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Privatisation : des experts en ont parlé hier au forum «El Moudjahid», «Touchez pas aux sociétés stratégiques !»

Privatisation : des experts en ont parlé hier au forum «El Moudjahid» «Touchez pas aux sociétés stratégiques !»

«Le processus de privatisation se déroule dans l'opacité la plus totale. Il manque grandement de la transparence. Il faut que le gouvernement précise sa politique de privatisation pour aller de l'avant.

10 Mars 2008,   Le Courrier d'Algérie
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La nécessité de marquer une pause pour voir plus clair se pose plus que jamais ». Ce sont des déclarations faites par Abdelmalek Serraï, expert financier, lors d'une conférence-débat tenue, hier, au Centre de presse d' «El Moudjahid».

« Il y a un problème de clarification de la privatisation, un manque terrible d'information sur le sujet », déplore Abdelmalek Serraï. «Nous sommes certes solidaires avec notre gouvernement, dit-il, mais pas à n'importe quel prix ». L'orateur n'a pas omis, par ailleurs d'évoquer certains points qui, à ses yeux, entravent le déroulement normal de la privatisation.

Il cite entre autres, les pratiques bureaucratiques ainsi que le problème du foncier. Plus loin, le conférencier estime que « le processus de privatisation est soumis à des pressions nationales et internationales ».

Aquelques différences près, le même constat est dressé par Reda Amrani, consultant économique et chef d'entreprise. Ce dernier n'est pas allé avec le dos de la cuillère pour mettre en relief « la mauvaise gouvernance des pouvoirs publics quant à la gestion de la privatisation ».

« Les objectifs sont ambigus et la concertation des experts est absente », regrette-t-il. Pour lui, il est temps de revenir à la politique de concertation pour mener à bon port la privatisation. L'économiste estime que « la privatisation ne doit pas s'appliquer à toutes les entreprises nationales ». Selon lui, « l'Etat doit garder la mainmise sur certaines sociétés stratégiques ».

Il s'est ainsi montré « navré » que des cimenteries aient été privatisées en dépit de leur bonne santé financière et leur productivité. Idem, pour « la marine marchande, une véritable chaîne de valeur ajoutée ». Et d'ajouter : « Il y a une guerre économique qui se profile à l'horizon. On doit faire preuve de vigilance.

L'intelligence économique se doit être de mise. L'Etat doit revoir sa copie sur le sujet. » De son côté, Bensaci, président du Conseil consultatif national de développement des PME, a tenu à préciser que « les grandes sociétés ne seront pas à vendre », que « l'Etat doit garder toujours une mainmise sur les sociétés stratégiques » et que « dans le cas extrême, il optera pour l'ouverture de leurs capitaux pour qu'elles soient au diapason des normes de gestion universelles des grande firmes internationales ».

Pour ce qui est des petites entreprises, Bensaci soutient qu'elles ont été toutes achetées par des nationaux ». Il a également mis l'accent sur « la nécessité de la concertation entre tous les acteurs économiques nationaux afin d'arriver à une stratégie industrielle plus fiable ».

Enfin, Mohamed Gharnaout, expert financier, a fait savoir que « la privatisation est devenue une nécessité pour notre pays ». Selon lui, « le secteur public en Algérie n'est plus rentable : il coûte à l'Etat 5 milliards de dollars par an, soit l'équivalent de 500.000 logements ».

Concernant les entreprises ayant été jusque-là privatisées, le conférencier note « quelque 113 entreprises en 2005, 116 en en 2006 et pas moins de 110 en 2007, «en somme, depuis l'entame du ce processus, 412 entreprises ont été privatisées».

A. H.