L’Algérie ambitionne de les éliminer d’ici 2012 Les mines antipersonnel ont fait 3 236 victimes
Héritage de l’ère coloniale, les millions de mines antipersonnel (MAP) disséminées à travers les frontières est et ouest de l’Algérie continuent de faire des victimes.
Elles sont à l’origine de la mort de 3 526 personnes tandis que 3 000 autres sont handicapées. 51 communes sont toujours considérées comme à haut risque.
Une étude démontre l’ignorance des populations des risques des MAP.
En ratifiant la convention d’Ottawa, l’Algérie s’est engagé à éliminer l’ensemble des mines existant sur son territoire.
Un travail de longue haleine entamé dès 1963 et qui s’est soldé par la dépollution de 1 482 km sur les 2 500 entre 1963 et 1988 au niveau de la ligne Challe et Maurice qui comportait pas moins de 10 883 mines, soit une moyenne de 1,3 mine par habitant.
Entre 2004 et 2009, 416 000 mines ont été supprimées permettant de récupérer 2 000 hectares de terrains. Des statistiques fournies par le colonel Hacene Gherabi, président du Comité interministériel du suivi de l’application de la convention d’Ottawa.
Ce dernier a affirmé, jeudi, lors d’une rencontre organisée par le Cnes, que pas moins de 3 236 personnes ont péri après avoir marché sur une mine tandis que 3 526 autres perçoivent des pensions pour invalidité. Le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) a, pour sa part, révélé les résultas d’une étude menée sur les impacts socio-économiques des mines antipersonnel en Algérie.
Sa directrice a expliqué que l’objectif étant d’identifier les zones les plus exposées aux dangers et de connaître le niveau de connaissance des populations des dangers que représentent les mines antipersonnel. L’échantillon de l’étude a concerné 20 communes situées dans sept wilayas de l’Est et de l’Ouest, à savoir Tlemcen, Naâma, Béchar, Tébessa, Souk- Ahras, El-Tarf et Guelma.
1 234 personnes ont été questionnées. Il en ressort que les communes de l’Ouest sont celles qui subissent le plus l’impact des mines antipersonnel. Les victimes sont généralement des hommes en âge de travailler, plus particulièrement des agriculteurs qui ont été blessés alors qu’ils emmenaient paître leurs troupeaux. Les femmes représentent 37 % des personnes blessées.
Si 75 % des personnes interrogées se disent plutôt informés des dangers des mines, beaucoup reconnaissent qu’elles seraient incapables de les reconnaître. Chez les enfants, le pourcentage est en baisse puisque seule la moitié des enfants interrogés semblait être au courant des dangers que représentent ces mines.
Une information qu’ils ont obtenue à 75 % grâce au bouche à oreille. Seulement 13 % de l’échantillon a pris connaissance de ces dangers via un média. Comment réagissent- ils en cas de découverte d’une mine ? 60 % disent avoir comme premier réflexe d’alerter les autorités, suivis de 15 % qui courent avertir leur famille alors que 5% avouent préférer extraire la mine pour la conserver.
La directrice du Crasc a recommandé de concentrer les efforts sur les régions encore soumises aux dangers des mines en intensifiant les campagnes d’information et en opérant des marquages semblables aux panneaux routiers pour avertir les populations des dangers.
Des recommandations qui ajoutées aux opérations de déminage qui se poursuivront devraient permettre à l’Algérie d’atteindre l’objectif tracé à l’horizon 2012.
N. I.




