Sécurité énergétique L’Algérie demande des contreparties à l’OTAN
Pour la première fois, une délégation de l'Assemblée parlementaire de l'Otan (AP/ Otan) est à Alger dans le cadre d'une visite de travail en Algérie et de débats interparlementaires autour de la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire, l'immigration clandestine et les changements climatiques.
Cette visite a été entamée par l’organisation d’une journée de débat au niveau de l’Assemblée populaire nationale (APN). Dans un discours prononcé lors de la cérémonie d’ouverture des travaux de cette journée parlementaire, le président de la chambre basse du Parlement, Abdelaziz Ziari a souligné que les mutations profondes qui affectent les relations internationales confèrent un rôle spécifique aux Parlements.
M. Ziari qui a relevé la tentation d’user du rapport de force inégal entre le Nord et le Sud, a exprimé son souhait d’échange de vues entre les Parlementaires de l’Otan et ceux de l’Algérie autour des concepts d’interdépendance, de complémentarité et de solidarité pour traiter des questions liées à la crise de l’énergie, les changements climatiques, la sécurité alimentaire et les mouvements migratoires.
S’agissant de la question de la sécurité énergétique, il est revenu sur l’importance de la place des hydrocarbures dans la stratégie de développement de l’Algérie qui a, selon lui, toujours milité pour un meilleur équilibre des intérêts, notamment un prix rémunérateur pour les producteurs, un coût raisonnable pour les consommateurs.
A ce propos, il a ajouté que la mission de la délégation parlementaire de l’Otan s’inscrit dans le cadre d’une évaluation de la sécurité énergétique de l’ensemble des pays qu’ils représentent. M. Ziari a fait remarquer que certains partenaires de l’Union européenne ont une tendance fâcheuse à élaborer des politiques énergétiques sans concertation préalable avec les pays fournisseurs du gaz naturel.
Alors que l’Algérie en tant que pays producteur et exportateur du gaz a, selon Ziari, toujours assuré la sécurisation des ses débouchés et de ses ressources. Dans ce cadre, le président de l’APN s’est interrogé : «Quelles meilleures garanties pour la sécurité énergétique pouvons-nous offrir à nos partenaires ?»
Selon Ziari, la question pertinente et légitime que les parlementaires algériens ont le droit de poser aux parlementaires de l’Otan est : «Quelle est la contrepartie que consentent ses partenaires à l’Algérie ?» Dans ce cadre, il a rappelé que durant les années 1980 et 1990 lorsque l’Algérie était confrontée à une crise économique majeure, due à l’effondrement des prix du brut, le terrorisme, «c’est dans l’indifférence générale, voire dans une adversité feutrée que nous avons surmonté seuls nos difficultés».
Avant d’ajouter : «Ce vécu imprégnera pendant longtemps notre perception du monde occidental et plus particulièrement …l’Europe.»
A savoir que ladite délégation sera reçue aujourd’hui par le ministre de l’Energie, Chakib Khelil et présentera à l’occasion une communication sur la politique énergétique de l’Algérie.
Par ailleurs, Mohamed-Seghir Babès, président du Conseil national et économique et social est revenu sur les grandes réformes politiques en Algérie et l’établissement d’un ordre démocratique et d’une ouverture sur la société civile, tandis que Abdelhamid Si Afif, président de la Commission des Affaires étrangères, de la coopération et de l’émigration de l’APN a abordé «la place et le rôle de la diplomatie parlementaire dans la politique extérieure de l’Algérie».
Dans ce cadre, il a expliqué que la Constitution algérienne stipule que la politique extérieure relève des prérogatives du Président de la République. Toutefois, le Parlement a un rôle à jouer dans le cadre de la diplomatie parlementaire en exerçant aussi un contrôle sur le travail de ministre des Affaires étrangères.
A souligner que les intervenants du côté des parlementaires de l’Otan ont posé des questions relatives à la démocratie et l’Islam, les droits de la femme, les droits de l’homme et la participation des jeunes dans la vie politique et institutionnelle en Algérie.
Dans ce cadre, Aït Hamouda, député du groupe parlementaire du RCD a perturbé la salle en soulignant dans son intervention l’absence d’un nombre important de députés dans ce débat tout en relevant la question de la polygamie et les droits de l’homme.
A souligner que ce député a préféré quitter la salle du débat puisque la présidente de la séance a expliqué que son intervention n’intervient pas dans son contexte. Pour sa part, Si Afif a essayé de sauver la situation en soulignant que l’intervention du député du RCD affirme qu’il y a un débat démocratique au sein de l’APN, même si des fois «il y a des interventions destructives».
A savoir que durant son séjour, la délégation parlementaire de l’Otan sera reçue par de hauts responsables de l’Etat, notamment le ministre de la Défense nationale, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de l’Energie et probablement le Premier ministre, Ahmed Ouyahia.
N. C.




