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Son action ne fait pas l'unanimité, Le CDD de Belkhadem sur le point d'être dénoncé

Son action ne fait pas l'unanimité Le CDD de Belkhadem sur le point d'être dénoncé

Deux ans après sa désignation à la tête de l'Exécutif, Abdelaziz Belkhadem, que l'on dit proche du président Bouteflika, bien que n'appartenant pas au cercle des «intimes» que seraient Temmar, Khelil, Medelci… ne semble pas, en dépit d'une conjoncture financière très favorable, être parvenu à relancer la machine économique, encore moins à convaincre ses partenaires sociaux, exception faite de la Centrale syndicale UGTA, « allié » traditionnel du pouvoir, ni la population, même si celle-ci lui accorde quelques circonstances atténuantes, du fait que certaines « grosses pointures » de l'Exécutif échapperaient à sa tutelle ou que la mission d'arbitrage ne rentrerait pas dans sa sphère de compétences.

03 Mai 2008,   Le Courrier d'Algérie
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Rarement un chef de gouvernement n'aura été absent du terrain de réalisation des projets en rapport avec le développement local, de leur suivi ou encore de l'évaluation de leur état d'avancement pour se consacrer, essentiellement, à la conduite des dossiers politiques, voire institutionnels, notamment le projet d'amendement de la Constitution et la campagne de sollicitation du président Bouteflika à briguer un troisième mandat, même si, par moments, Belkhadem a eu à s'impliquer personnellement, au moins devant le Parlement, pour défendre l'application du programme d'action de son équipe, largement inspiré du programme du chef de l'Etat.

 D'autre part, donné, à plusieurs reprises, partant, le gouvernement Belkhadem qui donne l'impression, même si le président Bouteflika s'en accommode pour ne pas l'accabler, manque parfois d'inspiration, souvent de cohésion, voire de «solidarité », aura vu nombre de contentieux opposer ouvertement ses membres, ce qui dénote, pour certains analystes, de l'absence » d'un véritable chef d'orchestre, disposant de moyens de dissuasion et surtout de marge de manoeuvre pour remettre de l'ordre au sein de l'Exécutif.

D'ailleurs, depuis plusieurs semaines, des milieux politiques auraient relevé, notent-ils, quelques comportements, certes isolés, de membres du gouvernement, y compris de ministres flnistes ( ?) qui gèreraient leurs départements et certaines crises sociales sans en référer à Belkhadem, comme s'ils auraient eu vent d'une décision du président Bouteflika qui serait sur le point de procéder à un remaniement du gouvernement que des observateurs disent imminent.

En effet, à regarder de plus près ce qui se passe ces derniers jours sur la scène nationale, particulièrement sur le front social, que ce soit les débrayages récurrents de nombreux syndicats autonomes, à l'image des enseignants de l'éducation nationale ou encore les professionnels de la santé ainsi que les manifestations de mécontentement qui s'expriment dans certaines villes du pays et l'absence de «répondant» du chef du gouvernement, plus encore son silence sur ces questions, on peut se poser des questions sur la mission qui lui a été assignée tout autant que la feuille de route qu' «on» lui a tracée et si, surtout, celles-ci ne seraient pas arrivées à leur terme…

La rumeur, outre son aspect tenace, tout comme la fumée qui trahit un incendie, évoque déjà, avec insistance, les noms des potentiels successeurs à Belkhadem, dont Medelci, Sellal voire le retour, énième du genre, du leader du RND, Ahmed Ouyahia que l'on dit « agacé » par la liberté de ton de certains de ses proches quant à la « réhabilitation » de ses rapports avec le chef de l'Etat qui ne manque pas, ces dernières semaines, de l'investir de missions délicates auprès d'institutions internationales, la dernière l'ayant mené à l'ONU où il a pris part, en qualité de représentant personnel du président Bouteflika, à un débat au sein du Conseil de sécurité.

Mais, pour d'autres analystes, cette possibilité est à écarter du fait qu'Ouyahia, si la Constitution venait à voir certaines de ses dispositions amendées, se verrait certainement désigner au poste de vice-président, façon bien adroite de le garder en réserve de la République tout en lui ouvrant les perspectives d'un destin national auquel il n'a cessé de se préparer, même d'autant que, par stratégie, il n'a pas lésiné sur «l'éloquence du verbe» pour jouer à fond la carte de la loyauté, en se faisant, parfois, violence face à certaines « tentatives de déstabilisation », apportant, à chaque fois qu'il est sollicité, son soutien aux actions décidées par le Pouvoir, depuis, au moins, près de 14 ans.

K. Naceur