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Recensement général, Entre amateurisme et fausses données

Recensement général Entre amateurisme et fausses données

De peur de voir certaines données (honteuses) apparaître au grand jour, il a simplement été décidé, apprend-on, de «revoir» certaines données, de «recourir» à des euphémismes, de «fermer» les yeux sur certains phénomènes et même «inventer» des chiffres et des noms.

07 Mai 2008,   Le Courrier d'Algérie
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Décidément, le recensement général, mené tambour battant sous la houlette du ministère de l’Intérieur, risque de finir en «eau de boudin». Des agents préposés à cette opération, qui ont tenu à nous en faire la révélation, racontent en effet que «les choses ne se passent pas du tout comme il était attendu».

Nos sources en veulent pour exemple, ou pour preuve, le fait que « les agents aient recensé une vingtaine de bidonvilles au niveau d’un petit quartier d’Alger». Mais, sachant que les autorités ont définitivement décidé qu’aucun bidonville ne devait plus jamais exister au niveau de la capitale, « il a simplement été décidé de remplacer cette expression par… maison traditionnelle».

Dans la foulée, puisque le problème du logement demeure la principale épine qui continue de handicaper la progression du gouvernement, le nombre impressionnant de logements inoccupés, situés dans de nombreux quartiers de la capitale, a simplement été «zappé».

Il a simplement été décidé de souligner, à chaque fois qu’une porte close est découverte, de noter que « les locataires ont refusé de collaborer ». Il est à signaler que le tout dernier recensement, datant de près d’une dizaine d’années, avait mis en avant l’existence de pas moins de 1 100 000 logements inoccupés, alors que la demande n’était, à cette époque, que de 1 000 000 de logements.

Il eut été tellement plus simple de juguler la crise du logement en encourageant la location, en instaurant une taxe conséquente sur les résidences secondaires, et en octroyant des « primes conséquentes » aux locataires au lieu de dépenser des sommes faramineuses dans la construction de nouveaux logements qui vont, eux aussi, « enrichir » les mêmes personnes.

Cette procédure, si elle avait été suivie, aurait eu pour conséquence de casser les prix de la location puisque l’offre aurait dépassé la demande. Mais il semble que certains de ceux qui s’occupent de ces questions aient intérêt à ne pas encourager tout cela. Et aujourd’hui, on cherche à aller vers des statistiques qui réduiraient de manière drastique le nombre de logements inoccupés.

Un des responsables, chargés de superviser le travail en effet, aurait été horrifié en voyant le nombre de logements vides rapportés, avant de se raviser, ramenant des instructions venues d’en haut, et de décider que «les occupants de ces demeures avaient simplement refusé de collaborer». De nombreux agents, nous indiquent nos sources, indignées, ont décidé de commencer à « naviguer au pifomètre».

Pour incroyable que cela puisse paraître, « il a été décidé d’attribuer des enfants, et même de les nommer, en fonction de l’âge et de la physionomie de la personne interrogée, ce qui permet quand même de gagner un temps appréciable, quoique cela se fasse au détriment de la vérité ». Nous y reviendrons avec plus de détails dans de prochaines éditions…

Wassim Benrabah