Grève dans l’Education national Mais que veulent les syndicats ?
Force est de rappeler que Boubekeur Benbouzid a exprimé son inquiétude quant aux perturbations que le débrayage causera aux élèves.
Les syndicats de l’Education exigent un «calendrier précis» pour l’application des promesses du gouvernement. Une condition sine qua non pour l’arrêt du mouvement de grève, qui entame depuis hier sa troisième semaine. La décision est sans appel et les enseignants ne comptent pas suspendre leur action malgré l’appel du ministre de tutelle.
«Seul un engagement concret du ministère de l’Education nationale pour le règlement des revendications exprimées pourra convaincre la base de surseoir à l’option de débrayage» a déclaré hier Meziane Meriane, porte- parole du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest).
Selon lui, «des promesses verbales ont été faites par le passé mais sans qu’elles ne soient concrétisées sur le terrain». Notre interlocuteur, contacté hier, a regretté «l’absence de volonté» de la part des autorités publiques pour la prise en charge des doléances des enseignants.
M. Meriane justifie ses dires par le retard mis dans la promulgation du statut particulier et l’application du nouveau régime indemnitaire du secteur. «Ils nous ont toujours dit que ce sera pour bientôt, mais à ce jour rien n’a été fait» regrette-t-il, exigeant «un engagement officiel sur une date précise». Il demande également le calcul des indemnités sur la base du nouveau salaire des enseignants.
La position des syndicats grévistes quant aux déclarations de Boubekeur Benbouzid était la même. Messaoud Boudiba, chargé de communication au Cnapest a lui aussi affirmé que les enseignants ont décidé de ne «lever le mot d’ordre de grève qu’une fois que le ministre aura pris les décisions qui s’imposent».
Il demande notamment, l’annulation de l’arrêté ministériel 158/94 qui octroie le droit de gestion des œuvres sociales à l’UGTA. «Avant d’entamer toute discussion à propos des œuvres sociales, la tutelle doit d’abord annuler cet arrêté» demande M. Boudiba.
Pour l’orateur, un tel engagement «est le gage de bonne volonté de la part du ministère pour le règlement de ce problème». Selon le Cnapest, le taux de suivi de la grève au niveau des lycées est de 94% dans les 48 wilayas du pays, 98% des enseignants ont adhéré à cette action de protestation.
Interrogé sur l’avenir des élèves en cas de poursuite de la grève, notre interlocuteur n’a pas manqué de «mettre toute la responsabilité sur le dos du ministère de l’Education qui hypothèque la scolarité des élèves en refusant d’améliorer les conditions socioprofessionnelles des enseignants». «Nous somme des parents, nous sommes les mieux placés pour comprendre les élèves» a-t-il ajouté.
Sur ce point, force est de rappeler que Boubekeur Benbouzid a exprimé son inquiétude quant aux perturbations que le débrayage causera aux élèves. En attendant la fin du bras de fer qui oppose les deux parties belligérantes, il est à préciser, comme à l’accoutumée, que les seuls à subir cette situation sont les élèves.
Farid K.
Intervenant à la radio, Benbouzid promet la prise en charge des revendications
Le ministre de l’Education nationale a réitéré, hier, son appel à l’arrêt de la grève et à la reprise des cours par les enseignants. Lors de son passage à la radio Chaîne I, Boubekeur Benbouzid a déclaré que les revendications des syndicats et préoccupations des enseignants seront prises en charge par la tutelle.
Le ministre a invité à nouveau les syndicats à la table des négociations et à la concertation dans le cadre des différentes commissions installées pour étudier les revendications exprimées. Selon lui, une réunion a été programmée aujourd’hui avec les représentants des syndicats au sujet du dossier des œuvres sociales.
Benbouzid a rappelé ainsi que des commissions mixtes ont été installées, à savoir la commission chargée du régime indemnitaire, une commission des œuvres sociales et autres pour la médecine de travail.
Concernant la première commission, le ministre rappellera que le gouvernement a décidé de l’application du régime indemnitaire avec effet rétroactif, à partir de janvier 2008.
Quant à la seconde, l’orateur a insisté sur une représentation objective des travailleurs afin d’assurer une gestion transparente des œuvres sociales des travailleurs du secteur. Par ailleurs, le ministre de l’Education a insisté sur la reprise des cours afin de ne pas perturber la scolarité des élèves.
A. F.




