Pour le ministre, «l’étendue du littoral n’implique pas sa richesse» L’aquaculture, seule solution aux prix déraisonnés du poisson
Lors de son intervention hier sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Smaïl Mimoun, justifie les prix excessifs du poisson par les ressources limitées des eaux territoriales algériennes et voit en l’aquaculture une solution pour combler le déficit en la matière.
A ce sujet, M. Mimoun indiquera que l’étendue des côtes algériennes ne constitue pas une référence quant à la quantité de poissons qu’elles renferment.
Il poursuivra que cette dernière reste tributaire de la surface de continuité territoriale du continent qui pour l’Algérie est quelque peu restreinte, ce qui explique la quantité limitée des ressources hélieutiques et la cherté à laquelle le poisson est cédé. En outre, M. Mimoun relèvera que «les facteurs naturels contribuent également à la réduction de la quantité du poisson pêché.
Une réduction que les professionnels ont remarquée et qui se manifeste tous les 10 ans». La preuve en est, dira le ministre, qu’en saison estivale le poisson est disponible à des prix raisonnables. La multitude d’intermédiaires sur le marché du poisson est aussi un élément favorisant l’augmentation du coût du poisson.
Le ministre de la Pêche soulignera aussi dans ce contexte que «la Méditerranée est avaricieuse en richesse, ce qui n’est pas le cas pour les océans», faisant référence à la Mauritanie et au Maroc qui produisent respectivement 1500 000 T/an et 1 200 000T/an, alors que l’Algérie en est à 220 000 T/an.
Une quantité nettement insuffisante par rapport aux 35 millions d’habitants et qui équivaut en terme de ratio alimentaire à quelque 6,2 kg de poisson par personne. C’est pour cette raison que le ministre de la Pêche appellera à «une exploitation rationnelle de ces ressources pour leur préservation et leur pérennité».
Pour remédier à cette insuffisance, le secteur encourage la promotion de l’aquaculture engagée par des entreprises privées comme solution palliative au manque de poisson sur le marché.
Des études de prospection des sites habilités à ce type de cultures ont été faites aussi bien sur le littoral que les Hauts Plateaux et le Sud du pays. Le ministre mettra en exerguele succès de quelques expériences menées dans ce domaine, citant l’exemple des fermes aquacoles situées Azeffoun dans la wilaya de Tizi Ouzou pour l’élevage du loup et de la daurade, Béjaïa, Aïn Temouchent et Oran entre autres.
Par ailleurs, s’agissant des projets inscrits en faveur de son secteur dans le programme 2010-2014, M. Mimoun affirmera qu’«une enveloppe financière estimée à 9,7 milliards de DA a été réservée au secteur de la Pêche, dont 6 milliards destinés à la réalisation de nouvelles structures telles que les halles à marée (marchés de gros) autres que celles engagées dans le précédent quinquennat, à même de réguler la commercialisation du poisson en collaboration avec le ministère du Commerce qui élargira le nombre des contrôleurs et des commissions de la répression de la fraude dans ce domaine.
Des études sont également inscrites pour sonder la quantité de réserves en poissons». S’agissant de la modernisation de la flotte de pêche qui en 2000 avait une moyenne d’âge de 25 ans, réduite actuellement à 13 années, le ministre rappellera le plan d’orientation du secteur qui a soutenu les professionnels pour l’acquisition de nouveaux bateaux équipés en matériels modernes.
Lynda N.Bourabrab




