Une commission sera installée et consultera les partis politiques Le chantier de la révision constitutionnelle est lancé
Une commission nationale chargée de la révision de la constitution sera installée dans les prochains jours, et cette structure sera coprésidée par l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui, et l’ancien président du Conseil constitutionnel, Saïd Bouchaïr.
Ces deux personnalités sont connues pour être, toutes les deux, des juristes de renommée mondiale, Ahmed Bedjaoui ayant même occupé le poste de président de la Cour internationale de justice (CIJ). Ladite commission aura pour tâche de «centraliser» et de «canaliser» toutes les propositions inhérentes à la révision de la constitution, selon une source sûre qui a «confirmé» cette information reprise hier par certains titres.
Il est ajouté que dès l’installation de cette commission, «des rencontres seront organisées avec les principaux partis politiques afin d’arriver à un compromis le plus large possible». Ainsi, l’information qui a circulé et faisant état de la disponibilité d’une mouture de l’avant-projet est aujourd’hui battue en brèche. Mieux encore, tous les partis politiques seront associés à l’élaboration du nouveau texte.
Notre source dira: «Aucune mouture ni aucun projet de texte n’est en notre possession. Nous allons commencer à travailler pratiquement de zéro. Toutes les propositions seront répertoriées et transmises en fin de compte au président de la République qui tranchera définitivement».
Notre source a tenu à ajouter que «le travail qui sera réalisé» par cette commission dont les membres seront connus incessamment sera considéré comme étant «la première et la dernière mouture officielle de l’avant-projet de révision de la constitution». «Elle sera l’émanation de la classe politique et non de la présidence de la République, même si le président peut apporter quelques légères modifications.»
Les enjeux les plus saillants de cette révision, dont les grandes lignes sont à présent connues (même si le président peut encore infléchir le projet qui n’est donc pas le texte définitif), sont, outre l’instauration de la possibilité d’un nombre de mandats désormais illimité pour le président, la création d’un poste de vice-président, qui pourrait revenir en cas de vacance du pouvoir présidentiel à son second ou à tout le moins à quelqu’un nommé par le chef de l’État.
Si la perspective d’un nombre de mandats illimité reste une révision importante, la question de l’instauration d’une vice-présidence l’est plus encore depuis l’épisode de la maladie du président.
Ainsi, Abdelaziz Bouteflika, devrait, s’il désire postuler pour un troisième mandat, impérativement changer l’article 74 de la constitution qui limite pour l’instant le mandat à deux. Hormis les responsables des partis formant l’Alliance présidentielle, le FLN et le RND, qui devraient soutenir automatiquement Abdelaziz Bouteflika, le reste des leaders politiques sont théoriquement aptes à se présenter à cette élection présidentielle.
Il s’agit en premier lieu de Louisa Hanoune du PT, de Moussa Touati du FNA, de Saïd Sadi du RCD, d’un candidat du MSP si ce dernier décide de voler de ses propres ailes, de l’incontournable Ali Fawzi Rebaine de AHD 54, de Mohamed Boulahia d’El-Islah et de quelques candidats indépendants qui ne manqueront pas de faire valoir leur ambition à l’image de Abdallah Djaballah, Sid Ahmed Ghozali ou encore l’ancien chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche. Des surprises de dernière minute ne sont pas à exclure.
Pour Louisa Hanoune et Moussa Touati, tous les deux revigorés par leurs bons résultats respectifs lors des deux dernières élections (législatives et communales) ambitionnent désormais de jouer dans la cour des grands en tablant sur une popularité grandissante. Quant à Saïd Sadi, et en l’absence du FFS, celui-ci n’a jamais caché son ambition de porter haut l’étendard de la mouvance démocrate à ces joutes présidentielles.
En tout, une dizaine de candidats probables partiront à la conquête d’El-Mouradia, soit pour succéder à Abdelaziz Bouteflika, soit pour le concurrencer à la tête de la magistrature suprême. L’actuel président laisse encore planer le doute quant à ses réelles intentions. Deux interviews données à deux médias étrangers n’ont pas encore levé le voile sur ses intentions réelles.
Que ce soit à l’agence italienne Ansa ou à Reuter l’agence britannique, le président Bouteflika n’a soufflé mot au sujet de son désir de briguer un troisième mandat consécutif. Il est vrai aussi que le président Bouteflika est connu pour être très respectueux des formes et il serait malaisé qu’il annonce à un média étranger une décision pareille qui engage l’avenir immédiat de l’Algérie.
Ceux qui l’attendaient à ce qu’il dévoile ses ambitions à un média étranger ont eu pour leurs frais. Pour sa part, Mouloud Hamrouche, qui rêve de devenir un jour président, n’en démord pas et tente énergiquement de rebondir à chaque occasion. Cette fois-ci, il aura l’avantage de s’appuyer sur le duo Aït Ahmed-Mehri, auteurs avec Hamrouche en septembre dernier d’une déclaration appelant à la démocratisation du régime politique algérien.
« Cette initiative n’exclut pas des objectifs intermédiaires à atteindre et le plus proche en est assurément l’élection présidentielle de 2009 « avait affirmé l’un des promoteurs de cette initiative.
La mouvance islamique, quant à elle, sortie complètement laminée lors des dernières élections législatives et communales, envisage de soutenir un seul et unique candidat. Les rencontres précédentes de cette famille politique avaient sonné le tocsin et tous avaient admis en aparté que la meilleure solution pour cette famille politique était de partir en rangs serrés à la présidentielle de 2009.
Saïd Farhi





