Suivre le match avec des jeunes d’alger Espoir, inquiétude puis délivrance
Il faut dire que suivre la rencontre avec nos fans est toujours agréable même si vous risquez de rater les plus belles actions du match…
Le 18 novembre 2009 restera à jamais gravé dans les esprits de tous les Algériens et marquera certainement le renouveau de notre football après une longue léthargie de 24 ans.
Ils ont défié ces «soi-disant, pharaons » et la Fifa de Blatter qui après l’enfer réservé à notre Équipe nationale et ses supporters en Égypte, n’a pas trouvé mieux que de se confiner dans un silence qui a fait réagir même les plus profanes de la balle ronde de par le monde.
Les professionnels sont unanimes à dire que l’instance que dirige le Suisse est passée tout bonnement à côté de la plaque, plutôt du match. Sauf que cela n’a en rien diminué de la détermination de nos joueurs à aller au Mondial de l’Afrique du Sud.
Au contraire, les Algériens sont là, imperturbables, rassurés, animés par une volonté de fer pour «en finir une fois pour toute par cette qualification qui a tenu en haleine tout un peuple. Ils ont eu ce qu’ils voulaient : Le Mondial.
En sus d’une prestation remarquable qui restera gravée à jamais dans les annales du football mondial. Juste après le coup de sifflet final de l’excellent arbitre seychellois, c’est l’explosion de joie à Alger.
Et c’est assurément le cas dans les autres régions du pays. Il est difficile de décrire ces scènes de liesse tellement l’événement dépasse toute imagination, et ce n’est jamais trop dire. Des jeunes, moins jeunes, vieilles, vieux, femmes, garçons …bref tout le peuple algérien a tenu à sortir dans les rues pour crier ensemble: Viva l’Algérie.
Aucun coin, ni recoin ne sont épargnés par cette liesse indescriptible. Même de l’autre côté de la Méditerranée, se sont les mêmes manifestations, les mêmes décors. Zoom sur un événement qui restera» encore» et «encore» et pour toujours dans nos mémoires…Et comment ! Effervescence d’avant match Il faut dire que les Algériens n’ont pas attendu la fin du match pour faire «exploser» leur bonheur.
Bien avant, ils ont tenu à marquer cet événement, vaille que vaille, en sortant dans les rues. Ils ont exprimé haut et fort leur soutien à leur équipe favorite: l’Algérie. Tous étaient catégoriques: «on va gagner « Inch Allah » avec l’art et la manière. L’espoir était de mise. Pourquoi, avonsnous interrogé ? La réponse ne s’est pas faite attendre : «Les Égyptiens ne sont forts que chez eux, devant leur public», dira un quadragénaire rencontré à Kouba.
Pour lui, si ce «n’étaient pas les incidents d’avant le match, allusion faite à la rencontre de samedi dernier, l’Égypte n’aurait jamais gagné. Les Verts sont, sans contexte, plus forts, ajoute encore la même voix. Reste que la présence cette fois-ci du public algérien au Soudan a redonné plus d’espoir quant au résultat final de cette chaude explication.
«Incontestablement, cette présence du public avec les joueurs à Khartoum a donné, à coup sûr, du tonus aux joueurs afin de remporter cette rencontre», soutient un autre admirateur des Verts. En réalité, tous ces paramètres font dire aux inconditionnels de l’Équipe nationale que la victoire ne devait pas échapper aux camarades de Ziani. L’heure du match s’approchait et il ne restait que quelques minutes et là, c’est le calme absolu…
Chut, on suit le match Avant le coup d’envoi de la rencontre, la tension, le stress gagnent de plus en plus et les esprits et les coeurs des supporters figés devant la télévision. Peu importe la chaîne, peu importe le commentateur, l’essentiel c’est de suivre le match avec une victoire pour les nôtres à la fin. Ils sont confiants certes, nos supporters, mais la peur de perdre est toujours omniprésente.
Cela est visible et perceptible sur les visages. Pas la peine d’être expert en psychologie pour décrire cet état d’angoisse qui reste tout de même légitime vu l’adversaire du jour qui n’est autre que le Champion d’Afrique qui s’est offert les champions du Monde, dernièrement.
Il est 18h25 c’est à dire à 5mn du début de la rencontre. Un silence religieux règne sur Alger. L’inquiétude va crescendo. Un conseil : cardiaques s’abstenir. Les incidents du Caire ont été également à l’ordre du jour.
En somme, en l’espace de quelque minutes, les fans des verts ont fait le tour d’horizon de tout ce qui a touché à leur l’équipe durant cette semaine. Même les choix tactiques du coach national ont été largement commentés.
