Football : Superdivision : Alerte générale
Le sport roi livre ses derniers soupirs de l’exercice 2007-2008. Pas besoin de raconter ce qui s’est passé durant cette saison lancée fin août dernier avec des espoirs de revoir l’Algérie et son football reprendre un semblant d’aura. Les résultats n’ont pas suivi et tous ont concédé le choix de la fatalité : le football algérien est maudit. Maudit et hermétiquement maîtrisé par les forces du mal.
Les titres ne se gagnent plus sur les terrains, pelouse naturelle (peu) ou synthétique (en vogue) mais ailleurs. La démobilisation générale des footeux a profité aux malfrats du sport qui vendent et achètent des bouts de match à la criée.
Les meilleures mises interviennent vers la fin et celle-ci est programmée durant cette dernière dizaine du mois de mai. Vendredi, la Superdivision connaîtra son avant-dernier virage.
«Plus que dangereux», prévoient les observateurs agités par la guerre psychologique qui enflamme les villes dont les clubs sont concernés par la montée et la descente. Mais, c’est dans Alger que le plus gros risque est circonscrit. Une finale que ce RCK-USMH domicilié dans un stade «Benhaddad» qui ne peut accueillir les milliers de jeunes fans des deux plus belles écoles que le football algérien ait connues depuis l’indépendance.
Alger, privée de son temple olympique fermé pour des travaux d’engazonnement qui ne sont pas prêts à être entamés à cause du béton, retient son souffle. El Eulma, Batna et tous les Aurès également. L’alerte est générale. Le soufre se dégage des dernières discussions d’avant-match. Que le meilleur gagne, que le fair-play soit. Que le foot triomphe, enfin.
M. B.
KOUBA: Hauts risques
La rencontre de football, qui se jouera vendredi prochain au stade Benhaddad, est vécue comme une terrible calamité. Fait exceptionnel, la présidence d’APC a décidé de ne pas vendre de billets aux supporters d’El-Harrach.
Les supporters de Kouba pestent contre le mauvais temps. Les orages qui éclatent par intermittence ces derniers jours les empêchent de sortir les banderoles vertes et blanches du RCK. «Nos bannières doivent rester propres, elles ne doivent surtout pas être salies pas la pluie. Il est vrai que les quartiers de Kouba paraissent moroses sans les banderoles, mais le jour du match, le stade Belhadad sera aux couleurs du RCK.
Il n’y aura que du vert et du blanc», explique un jeune koubéen rencontré, lundi, près du marché de Ben- Omar. Ses amis sont eux aussi très optimistes. «Les Harrachis, on va en faire une bouchée», lance l’un d’entre eux en écoutant le dernier tube de Faïska, le chanteur attitré du RCK. La chanson de Faïska promet l’accession aux supporters de Kouba. Par contre, ceux d’El-Harrach auront droit à une volée d’injures.
Appréhensions
La chanson fait l’unanimité parmi le groupe. «Nous autres Koubéens détestons les problèmes. Lorsqu’on va au stade, c’est pour le sport et non pas pour tout casser autour de nous. Il est vrai que nous ne sommes pas très nombreux, mais les Harrachis doivent comprendre que nous ne nous laisserons pas faire. Tout le monde a pris ses dispositions ici. Certains ont même préparé des cocktails Molotov, on ne sait jamais», insiste un jeune du quartier d’El Afia.
Il revient à la charge : «Les Harrachis pensent être des durs et qu’ils peuvent tout se permettre. S’ils ne se tiennent pas correctement vendredi prochain, ils risquent d’être surpris.» Certains commerçants, tenant boutique à proximité du stade, ne cachent pas leur inquiétude. «Les responsables de la ligue auraient pu choisir un autre lieu pour cette rencontre. Le stade de Kouba n’est pas adapté à ce genre de match à hauts risques.
Le fait de l’organiser un vendredi n’arrangera rien. Certes, tous les magasins seront fermés mais cela ne risque pas de freiner les casseurs», note un vendeur de chaussures.
Dispositif spécial
A l’occasion de ce match à hauts risques, les services de sécurité devraient mettre en place un dispositif spécial. On annonce la mobilisation de 6 000 policiers relevant de plusieurs Unités républicaines de sécurité (URS). Des sources indiquent que certaines artères menant d’El-Harrach à Kouba seront fermées à la circulation dès les premières heures de la journée et serviront à «canaliser» le flux des supporters de l’USMH.
