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Annaba, Disparition d'une deuxième kalachnikov

Annaba Disparition d'une deuxième kalachnikov

Depuis le début de l’année 2008, deux kalachnikovs et un pistolet automatique Beretta ont disparu dans la wilaya d’Annaba.

30 Avril 2008,   Le Soir d'Algérie
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La première kalachnikov, disparue après avoir été «oubliée» par un policier dans une gargote d’une cité populaire, est restée à ce jour introuvable. La disparition de la seconde est très troublante. Elle vient d’être ébruitée ces dernières quarante- huit heures. Soit deux mois après que l’enquête eut été révélée par les services de la Sûreté de wilaya.

Selon des indiscrétions, le nombre des armes «égarées » dans la wilaya d’Annaba pourrait être revu à la hausse aussitôt bouclée l’opération de récupération des armes confiées, il y a plusieurs années, aux entreprises dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Troublante au regard des conditions qui ont permis à ou aux auteurs de subtiliser ce type de pistolet-mitrailleur des locaux d’une des deux directions d’unités à Elisa de l’entreprise Seybouse Moulins d’Hippone du groupe Eriad Annaba. Sont cités dans cette affaire, 8 agents de sécurité en charge des 6 kalachnikovs dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions et le président-directeur général de l’entreprise.

En fait, la question à laquelle les responsables des services de sécurité doivent rapidement trouver une réponse est à la fois concrète et urgente : «A quel objectif ces disparitions d’armes et de munitions répondent-elles ?» Si le Beretta, toujours introuvable, a été utilisé par quatre hommes encagoulés pour délester des familles de leurs biens à la cité du 1er-Mai, sur la route de Skikda, rien ne transparaît en ce qui concerne les 2 kalachnikovs. Selon les premiers éléments de l’enquête, la première kalachnikov est à ce jour introuvable malgré les gros moyens de recherche engagés.

La volatilisation de l’autre arme a été constatée au moment de la récupération des armes par les éléments des services de sécurité. C’est ainsi que sur les 6 kalachnikovs remises à l’entreprise, 5 seulement avaient été restituées. L’on a beau chercher la 6e, interroger et menacer les 8 agents de sécurité, le premier responsable de l’entreprise et les travailleurs, rien n’y fit.

Nul, y compris le directeur général occupant avec sa famille le logement de fonction à l’Elisa d’où l’arme a disparu, ne pouvait donner une quelconque réponse. Présentés comme le deus ex machina dans cette affaire, les deux anciens gardiens partis à la retraite ont été convoqués et interrogés. Ils n’en diront pas plus que les dénégations exprimées par leurs 6 autres anciens collègues. «Nous ne savons rien de cette disparition de kalachnikovs.

A notre départ, toutes les armes étaient entreposées au niveau de la direction de la colonne d’Elisa», auraient-ils inlassablement répété aux enquêteurs. Dans le milieu des 160 travailleurs encore en poste aux Moulins d’Hippone d’Annaba, le temps est aux propos hypertrophiques.

On parle de la disparition du grand coffre de l’unité de l’Elisa dans lequel le fusil-mitrailleur était entreposé, d’importantes quantités d’orge produit par l’unité de l’avenue de l’ALN et d’une intense activité nocturne de chargement de semoule et de farine pour une destination inconnue.

«Effectivement, une arme a disparu sur les six remises il y a quelques années aux agents de sécurité chargés de la surveillance de nos unités, nous ne pouvons nous prononcer sur la marque.

Il se passe beaucoup de choses dans notre entreprise sans syndicat depuis des années», ont affirmé plusieurs travailleurs interrogés. En tout état de cause, cette nouvelle affaire de disparition d’une deuxième kalachnikov, une arme de guerre, est à l’origine de l’important dispositif de recherche et d’investigation mis en place par les services de sécurité.

Elle est également à l’origine de la hantise qui gagne le milieu des responsables locaux des institutions financières. Tous appréhendent leur utilisation dans des attaques de banques et autres recettes postales. Cette autre disparition d’une kalachnikov a été confirmée par un membre des services de sécurité qui a requis l’anonymat.

A. Djabali