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Collecte des ordures ménagères, Que reste-t-il du plan d’urgence ?

Collecte des ordures ménagères Que reste-t-il du plan d’urgence ?

Annoncé en grande pompe en janvier 2009, le plan d’urgence concocté par la Division hygiène et d’assainissement (DHA) de la commune d’Oran semble, après une année et demie, avoir consommé son échec.

04 Mai 2010,   L'Echo d'Oran
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Le constat à travers la ville d’Oran est, en effet, révélateur. Hormis le forcing entrepris à l’occasion de la tenue du GNL.16 avec des équipes de collecte mobilisées H/24, notamment aux alentours du Centre de conventionnement, la situation n’a pas changé d’un iota. Et le moins que l’on puisse dire est que la deuxième ville du pays croule sous les ordures.

Pourtant, à la lecture du slogan du plan «Oran ville propre: le défi», le rêve était permis. Le plan en question contenait une série de mesures d’urgence pour atténuer, un tant soit peu, l’ampleur des problèmes d’insalubrité avec la participation plusieurs services concernés tels que la DSPRH et de l’environnement, les élus locaux, les délégués des secteurs urbains ainsi que les représentants d’associations et de comités de quartiers actifs de la ville d’Oran.

Dans son exposé, le premier responsable de la DHA avait mis l’accent sur le fait que la situation actuelle est le résultat d’accumulation de défaillances observées depuis plusieurs années. Et, selon le même responsable, le plan d’action en cours de mise en œuvre s’inscrit dans la durée, en ce sens que le déficit à combler est important mais pas impossible.

Avant la présentation des mesures en questions, M. Briksi avait fait, chiffres éloquents à l’appui, un état des lieux exhaustif, en relevant 78 points noirs, plus de 100.000 tonnes de déchets prélevées annuellement avec un pic atteignant les 300% de la moyenne mensuelle au mois d’août, 702 agents dont seulement 215 chargeurs, et uniquement 21 bennes-tasseuses.

L’intervenant a tenu exactement à faire une comparaison entre les besoins qui s’élèvent à près de 1.000 tonnes par jour en saison basse et le triple en haute saison par rapport aux capacités de collecte qui ne dépassent pas, au meilleur des cas, les 600 tonnes.

Le premier responsable a imputé ces défaillances à, outre l’insuffisance des moyens humains et matériels, la vétusté du parc roulant avec pas moins de 45% en panne, et ce entre autres pour des raisons de pneumatiques.
Une situation pour le moins burlesque pour la plus grande commune du pays.

Afin de juguler ce déficit, il a été préconisé des mesures s’articulant autour de l’éradication par les services municipaux de 72 points noirs et 8 autres par la wilaya de par l’importance des moyens matériels qu’elle (l’éradication) nécessite pour le prélèvement de plus de 5.000 tonnes de déchets.

Parallèlement, il a été question de borner tous les espaces libérés et amener les différents opérateurs en charge de plusieurs chantiers -comme c’est le cas à Akid Lotfi où des épaves d’engins sont abandonnées depuis des années- de faire de sorte à ce que leurs chantiers ne deviennent pas des décharges.

Sur le plan organisationnel, il était question d’adapter les horaires de collecte aux habitudes des riverains, et ce en deux tranches: la première entre 21 heures et 3 heures du matin et la seconde entre 5 heures et 7 heures.

Quant aux marchés et autres zones commerçantes, le prélèvement des déchets devait s’effectuer l’après-midi. Ceci étant, de 8 heures à 20 heures, il était strictement interdit aux riverains de faire sortir leurs ordures.

Concernant les balayeurs, ils devaient être équipés de charrettes à double bac et de sacs qu’ils déposeront, une fois remplis, et immédiatement prélevés par des camions affectés spécialement pour cette opération par les secteurs urbains.

Au plan des ressources humaines, il était question également de recourir à l’ANEM pour le recrutement de 200 chargeurs. De ce plan, seul le recrutement de balayeurs et de chargeurs a été concrétisé.Quant au reste, il est resté lettre morte et le statut de ville la plus sale d’Algérie colle encore à El-Bahia.

Ce ne sont point les quelques actions sporadiques qui, selon les citoyens, pourront débarrasser la ville de ces innombrables points noirs.

Il s’agit (il faut) de réfléchir à une autre méthode plus efficace et éviter tant d’efforts inutiles. Car, dans certains quartiers, il est impensable que des camions de la DHA passent deux fois: la première pour le ramassage des déchets ménagers déposés par les habitants et la seconde pour le prélèvement à l’aide de moyens rudimentaires d’autres déchets notamment solides. Pour plusieurs associations de quartiers, l’heure est venue de sévir, quitte à faire appel à la force publique.


Les comités de quartiers se disent prêts à mobiliser des brigades de jeunes qui interviendront pour dissuader tout réfractaire, notamment en matière de respect des horaires pour peu que les services communaux soient plus présents.
A long terme, il s’agit de relancer le projet de réorganisation du plan de collecte des ordures initié par la Direction de l’environnement. Un plan qui consiste notamment en l’élaboration d’un calendrier pour l’éradication des points noirs.


En somme, le projet «Oran, une ville propre: un défi», signifie également impliquer, par des faits, l’ensemble des associations et des comités de quartiers. Et, pourquoi pas, revenir à l’organisation des concours du meilleur quartier, de la meilleure rue entretenue et du plus beau balcon fleuri.

Hichem Badaoui