Ce plan devrait concerner les quartiers Haï-El-Badr (ex-lotissement Michel) et l’Oasis. Mesure radicale Mais à l’heure actuelle, les Harrachis n’ont pas encore obtenu l’autorisation d’assister au match de vendredi. En effet, la présidente de l’Assemblée populaire communale de Kouba a décidé de ne pas vendre de billets aux supporters de l’USMH. Mme Saïda Bounab met en avant l’argument sécuritaire.
«En ma qualité de maire, je suis responsable de la sécurité des personnes et des biens de ma commune. Les Koubéens sont connus pour leur sens de l’hospitalité. Il n’est donc pas dans notre intention de priver le public d’El-Harrach d’un spectacle sportif, mais nous avons des responsabilités et nous devons les assumer.» Reste à savoir si la première dame de Kouba aura la possibilité de faire appliquer cette mesure exceptionnelle.
«Les services de sécurité mettront en place un dispositif des plus efficaces. La décision finale ne me revient pas à moi seule. Croyez-moi, ma situation est très difficile. Ce qui m’intéresse, c’est l’intérêt de ma commune», insistera-t-elle. Il n’est pas dit que l’explosion sera évitée en imposant ce huis clos.
T. H.
IL A MULTIPLIÉ LES SORTIES DANS LES MOSQUÉES
Tentative de récupération de Ali Benhadj
Le match qui opposera vendredi Kouba à El-Harrach fait l’objet d’une tentative de récupération de la part de Ali Benhadj. Résidant à Haï-El-Badr, le numéro deux du Fis dissous a multiplié les sorties dans les mosquées des deux communes. «Il est venu à El-Harrach pour dire aux jeunes d’éviter tout signe de violence le jour du match», note un citoyen. Il est clair que l’initiative de ce «bon Samaritain» n’est pas dénuée d’arrière-pensées politiques.
T. H.
EL-HARRACH: "Nous ne sommes pas des voyous !"
Les supporters de la Rive gauche préparent activement le match qui les opposera ce week-end à ceux de la Rive droite. Bien plus que leur équipe, c’est leur réputation que les Harrachis comptent défendre. Les intentions belliqueuses et les chants guerriers sont, pour eux, une réponse «aux magouilles» qui ont émaillé cette saison.
Attablés au Cercle de l’Union sportive de la médina d’El-Harrach, dans le paisible quartier de Belfort, les anciens de l’équipe de Maison- Carrée s’échangent les dernières informations sur le match de vendredi prochain. «Sur le terrain, ce sera une simple formalité. Nos joueurs ont la volonté de vaincre et ils vaincront», lance avec assurance l’un d’entre eux. Sa théorie du vainqueur a le mérite d’être claire.
La fête, pas le deuil
Mais qu’en sera-t-il pour le fair-play, du côté des supporteurs notamment ? «Les Koubéens sont nos frères et nos voisins. Nous ne sommes pas ennemis. Il faut faire en sorte que le match de vendredi soit une grande fête et non pas un jour de deuil», explique pour sa part Saïd Hamlet, ancienne gloire de l’USMMC.
L’homme tient à rappeler certaines vérités. «L’équipe d’El-Harrach est une véritable institution. Elle a vu le jour quelque temps après le Doyen, le Mouloudia d’Alger. Durant la Révolution, tous les membres de l’équipe ont été emprisonnés pour être entrés sur le terrain revêtus d’un maillot frappé de l’emblème national. Il est vrai que les temps ont changé, mais l’histoire retient qu’El-Harrach est une grande équipe.»
Exit El Kawassir
Un jeune homme, visiblement fervent supporteur des Jaune et Noir, intervient à son tour. «Kho, écrit en gros caractères que nous ne sommes pas des voyous ! Il faut que tout le monde comprenne que les Harrachis ne sont pas des vauriens. Nous sommes des fhoula. »
Il revient à la charge en agitant nerveusement un journal : «Regarde ce qu’ils écrivent sur nous. Ils nous traitent de tueurs et de casseurs. Et ce sobriquet, El Kawassir, il nous a été imposé par certains journalistes sportifs en mal de sensation. Personnellement, je préfère l’époque où on nous comparait au Borussia Dortmund (l’équipe allemande a pour couleurs le jaune et le noir), c’est quand même plus flatteur. »
L’USMH victime
Pourtant, il faut reconnaître que les supporters d’El-Harrach n’ont pas la réputation d’être des enfants de chœur. Et c’est aussi une réalité. Mohamed Kizouit, un des responsables de l’USMH, a une explication à ce propos.
