Sawiris forcé à annuler sa visite en Algérie
La situation est tellement dramatique que le P-DG d’OTH, Naguib Sawiris, a été dans l’obligation de programmer une visite à Alger pour désamorcer la situation et éviter à Djezzy, sa filiale la plus lucrative de son groupe, une implosion.
Selon des sources sûres, M. Sawiris devait se rendre à Alger, avant-hier, pour essayer de trouver des solutions à sa filiale qui prend de l’eau de toutes parts.
Une visite qui devait durer trois jours, puisqu’il lui a été réservé, pour le même nombre de jours, une suite présidentielle à l’hôtel Sheraton d’Alger ainsi qu’un véhicule de marque Audi Q7 qui a été loué.
Toutefois, le voyage a été déprogrammé à la dernière minute. Selon nos sources, la raison avancée est que faute d’avoir formulé à temps une demande d’atterrissage de son jet d’affaires qui devait l’amener à Alger, son vol a été annulé.
Une hypothèse battue en brèche par des sources de Djezzy qui affirment que la visite a été annulée dans la mesure où M. Sawiris a su qu’il n’avait rien à espérer de son déplacement et que l’annulation de la demande d’atterrissage de son jet d’affaires n’était qu’un subterfuge pour ne pas laisser voir qu’il est en perte de vitesse.
Si c’était pour cette raison qu’il a annulé son voyage, pourquoi ne l’a-t-il pas programmé pour cette semaine ? Or, aucune information sur l’arrivée de M. Sawiris pour ces jours-ci n’a été signalée au niveau de Djezzy. D’ailleurs, avant-hier, le directeur général de Djezzy, Tamer El-Mahdi, s’est rendu en urgence en Egypte, à bord de la compagnie aérienne Egypt Air, pour s’entretenir avec Naguib Sawiris au sujet du devenir de Djezzy.
Toujours selon nos sources, la récente information rendue publique par Djezzy, inhérente à la baisse de son chiffre d’affaires, n’obéit pas au souci de donner un caractère transparent de sa gestion, mais comme un message envoyé aux investisseurs étrangers comme quoi le marché algérien est délétère et que les éventuels investisseurs courent un risque important en voulant s’y implanter. En d’autres termes, l’Egypte, par le biais de Djezzy, continue toujours de dénigrer l’Algérie.
Dans ce sens, pour minimiser ses dépenses en Algérie et se préparer à un probable grand déménagement, OTH a décidé de ne pas dégager dans sa totalité le budget de fonctionnement annuel de Djezzy. En effet, ce dernier est fractionné sur douze parties et à chaque mois, la société de Tamer El-Mahdi en reçoit une.
Il s’agit bel et bien d’une gestion drastique qui obéit à une situation de crise, même si les responsables de Djezzy ont décidé, pour étouffer le malaise dans lequel ils s’enlisent chaque jour, de réaménager leurs centres de services et de remettre en activité ceux qui sont à l’arrêt.
Cette vision des choses, selon nos sources, répond à l’impératif de Naguib Sawiris de maintenir, ne serait-ce que par son aspect externe, la cote de Djezzy, s’il serait amené à la vendre ou céder des parts de participation.
Rattrapé par sa mauvaise gestion et une communication archaïque, l’opérateur Djezzy essaye de minimiser les dégâts pour être plus vendable et ne pas avoir à en pâtir, encore plus, de la situation d’impasse dans laquelle il se trouve.
Dans ce cadre, nous avons appris que Djezzy a lancé une opération de sondage ciblant des personnes détentrices de puces des autres opérateurs de la téléphonie mobile et celles qui ont résilié leur contrat avec Djezzy.
La manière dont a été effectué ce sondage, qui est toujours en cours, a laissé perplexes beaucoup de sondés. En effet, ces derniers étaient invités à répondre aux questions d’un responsable de Djezzy, en présence d’un autre qui était derrière une vitre feutrée, pour connaître les raisons pour lesquelles ils ont choisi un autre opérateur autre que Djezzy et, pour d’autres, les motifs de leur résiliation de leur contrat avec Djezzy.
Toutes les réponses données ont été enregistrées sur cassette. Aussi, il a été demandé aux sondés de parler en arabe classique pour mieux exploiter les enregistrements et, surtout, pour que la personne tapie derrière cette fameuse vitre comprenne.
L’objectif de ce sondage n’est pas de dégager le meilleur moyen d’entreprendre un coup de lifting à l’image de marque en état de dégradation avancée de Djezzy, mais de démontrer que si la branche de la téléphonie mobile du Groupe OTH a réussi dans tous les pays où elle s’est implantée, il n’en est pas pour le cas de l’Algérie, et ce, à cause du caractère spécifique du client algérien. En d’autres termes, Djezzy veut justifier son échec.
Mohamed-Cherif Drifi




