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La dépendance du pétrole s’est aggravée, Menace sur le budget de l’Etat

La dépendance du pétrole s’est aggravée Menace sur le budget de l’Etat

Malgré tous les discours sur la diversification des exportations, la dépendance aux hydrocarbures s’est aggravée ces dernières années. Et selon l’OCDE, il y a matière à s’inquiéter sur «la dépendance du budget de l’Etat à l’égard du reste du monde et sur sa pérennité à moyen et long termes».

22 Mai 2008,   La voix de l'Oranie
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Dans son récent rapport sur les perspectives économiques en Afrique, l’OCDE (organisme de coopération et de développement économiques) n’aura pas été tendre avec la situation de l’Algérie, même s’il reconnaît de multiples améliorations. Globalement, le rapport, dans son volet consacré à l’Algérie, estime que le pays jouit d’une conjoncture internationale favorable et d’une bonne maîtrise des agrégats macro-économiques.

Cela a permis à l’Algérie de connaître depuis 2002 des taux de croissance convenables, «mais qui restent en deçà du potentiel du pays, notamment en termes de croissance hors hydrocarbures». Selon le document, «la hausse continue des recettes des hydrocarbures permet au pays des taux d’investissement élevés et une augmentation maîtrisée des salaires, mais le chômage reste important, surtout parmi les jeunes».

En revanche, grâce à des remboursements anticipés, le pays a pu apurer l’essentiel de sa dette extérieure, publique et multilatérale, mais il reste très dépendant du pétrole. Comparée à des économies à revenu similaire, l’économie algérienne reste peu diversifiée, et la contribution du secteur privé au PIB global demeure faible.

Commentant le programme complémentaire de soutien à la croissance (PCSC, 2005-2009), doté de 150 milliards de dollars, les experts de l’OCDE considèrent que celui-ci doit tenir compte des capacités d’absorption insuffisantes de l’économie, notamment dans le dimensionnement des projets et leur exécution, et de l’efficacité de la dépense publique.

«Les projets inscrits dans ce programme sont ainsi en cours de réévaluation en liaison avec les recommandations de la Banque mondiale». Après une croissance molle de 2% en 2006, due à un recul de 2,5% de la production d’hydrocarbures, le PIB a enregistré en 2007 un taux de croissance de 3,2%.

La croissance du PIB hors hydrocarbures (PIBHH) a été de 6,4%. Mais, en raison de fortes poussées de la dépense publique et d’inflation importée, le taux d’inflation a été de 3,8% contre 2,5% en 2006 et la croissance reste tributaire des recettes d’hydrocarbures.

A contrario, le secteur industriel, qui ne représente plus que 5% du PIB total, a enregistré en 2007 une hausse très faible, de l’ordre de 1,1%, contre une croissance de 2,8% en 2006. Cette faible croissance est due essentiellement aux performances médiocres du secteur privé et au recul des industries manufacturières publiques. Seules les branches mines et carrières, énergie, bois et papier et industries sidérurgiques et métalliques ont connu une croissance positive en 2007.

Toutes les autres branches (cuir, textiles, matériaux de construction, chimie et agroalimentaire) ont connu des baisses significatives de leur production en 2007. Même si la production industrielle du secteur public a enregistré durant le premier semestre 2007 une hausse de 0,6%, après un recul de 0,3% en 2006, le secteur industriel national est resté globalement atone en raison de la baisse de la part de l’industrie privée dans la valeur ajoutée totale.

«L’industrie publique a perdu plus de 80% de son potentiel depuis 1989. Il a été observé globalement et sur plus d’une décennie une chute continue de la production (et donc des capacités de production) du secteur public industriel, à l’exception des secteurs de l’énergie, des mines et carrières et, plus récemment, de la sidérurgie», souligne le rapport.

Le secteur agricole a crû de près de 5,9% en 2007, contre 4,9% en 2006, et sa part dans le PIB s’est établie à 7,6%. Mais «certaines filières à fort impact sur l’alimentation de la population et les revenus des agriculteurs ont fortement fléchi, comme les viandes blanches, l’oléiculture, le miel, les légumes secs, les dattes et la tomate industrielle».

Par ailleurs, l’investissement industriel est resté marginal, témoignant de la faible diversification de l’économie et sous la forte poussée des importations, le solde commercial a enregistré un recul de 3,2% en 2007 par rapport à 2006. Cette dépendance par rapport au pétrole ne s’arrête pas là. Le rapport de l’OCDE soutient que «le budget de l’Etat reste largement tributaire des recettes de la fiscalité pétrolière, dont le poids a atteint en 2007 plus de 78% des recettes totales.

La fiscalité ordinaire couvre à peine 53,4% des dépenses courantes, «ce qui ne manque pas d’inquiéter sur la dépendance du budget à l’égard du reste du monde et sur sa pérennité à moyen et long termes». Car, malgré une nette progression, les exportations hors hydrocarbures restent marginales (2,2% des exportations totales), «au grand dam des autorités qui cherchent à les stimuler».

Du reste, l’ouverture du pays aux investissements directs étrangers (IDE), notamment pétroliers, a déséquilibré davantage la balance des revenus en 2006. Mais, «phénomène nouveau, les IDE, qui ont atteint 1,8 milliard USD pour l’année, se sont davantage tournés (à hauteur de 53,02%) vers les secteurs hors hydrocarbures.

«Toutefois, les revenus versés au reste du monde, constitués pour 76,2% des bénéfices exportés par les entreprises pétrolières étrangères, ont atteint en 2006 près de 7 milliards de dollars, alors que les revenus reçus ont progressé de 1 milliard de dollars en 2006 pour atteindre 2,42 milliards seulement!

A rappeler que l’OCDE, sis à Paris, est un organisme qui regroupe les gouvernements de 30 pays attachés aux principes de l’économie de marché en vue de soutenir une croissance économique durable, de développer l’emploi, d’élever le niveau de vie et de contribuer à la croissance du commerce mondial.

Amine B.