«Il faut avant tout préciser que la majorité des individus qui ont des réactions de hooligans ne sont pas tous des Harrachis. A titre d’exemple, le gars qui s’est déshabillé lors du match contre Réghaïa n’est pas de notre commune. Il est de Gué-de- Constantine. C’est peut-être un détail, mais il change tout.
Et puis pourquoi ne retenir que les points négatifs, il y a eu des rencontres qui se sont déroulées sans que l’on ait enregistré un seul dépassement. Quant au comportement violent de certains supporters, bien qu’il soit injustifiable, ce n’est qu’une réaction aux multiples magouilles mises en œuvre par certaines équipes pour empêcher l’USMH d’accéder en première division. Si on ne nous avait pas imposé six matches à huis clos, El-Harrach aurait été premier et le problème d’une rencontre ingérable pour les pouvoirs publics ne se serait pas posé.»
Aujourd’hui, les supporters d’El-Harrach estiment qu’il est temps que leur équipe réintègre le cadre qui est le sien, la division une. Salim, jeune commerçant de la cité La Montagne, a sa propre idée sur la question. «C’est simple, dawla (l’Etat) ne veut pas de nous en première division.
Ils estiment que l’accession d’El- Harrach pourrait leur causer des problèmes lors de la prochaine saison. Voilà pourquoi ils feront tout pour nous bloquer. Moi, je ne rentre pas dans ces considérations : l’accession est à notre portée et nous n’allons pas nous laisser faire.» Il est 22 heures, Salim et ses voisins préparent leur attirail de supporteurs pour aller «défiler». Comme des milliers d’autres Harrachis, toute la nuit, ils iront chanter et crier leur rage de vaincre dans les quartiers de la Rive gauche.
T. H.
BATNA: Une fête à deux ?
Jamais la ville de Batna, au même titre que les autres communes de la wilaya, n’a vécu la passion du football comme en cette saison 2007-2008.
Le derby revisité après plus de quatorze ans, la course au titre, les changements à la barre technique, l’arrangement des matchs et la violence dans les stades alimentaient les discussions et soulevaient les passions entre supporters des deux camps.
Pour être au fait de l’actualité ou à l’écoute de la rumeur, les fans du CAB se rendent au cercle du club, sis aux allées Ben Boulaïd, ou encore aux abords du théâtre régional alors qu’en face, à la place Harsous (explace de l’église) les Mouloudéens toujours en nombre et en petits groupes commentent l’actualité dans la joie et avec les nerfs, selon les circonstances et le goût du jour.
Sans revenir sur le départ d’Aït Djoudi d’un côté ou celui d’Ameur Djamil et Zekri Hocine de l’autre, sur le derby avec son aller et retour et les passions suscitées alors, les discussions du jour se concentrent sur la violence qui a décidé du sort de certaines rencontres, ou encore sur la «chkara» et le jeux de coulisse qui risquent de fausser la donne au moment où le championnat tire à sa fin. Dans le camp du CAB, on lit beaucoup de regrets sur les visages.
Les huit points perdus à domicile semblent peser dans la balance. Les uns incombent la faute aux entraîneurs qui n’ont pas su gérer des matchs faciles. Quant aux autres, c’est tout simplement dû à de la traîtrise. Ramdhane, par exemple, dira que «la faute incombe aux dirigeants restés mous avec l’adversaire à Batna d’où la perte des ses points qui auraient permis au CAB d’être déjà en nationale une».
Laâmri, quant à lui, charge la Ligue nationale qu’il accuse d’être responsable du gâchis pour ne pas dire de l’anarchie que connaît notre football. Il ne s’explique pas, notamment, comment son équipe est restée au parking d’El Harrach deux heures, pour être passée à tabac dans un stade où au niveau de la main courante, il y avait plus de cinq cents personnes.
«Dans des vestiaires engorgés d’eaux usées, le délégué du match pourtant pointilleux quant au respect de l’horaire, n’a rien vu du massacre en règle des joueurs puisque son rapport signale «RAS». Pis, l’arbitre n’a pas cessé de demander aux joueurs du CAB de ne pas s’attendre à une autre issue que la défaite au risque de ne pas s’en sortir sains et saufs. Les dirigeants d’El Harrach qui avaient annoncé l’enfer via la presse sont, de leur côté, fiers de leur victoire et comptent toujours utiliser la violence pour accéder», rapporte-t-il.
