Cinq ans apres le seisme Que reste-t-il à faire à Boumerdès ?
Arrêté début mai 2008 par la wilaya de Boumerdès, le bilan de prise en charge des effets du séisme, d’il y a cinq ans, se décline, en gros, comme suit : 85 738 logements ont été réhabilités soit un taux de 100%.
Et sur plus de 10 000 familles sinistrées, dont les bâtisses se sont effondrées, lors du séisme, 9 954 ont été pratiquement relogées dans des bâtiments en dur. Un taux de 94,20%, a-t-on précisé. Il est bon de signaler que parmi les familles bénéficiaires , 180 sont en train d’être relogées par phases successives, actuellement, dans la circonscription de Bordj-Ménaïel.
Les pouvoirs publics mettent en avant encore ces aides à la reconstruction individuelle dont le nombre est de 2 430 et qui s’ajoutent à celles collectives au nombre de 797. Concrètement, le projet de construction de 8 000 logements pour les rescapés du cataclysme est presque achevé, puisque 6 103 unités immobilières ont été réceptionnées, alors que 1 897 sont en cours de réalisation. Mais dans certains sites de chalets, comme ceux du Figuier II, Tidjelabine ou Haï El-Louz à Thénia, de nombreuses familles attendent impatiemment d’être prises en charge.
«Aucune échéance n’a été encore fixée pour notre relogement», s’inquiètent quelques familles sinistrées au site Hai El-Louz. La vie dans ces cabines en formica de 36m2 est insupportable, particulièrement pour les familles nombreuses. En hiver, l’atmosphère est intenable à cause de l’humidité et en été aussi l’enfer, puisque l’espace habitable est exiguë. Ces baraquements, conçus comme habitation provisoire, se dégradent.
On ne peut y installer que quelques (petits) meubles ou ustensiles de cuisine. «Le strict nécessaire», a-t-on relevé. Et on a beau déployé des efforts pour embellir le site, celui-ci reste un ghetto qui risque de prendre à la longue la forme d’un bidonville. Plus de 40 familles sinistrées à Tidjelabine ignorent pour combien de temps elles resteront encore parquées dans leur centre de transit.
On s’est entendu, explique un père de famille concerné, pour reconstruire notre propre immeuble à la cité des 210 Logements du village précité au lieu d’habiter ailleurs. Mais une fois engagée, l’entreprise concernée a vite arrêté les travaux pour manque de financement. «Pourquoi bloque-t-on le projet?», se demande-t-on.
Les commerçants s’inquiètent, eux aussi, du retard des indemnisations promises par les pouvoirs publics.
A.K.