Il est 18h30. C’est le début de la rencontre mais aussi de l’inquiétude et l’angoisse. L’expérience des joueurs égyptiens fait un peu peur à ces jeunes. «Il faut vraiment être costaud et fort de caractère pour pouvoir battre cette équipe égyptienne.
Il ne faut pas perdre de vue qu’ils ont battu l’Italie lors de la Coupe des confédérations organisée récemment en Afrique du Sud», chuchotera un supporter à son ami qui lui répond avec un ton serein : «Ce n’est pas kifkif. Un match ne ressemble pas à un autre. Tu verras que notre équipe va relever le défi et gagnera cette explication ».
Ce dernier croit dur comme fer que la jeunesse de notre effectif fera la différence. L’intervention remarquable, au tout début de la partie, de l’ex gardien de la JSK Faouzi Chaouchi a donné espoir à ces jeunes et fortifiera davantage la position des uns et des autres. «Sincèrement, avoir un gardien pareil dans son échiquier, y a de quoi avoir espoir.
Une chose est sûre les égyptiens ne marqueront pas», note un téléspectateur, avant qu’un autre ne lui réponde tout de go : «Faudrait-il que ce soit toujours nos gardiens qui sauvent l’équipe.
Au Caire c’est Gaouaoui maintenant c’est Chaouchi. Il faut que les autres joueurs sortent le grand jeu et ne pas compter toujours sur les gardiens». Il faut dire que suivre la rencontre avec nos fans est toujours agréable même si vous risquez de rater les plus belles actions du match et les plus beaux commentaires du match.
Les minutes passent et la tension avec notamment après les actions des plus dangereuses des «pharaons» qui ont failli tromper la vigilance de Chaouchi, mais pas pour longtemps 40mn, la délivrance Oui, on jouait les 40 minutes. Une belle action collective des verts, la balle s’arrête dans les pieds de Antar Yahia à l’intérieur de la surface de réparation des égyptiens. Ce dernier d’un tir foudroyant a ouvert la marque, au grand bonheur des supporters d’ici et de làbas, à Khartoum.
Alger explose, donnant un signe de ce que serait le scénario en cas de qualification, même si le cauchemar inattendu de la rencontre du samedi revenait à l’esprit. «Il ne faut pas oublier qu’on était samedi dernier à une minute de la qualification donc il est vraiment trop tôt de crier d’ores et déjà victoire.
Il reste maintenant encore une mi-temps à gérer», dira un jeune à son ami et ce dernier de lui répondre : «Aujourd’hui, c’est diffèrent, nous ne sommes pas chez eux. On va gagner, c’est sûr».
Le temps lui a donné raison, les camarades de l’excellent Chaouchi qui a été un véritable rempart devant les assauts égyptiens ô combien dangereux durant la seconde mi-temps. Il a réussi, avec ces coéquipiers, à préserver la marque jusqu’au sifflet final de la rencontre et puis… Place à la fête… La plume ne suffit pas pour décrire toutes ces scènes de bonheur survenues après le match.
Non par ce que nous ne sommes pas habitués à ce genre de manifestations qui nous a manqué depuis belle lurette, mais tout simplement ce bonheur est indescriptible. Des youyous fusaient de partout. Des chants à la gloire des Verts ont été repris par les fans. Fumigènes, pétards, klaxons de voitures ont été, également, au rendezvous.
Des marées humaines ont envahi les quartiers d’Alger scandant : One, Two,Three,Viva l’Algérie Ils savent bien que de telles manifestations ne se reproduisent pas tous les jours. Pour un jeune apostrophé à Kouba, cette qualification est une leçon pour les Égyptiens qui ont utilisé tous les moyens, y compris illégaux et barbares pour battre notre équipe samedi dernier. Comme nous l’avons souligné, cette empoignade n’a laissé personne indifférent même les plus âgés.
C’est le cas de Ami Ahmed, septuagénaire, qui estime que l’Algérie n’a jamais connu de telles scènes de joie depuis l’Indépendance. Cela dit, la vedette est revenue, sans contexte, à l’emblème national, soulevé, adulé et aimé par les supporters. «Ce n’est pas tous les jours qu’on joue une Coupe du monde.
On ne doit à aucun cas rater cet événement. Savourer cette victoire comme il se doit. Car nous la méritons bien d’autant que celle-ci s’est produite aux dépens de l’Égypte», nous dira un fervent supporter.
Amokrane Hamiche