Les fans du CAB ne désespèrent pas, bien entendu, de coiffer au poteau les Harrachis et décrocher le fameux sésame car ils croient à la justice divine et la force de leur équipe. Pour les fans du MSPB, point de doute : «les Blanc et Noir sont déjà en nationale malgré le fait que beaucoup a été dit et écrit pour stopper notre élan», affirme Abdelhamid et de poursuivre : «Nous sommes restés sereins.
Pour preuve, notre stade n’a pas été sanctionné car on savait qu’au moindre petit événement, la Ligue nous aurait réservé un châtiment exemplaire.» La rencontre face aux voisins de Biskra, ce vendredi, alimente le quotidien des Mouloudéens. Pour Doudou : «Au complet, notre équipe est un rouleau compresseur que rien ni personne ne peut arrêter», il demande au groupe d’effectuer cet ultime déplacement pour fêter l’accession, avant même le match de la dernière journée face au MOC.
«La fête à Batna sera grande et entière pour nous», dit Hocine, «car le CAB est aussi notre équipe. Ce qui lui est arrivé à El Harrach nous a ouvert les yeux. Dans les deux camps, on s’accorde aujourd’hui à dire que le mal du football vient de ses gestionnaires (Ligue nationale et FAF ) qui ne sont pas à la hauteur de leur mission. Il faut qu’ils partent car déjà ils essaient de se trouver une issue avec le championnat à blanc», conclut un ancien président du MSPB.
Houadef Mohamed
EL-EULMA: La fièvre s'installe
C'est toute une ville qui s'apprête à célébrer «la fête du sacre». L’accession en DI. Le MCEE sera peut-être à l’honneur ce vendredi 23 mai.
A quelques jours du dernier et décisif match de la super division, la fièvre s’est installée dans la ville d’El-Eulma (ex-Saint- Arnaud), où l’excitation est palpable et les attentes de plus en plus élevées.
Les drapeaux commencent à flotter sur les capots, les toits et les vitres des véhicules et des autobus, les visiteurs n’ayant plus besoin de poser des questions sur les raisons de toute cette euphorie qui vaut aux principales artères de la ville d’être décorées aux couleurs d’El Babya (le MCEE), l’équipe de football locale. Et pour cause, El Babya est sur la voie de composter son billet pour la division I et de faire partie de l’élite pour la première fois de son histoire.
El-Eulma ou Saint-Arnaud
El-Eulma, anciennement Saint- Arnaud (nommée ainsi d’après Armand Jacques-Leroy de Saint- Arnaud de 1862 jusqu’à l’indépendance), est la deuxième grande agglomération de la wilaya de Sétif par sa superficie et le nombre d’habitants.
Située dans les Hauts-Plateaux sétifiens, sur la RN5, la ville se trouve à 26 km du centre de Sétif. Elle représente le second pôle économique de la wilaya. Jadis, la région d’El-Eulma était essentiellement agricole (blé, ovins, bovins, etc). Elle est connue dans les milieux agricoles par l’excellente qualité de son blé (guemh el-belyouni) et par le plus grand et important souk de bétail du pays.
Aujourd’hui, la ville, en gardant toutefois son cachet agricole, se tourne vers des activités des secteurs secondaires et tertiaires. De par son activité commerciale florescente, El-Eulma est devenue incontournable, son marché de «Dubaï» a acquis une grande réputation à l’intérieur et à l’extérieur de la localité.
Le match décisif
Le MCEE, leader du championnat de division II, depuis seulement la dernière journée, est sur le point d’offrir à ses fidèles supporters le plus beau cadeau souhaité, celui de la consécration de champion et l’accession en division une.
En effet, les poulains du coach Toufik Rouabah se déplaceront, lors de cette ultime journée, à Sétif pour y affronter l’équipe locale de l’USMS dans un match derby décisif pour le Babya car les trois points de la victoire vaudront leur pesant d’or dans le décompte final. En somme, cette chaude empoignade drainera sûrement la grande foule et les fidèles supporters se déplaceront en masse à Sétif pour encourager leur équipe à engranger les trois points de la victoire, synonymes d’accession.
