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Terrorisme, Révélations sur les liens GSPC-GICM

Terrorisme Révélations sur les liens GSPC-GICM

Une enquête menée au Maroc et en Belgique sur un réseau terroriste islamiste dirigé par un certain Abdelkader Belliraj, arrêté en février dernier, indique, selon le quotidien Le Monde, l’établissement de liens étroits entre le GSPC et le GICM.

03 Mai 2008,   La voix de l'Oranie
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Appréhendé au Maroc en même temps qu’une trentaine de suspects, le chef du groupe aurait été actif pendant plus de 16 ans et aurait bénéficié en Belgique de l’aide d’une vingtaine de personnes.

Fondé en 1992 au Maroc, le groupe Belliraj aurait tenté de s’abriter derrière la façade légale de partis islamistes. Le groupe se livrait à des trafics d’armes et se serait aussi financé en organisant d’importants hold-up, à Luxembourg en 2000 et Bruxelles en 2005, exactement comme le fait le GSPC en Algérie. Cet argent aurait été en partie blanchi dans des activités immobilières au Maroc.

Présenté comme un islamiste convaincu depuis son adolescence et un activiste à partir des années 1990, Abdelkader Belliraj était, semble-t-il, en contact avec le GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), devenu une branche d’Al-Qaïda, et le Groupe islamique combattant marocain (GICM).

Selon le ministre de l’Intérieur belge, des contacts auraient aussi été établis entre son groupe et le Hezbollah, en 2002, en vue d’un entraînement de ses hommes au Liban. Ils auraient finalement été formés dans des camps afghans.

Les preuves de ces affirmations n’ont toutefois pas été fournies jusqu’à présent. Promu chef militaire de son réseau clandestin, au début des années 2000, il a voyagé en Iran, en Arabie saoudite et en Algérie.

Il paraît démontrer également qu’il a rencontré Ayman Al-Zawahiri, numéro deux d’Al-Qaïda, en Afghanistan. Mais, depuis la moitié des années 2000, il semble que ce groupe de premier plan en Europe a cessé sa collaboration avec le GSPC, pour se concentrer sur les filières djihadistes vers l’Afghanistan et l’Irak.

Selon des sources concordantes, l’on croit savoir que l’alliance tactique entre le GSPC et le GICM aurait été rompue depuis les coups successifs portés à leurs filières de recrutement de djihadistes pour l’Irak, et ce, dès 2004.

Le groupe terroriste marocain tente, depuis, de se replacer en Europe dans une course au leadership régional pour obtenir le soutien prioritaire d’Al-Qaïda. Ainsi, l’alerte donnée aux services de sécurité européens depuis la menace de Zawahiri, le n°2 d’Al-Qaïda, diffusée par enregistrement vidéo, a mis ces derniers sur la piste de tous les milieux islamistes susceptibles de présenter une «menace potentielle».

La masse d’interpellations, toujours pas efficaces ou ciblées, a tout de même donné lieu à une série d’arrestations et l’accès à des renseignements modifiant la cartographie terroriste en Europe.

La principale menace, cette fois, vient du GICM (Groupe islamiste combattant marocain) et pas autant du GSPC comme on aurait tendance à le croire. Pour des analystes, c’est ce qui explique l’attaque des terroristes algériens contre des intérêts étrangers (français, américains, russes...), avec l’espoir d’obtenir le rôle de meneur régional des différentes organisations armées, rien de mieux pour se renforcer après son reflux manifeste sur son propre terrain en Algérie.

Cela, en tenant compte du fait que les services antiterroristes savent de longue date que Zawahiri a mis en place des réseaux en Europe, et notamment en France entre 1995 et 1998. Ils savent aussi que l’Egyptien a beaucoup recruté au sein de la mouvance djihadiste maghrébine liée au GIA puis au GSPC, au GICM et au Front islamiste tunisien (FIT).

Dans les années 1990, les réseaux djihadistes algériens (notamment le GIA puis des GIA atomisés) ont été très actifs à la fois en Algérie, puis en Europe, en particulier en France qui abrite une vaste diaspora algérienne. La crise sécuritaire tend désormais à s’estomper peu à peu, même si le GSPC est encore présent en Algérie, qu’il tente de s’implanter en Afrique subsaharienne et qu’il émet de temps à autre des menaces envers la France.

Amine B.