense commande une étude sur le pouvoir en Algérie Quelle mouche a donc piqué la France ?

La Direction des affaires stratégiques du ministère français de la Défense a lancé discrètement un appel d’offres pour une étude sur l’Algérie intitulée: «La structure complexe du pouvoir en Algérie».

25 Mai 2008,   La voix de l'Oranie
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La France officielle de Nicolas Sarkozy mènerait, donc, une étude stratégique et confidentielle en vue de comprendre la nature du pouvoir en Algérie. En plus des rapports quasi-périodiques que l’ambassade française transmet à l’Elysée, les fins limiers du Renseignement français entendent percer les profonds mystères qui entourent le fonctionnement du pouvoir algérien, ses méthodes et ses ramifications.

L’ancienne puissance coloniale montre ainsi toute son impuissance et son désarroi à comprendre le nouveau système de gestion mis en place à partir des années 90, ainsi que les changements intervenus tant au plan politique qu’économique. Car c’est bien de cela qu’il s’agit pour les Français: tenter de bien comprendre les mécanismes régissant les prises de décision en matière économique.

Dépassée, voire carrément absente dans les grands projets lancés par l’Algérie au début des années 2000, la France qui est restée depuis l’indépendance le premier partenaire économique et commercial, en dehors du secteur des hydrocarbures où les Français sont concurrencés par les Américains et les Britanniques, cherche à instaurer, sans le dire ouvertement, un lobby puissant et actif en Algérie qui protégerait ses intérêts et éventuellement pour jouer le rôle de courroie de transmission entre les décideurs des deux pays.

Mais, au-delà de cette simple étude géostratégique, les Français sont d’ailleurs logiquement bien placés pour garder leur place de numéro 1, il est utile de s’interroger sur cette initiative française et le but recherché à travers cette étude.

Est-ce une façon détournée de pouvoir peser sur la prochaine élection présidentielle? Ou de se placer, dès maintenant, sur le prochain candidat afin d’en tirer les dividendes au moment venu et à quelle logique politique obéit-elle? En tout état de cause, cette initiative ne risque pas de passer inaperçue en Algérie au vu de la nature chatouilleuse des responsables algériens qui ne tolèrent pas de telles intrusions notamment dans le domaine politique.

Le volume des échanges entre les deux pays est estimé à 8 milliards d’euros en 2005 et 2006. L’Algérie assure une part importante des besoins énergétiques français. En deux ans, la facture de l’énergie de la France s’est accrue de plus d’un milliard d’euros.

Quant aux flux des investissements directs (IDE) français, ils sont jugés «encore très insuffisants» par les Algériens, même si la France est considérée comme le premier investisseur hors hydrocarbures. Plus de 200 opérateurs français sont implantés durablement en Algérie et emploient près de 20.000 personnes.

Ces investissements français connaissent, en effet, une croissance soutenue et régulière depuis 2003, passant de 51 à 295 millions de dollars en 2006. Il est à noter que dans le secteur des hydrocarbures, Total reste de loin le premier investisseur français en Algérie, suivi par Gaz de France qui a conclu, début 2001, un accord d’investissement de grande envergure pour l’exploration et le développement du champ gazier d’Ahnet aux côtés de la Sonatrach (investissement total de 2mds USD, avec une participation de GDF à hauteur de 25%).

Hors hydrocarbures, des décisions d’implantation prises durant les trois dernières années consacrent le retour des grands groupes français sur le marché algérien dans le secteur agroalimentaire (Castel, Danone, Bel), les transports (Michelin) ou encore les détergents (Henkel France, en partenariat avec l’entreprise publique ENAD.

Saïd Farhi