Les supporters préparent la fête
Et c’est pour cela qu’un mouvement inhabituel règne ces derniers jours au niveau des artères et différents quartiers de la ville d’El-Eulma, créé par les supporters des Rouge et Vert. La galerie prépare la grande fête et les fidèles sont en train de confectionner des banderoles, des fanions et autres pour ce grand rendez-vous. Une chose est sûre : ce vendredi, l’ambiance sera électrique et au top ; les fidèles supporters doivent venir en masse pour encourager leur équipe et assister à la grande fiesta.
C'est dans une situation plus que favorable que le MCEE va se présenter vendredi prochain au stade du 8-Mai 1945. Pour peutêtre officialiser la montée en division I. Un rêve que Babya caresse déjà du bout des doigts. Ce doux rêve de division I, hier utopie totale, est aujourd'hui réalité. Car jeudi dernier, grâce à son succès à domicile face au leader le RCK (2-0), le MCEE a consolidé définitivement sa place sur le podium.
La tension monte à El-Eulma
La ville d’El-Eulma connaît une effervescence particulière depuis le début de cette semaine. Jamais cette dernière rencontre face à l’USM Sétif n’a suscité un tel engouement. Il faut aussi souligner que c’est pour la seconde fois en l’espace d’une année que le Babya est tout prêt pour une consécration historique. Pour cet événement de taille, attendu ce vendredi par des milliers de supporters, les fans ne jurent que par la victoire du Mouloudia pour qu’il accède en nationale I.
Déjà toutes les avenues et les citées ont arboré le drapeau du MCEE en guise de salut et de fête pour le dernier acte de ce championnat. Les préparatifs vont bon train, et déjà les moyens de transport sont mis en place pour le déplacement des mordus de l’équipe vers Sétif. Les spéculations prennent le dessus du quotidien et chacun y va de son pronostic sur le résultat qui est déterminant pour une place au soleil.
Les responsables du club ont mobilisé pour l’équipe les moyens afin de mettre le groupe dans des conditions idéales. Les séances d’entraînement se déroulent dans une ambiance familiale où le coach Rouabah axe sa priorité sur le volet psychologique qui est indispensable à la maîtrise de cette rencontre. Les coéquipiers de Fellahi, qui ont reçu le message, œuvrent sans relâche sur la pelouse naturelle du stade pour les dernières retouches de ce match décisif.
Ce week-end, tous les regards seront braqués vers la ville de Aïn El Fouara et les 90 minutes de jeu retiendront le souffle des mordus de la balle ronde du Babya. Déjà depuis plusieurs jours, le club des supporters essaie de mobiliser les énergies. Plusieurs initiatives ont été prises. Elles vont se multiplier la semaine prochaine.
Le club, lui aussi essaie de surfer sur le succès pour reconquérir son public et trouver de nouveaux partenaires. Des maillots aux couleurs de l'équipe sont en vente dans plusieurs magasins de la ville. Des soirées nocturnes sont organisées chaque nuit dans les quartiers. A cet effet, les jeunes se sont lancés un véritable défi, celui d’organiser la plus belle fête en l’honneur du Babya.
Le grand frisson
Le grand frisson, ce sera vraisemblablement pour vendredi, où l’équipe locale doit impérativement gagner la rencontre. Les Rouge et Vert sont tout près de la Division I. Jeudi dernier, ils étaient plus de 25 000 à prendre d’assaut les travées du stade Messaâd Zeggar pour porter le MCEE vers la victoire face à Kouba. En vain. «Ce n'est que partie remise. On est prêt à fêter l’accession vendredi à l'issue du match contre l’USMS», sourit Saïd, un supporter.
Une éternité que le MCEE attendait cette opportunité. Quasiment plus d’un demi-siècle que Saint-Arnaud n'a pas goûté au doux parfum de la division I. Un parfum enivrant qui est arrivé jusqu'aux narines des 25 000 spectateurs du stade Zeggar. Il a même envahi toute la ville, plongeant El- Eulma dans une liesse indescriptible. La saison prochaine, Babya fera peut-être son entrée parmi l'élite et pourra enfin défier les glorieux voisins, l’ESS et le CABBA.
Rouabah refait le coup
L'homme par qui la lumière est venue. Un homme capable de miracle. En 2007, il était, avec Rabah Saâdane, l’instigateur du succès de l’Entente en championnat et en Coupe arabe. Un an plus tard, Toufik Rouabah a remis le couvert. «Je n'ai jamais éprouvé une telle joie. Ni dans ma carrière de joueur ni dans celle d'entraîneur.
