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Le prix de réalisation du m2 augmente de 40%, Les logements AADL coûteront plus cher

Le prix de réalisation du m2 augmente de 40% Les logements AADL coûteront plus cher

C’est un secret de Polichinelle, l’Agence algérienne d’amélioration et du développement du logement (AADL) bât de l’aile. La preuve? Les retards cycliques, devenus insupportables dans les livraisons des programmes inscrits depuis des années. Ainsi, et pour faire face aux récurrentes protestations des postulants, le gouvernement semble avoir trouvé la formule magique pour redorer le blason de l’agence.

22 Mars 2010,   La voix de l'Oranie
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Des sources, proches du dossier, révèlent que le Premier ministre a adressé récemment une instruction aux ministères de l’Habitat et des Finances portant sur le déplafonnement du prix au mètre carré (m2), facturé jusque-là à 28.000 dinars.

Ce dernier sera, désormais, porté à 40.000 dinars, à la grande satisfaction des entreprises de réalisation que les anciens prix ne permettaient pas de rentrer dans leurs «bons comptes».

En effet, avec le plafond immuable de 28.000 dinars le m2, imposé par les pouvoirs publics depuis 2001, ces entreprises, notamment les étrangères à l’image des Chinoises, des Turques et même des Egyptiennes, marquaient le pas dans la dynamique de réalisation estimant, à tort ou à raison, qu’elles ne gagnent pas au change.

Conséquence, de nombreux programmes AADL, lancés à grands renforts médiatiques, traînent en longueur au point où la formule location-vente, qui avait été un «succès story», a été totalement discréditée aux yeux de l’opinion.

La presse se fait, du reste, largement l’écho des retards et des protestations des souscripteurs qui commencent à perdre patience devant la léthargie des chantiers AADL. En imposant aux entreprises de réalisation un prix au mètre carré inadéquat, le gouvernement a provoqué, involontairement, la paralysie dans les chantiers.

Selon certaines sources, les cahiers de charges de l’AADL ont totalement inhibé les  entreprises de réalisation qui préfèrent aller voir ailleurs au lieu de s’engager dans des projets où elles ne gagnent pas grand-chose.

L’instruction de Ahmed Ouyahia vise ainsi à dégripper la machine de réalisation et, par-là même, requinquer l’image de marque de l’AADL, assimilée ces dernières années à des retards et aux promesses non tenues. Au-delà de l’aspect purement économique de la mesure d’Ouyahia, il est évident que le gouvernement a pris en ligne de compte la montée d’adrénaline, ces dernières semaines, des souscripteurs à la formule.

Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans qu’un sit-in ou un rassemblement ne soit tenu par des demandeurs désemparés, fatigués d’attendre sans que le logement promis ne pointe à l’horizon. Le gouvernement a donc préféré désamorcer la crise sociale pour éviter que l’épisode Diar Echems ne se reproduise.

Il faut souligner que cette mesure n’est pas tout à fait nouvelle puisqu’elle est déjà en vigueur dans d’autres formules comme le logement social, par exemple. Une chose est certaine, le déplafonnement du prix de réalisation au m2 va booster les chantiers AADL en souffrance dans de nombreuses villes du pays. Et comme on dit, quand le bâtiment va tout va…

Imane B.