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Alors que le projet des triporteurs tarde à se concrétiser, Le poisson toujours en vente sur les trottoirs

Alors que le projet des triporteurs tarde à se concrétiser Le poisson toujours en vente sur les trottoirs

380 kilogrammes de poisson, la sardine notamment, ont été saisis dès le début du mois d’octobre, par les éléments de police au niveau de la wilaya d’Oran, apprend-on de sources officielles.

31 Octobre 2009,   L'Echo d'Oran
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Une quantité jugée importante par rapport au mois de septembre où on a enregistré la saisie de seulement 90 kilos de poisson à travers le même territoire.

L’on apprend également qu’une vingtaine de commerçants illégaux ont été touchés par l’opération qui entre dans le cadre d’un large programme visant l’éradication des marchés informels et qui a pour principaux buts, de lutter contre le commerce illicite et la protection du consommateur.

Certes, l’objectif de ce genre d’opération est noble, surtout quand il s’agit du respect des lois en vigueur concernant notamment les conditions dont l’activité est pratiquée vis-à-vis du registre de commerce, l’endroit et l’exposition, pour arriver en fin à une vente propre à la consommation mais les jeunes vendeurs ont pas d’autres idées et d’autres réflexes concernant cette activité.

En effet, certains revendeurs de poisson affirment qu’il s’agit d’une «hogra», car selon eux : «Il faut nous donner les moyens d’abord et nous juger par la suite. Nous n’avons bénéficié ni d’un local pour vendre nos produits, ni d’un moyen de transport adéquat afin d’activer dans de meilleures conditions».

A la lumière des affirmations, de nombreuses interrogations se posent : où en est-on arrivé dans le projet des triporteurs ? Quel est son taux d’avancement ? Quels sont les avis des commerçants de poisson concernant ce projet ? Aux deux premières questions, les réponses ont été données par les responsables de la Direction de la pêche d’Oran.

Le projet a fait l’objet d’une étude profonde entamée en 2007 par la direction et proposée aux autorités locales pour une coordination, afin de le mettre en application. Le projet consiste à mettre entre les mains des 101 commerçants ambulants de poisson que la direction de la pêche a pris l’initiative de recenser, une moto à caisse isotherme, dotée d’un parasol.

«Le but étant de donner une bonne image à la capitale de l’Ouest surtout, puisque la manière dont laquelle le produit est vendu dans la commune d’Oran, est bien plus propre et plus sûre par rapport aux communes limitrophes où le commerce du poisson nécessite son transport qui cause souvent une dégradation de la qualité du produit», a déclaré le chargé de la communication de la direction.

Le volume des saisies a triplé par rapport à septembre

Il expliquera, toujours dans le même cadre : «L’idée est venue également pour la préservation de cette marchandise si chère chez les Algériens, car cela fait mal au cœur de voir un tel produit exposé dans de mauvaises conditions et jeté dans les poubelles. Malgré que nos prérogatives soient limitées à la pêche, nous avons tenté avec un tel projet, de protéger le travail de nos pêcheurs qui méritent un respect au moins dans l’exposition de leurs produits».

Selon notre interlocuteur, l’affaire a commencé après l’étude par une réunion regroupant l’APC, l’entreprise Guelma de motocycles et la CNAC, l’un des organismes intéressé par l’aide financière des jeunes chômeurs avec l’engagement de deux unités de fabrication de caisses.

En effet, toutes les parties sont tombées d’accord pour mettre en place un triporteur qui ne coûtera que dix millions. Hélas l’affaire avec son importance n’a pu toucher que dix commerçants seulement.

La production des deux unités est suspendue puisqu’elle ne peut produire que suite à des commandes et la vente illicite du poisson reste toujours l’image de la wilaya d’Oran. Le triporteur est-il trop cher pour s’en procurer ? Pour le chargé de la communication de la Direction de la pêche, la réponse est bien non, pour deux raisons.

La première, le jeune trouvera toutes les facilitations pour avoir un tel équipement par le biais de la CNAC, deuxièmement, 10 millions de centimes est l’équivaut de cinq jours de traitement d’intoxication alimentaire à l’hôpital, alors pourquoi cette somme ne peut être dépensée dans l’achat d’un triporteur qui sera même utile pour commercialiser d’autres produits, autres que le poisson ? «Notre tutelle vise la disponibilité du poisson frais, notamment dans les agglomérations.

Pour arriver à ce but, nous sommes prêts à coopérer avec une quelconque partie, par n’importe quel moyen qui peut assurer une meilleure vente du produit.

Nous n’avons donc pas demandé l’interdiction de sa vente, mais seulement il faut développer ce commerce», a signalé notre interlocuteur avant de conclure sa version «Justement, pour arriver à développer les méthodes de commercialisation du poisson, l’intervention des associations, des comités de quartiers et des APC qui sont appelées à une réunion au cours de la semaine afin de discuter du sujet, est bien nécessaire».

Le triporteur fait rire les vendeurs de poisson

Interrogés, certains commerçants de poisson rencontrés, se sont mis à rire en déclarant: «Je ne sais pas pour qui on nous prend ? Tu te rends compte, une moto pour améliorer les conditions de vente et donner une meilleure image à Oran.

Une moto n’est pas vraiment la solution, car elle n’est pas utile quand il y a des changements climatiques. Même la qualité de la moto Guelma est remise en question pour assurer le transport, sans parler de la caisse qui ne peut guère répondre au volume de la marchandise vendue actuellement». D’autres commerçants évoqueront même des problèmes rencontrés pour bénéficier d’un crédit.

En effet, ils ont parlé du temps gaspillé au long parcours de la paperasse, alors que parmi eux on enregistre des chefs de familles qui ont besoin de ressources financières quotidiennes pour subvenir aux besoins des leurs.
D’autres affirmeront qu’ils refusent catégoriquement le dispositif puisqu’il s’agit d’un «riba».

Par ailleurs, le vice-président de la Chambre de la pêche et le président de l’association des pêcheurs a tenu à donner son avis concernant ce sujet : «Je suis contre le triporteur comme une solution radicale contre la vente informelle du poisson.

Les camions frigorifiques semblent plus utiles et plus efficaces pour moi. Ils ne coûteront que 45 millions de centimes et les commerçants peuvent en bénéficier suite à un contrat de crédit signé par un fournisseur. Ces camions nécessiteront deux commerçants alors ils absorbent le taux du chômage, ils assureront une vente propre à la consommation et mettront les commerçants dans un cadre adéquat».

D’autre part, le coordinateur du bureau de wilaya de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) affirme que «la commission de transport et de la pêche de l’APW d’Oran avait signalé lors de la dernière session, qu’il est vraiment nécessaire de penser à des méthodes plus efficaces pour assurer l’hygiène du produit, l’organisations des vendeurs de poisson et surtout de ramener la marchandise dans les quartiers et les agglomérations les plus lointaines. Notre interlocuteur a proposé de penser à des points de vente fixes de poisson.

Reportage réalisé par Souad Berkeche