C'est indescriptible... Une montée en division I, c'est l'une des plus belles choses qui peut arriver. Alors quand c'est la seconde fois que je réussis dans ma carrière d’entraîneur... Je ressens beaucoup trop de sentiments pour vraiment exprimer cela. Je suis encore «dedans» et j'ai du mal à atterrir ».
La clé de la réussite ? Une bonne dose de force collective saupoudrée d'un zest de rigueur et de sérieux avec tout de même un groupe remanié au trois quart en début de saison.
Marché Dubaï, le pourvoyeur de fonds
Devenu en l’espace de quelques années, un véritable pôle régional et même national du commerce, le fameux souk Dubaï d’El-Eulma n’en finit pas de grandir et de s’amplifier. Il est officiellement quasi impossible de quantifier ou de comptabiliser les colossales sommes d’argent qui circulent et s’échangent dans ce giron du commerce des plus informels.
D’officieuses approches et analyses estiment le flot monétaire qui transite par ce lieu à plus de 30 000 milliards de centimes par an, dont plus de 70% échappent au contrôle de l’Etat. L’origine de ce souk remonte à l’époque où des groupes de trabendistes avaient élu zone de négoce et de commercialisation des marchandises acheminées depuis les Emirats arabes unis, Dubaï en tête, à El-Eulma.
Ils ont ainsi fait de cet espace un lieu de business, qui deviendra très vite un carrefour commercial de taille, dépassant l’entendement. Plus de 10 000 visiteurs quotidiennement, entre nationaux et étrangers, viennent s’approvisionner et faire du négoce à «Dubaï».
Comment cette petite ville d’El- Eulma, jadis appelée ville des 40 foyers, et dont la superficie ne dépasse pas les 974 km2, qui n’est ni côtière et encore moins touristique, entourée de communes déshéritées, a-t-elle pu captiver l’intérêt et l’engouement de ces milliers d’importateurs occasionnels, issus de diverses couches sociales et se hisser au rang de ville du commerce international ? Sa situation stratégique, qui en fait un lieu de passage obligatoire entre l’est et l’ouest du pays, et sa proximité du marché de Tadjenanet, autre haut lieu de commerce informel, sont les facteurs prépondérants qui ont incité les barons du business parallèle à créer un pôle commercial, faisant concurrence au lobby connu de Tadjenanet.
Donc il n'y aura pas que le MCEE à monter en division I. C'est tout El-Eulma qui profitera de ce nouvel élan donné par le onze eulmi. Enthousiasmée par cette performance footballistique, la communauté économique eulmie a immédiatement décrypté les retombées de l'événement. Les commerçants du fameux marché «Dubaï», l’un des plus importants pourvoyeurs de fonds du Babya, jubilent et espèrent que l’accession du MCEE va doper le business et que plusieurs activités supplémentaires vont se développer à El-Eulma.
Ces derniers n’ont jamais lésiné sur les moyens pour aider financièrement leur club. Selon certaines indiscrétions, le MCEE aurait bénéficié de plusieurs millions de dinars de la part des commerçants de ce marché. «Cet exploit sportif est excellent pour la ville. La réussite d’une ville devient un outil de communication et tout succès sportif suscite l’intérêt des entreprises», a tenu à affirmer un des commerçants du marché Dubaï.
«Nous ferons tout pour que Babya accède. Nous n’avons jamais cessé d’aider notre club financièrement et matériellement », déclare un commerçant de ce marché. En réponse à l’une de nos questions concernant l’arrangement des rencontres, certains commerçants affichent clairement leur position. «Où est le mal ? Tout le monde vend et achète des matchs, pourquoi pas le MCEE ? C’est devenu une mode chez nous.
Comme ce qu’a fait un président d’un club de l’est évoluant en division I, qui a préféré débourser 4 milliards de centimes pour que son équipe ne rétrograde pas au lieu de débourser 15 milliards l’année prochaine et que son équipe n’accède pas. C’est la loi de la jungle dans notre football», ont-ils déclaré. Tous derrière El Babya. C’est le slogan de toute une ville. «Accéder en division I et battre l’entente de Sétif est notre vœux le plus cher», conclut un fervent supporter du MCEE.
Imed Sellami





