Absence de zones sous douane aux ports de djendjen et de mostaganem Les concessionnaires automobiles en colère
A partir du 1er octobre, les concessionnaires automobiles feront débarquer leurs véhicules dans les ports de Djendjen et de Mostaganem. Jusque-là, rien d’anormal, car étant le résultat des dernières mesures concernant l’importation de marchandises non conteneurisées. Sauf qu’au niveau de ces deux ports, il n’y a pas de zones sous douane. Ce qui a soulevé le courroux des concessionnaires automobiles.
Le directeur général de Toyota Algérie, M. Noureddine Hassaïm, réalise que son entreprise sera désormais «obligée de déplacer les véhicules réceptionnés aux ports de Djendjen et de Mostaganem vers les zones sous douane à Alger pour pouvoir les dédouaner, avant de les acheminer vers nos agences à travers le territoire national».
Ces importateurs-distributeurs d’automobiles se retrouvent dans l’obligation de créer leurs propres zones sous douane à Jijel et à Mostaganem. Pour ce faire, «il nous faut d’abord louer des espaces, construire des clôtures, installer des réseaux d’éclairage et d’AEP et former le personnel pour la gestion de ces espaces», explique M. Hassaïm. La création de ces aires de stationnement exige «du temps et de l’argent».
Ce qui a amené les différents représentants des marques d’automobile à demander le report de l’application de la décision prise par les pouvoirs publics d’orienter le trafic des marchandises non conteneurisées vers les infrastructures portuaires de Djendjen et de Mostaganem.
Qualifiant cette mesure de décision «hâtive», le directeur de Toyota Algérie regrette que les pouvoirs publics n’aient pas pas anticipé sur toutes ces incidences.
La mesure a même suscité une certaine spéculation foncière : M. Hassaïm affirme que «les prix des terrains autour de ces deux villes portuaires ont été multipliés par dix et même par vingt dans certains cas. A Mostaganem, un terrain a atteint dix fois sa valeur, il y a quelques semaines».
Le transfert de ces véhicules vers Alger va également provoquer l’augmentation des prix des véhicules. Les concessionnaires qui vont investir dans ce transfert n’ont d’autres alternatives que de faire «répercuter une partie de ces coûts sur les clients», affirme Hassaïm.
Ainsi, l’acheminement des véhicules des deux ports de Djendjen et de Mostaganem vers la zone sous douane d’Alger s’effectuera par route à l’aide de camions porte-véhicules.
Une «complication supplémentaire » pour les concessionnaires automobiles. «Nous ne disposons actuellement que d’une vingtaine de camions de ce type. Pour organiser un tel parc roulant, il nous faut au minimum quarante engins», souligne le directeur de Toyota Algérie. Pour toutes ces raisons, le plan de commande de l’entreprise sera revu à la baisse. En effet, il sera réduit de 15 % pour l’année 2010, précise le responsable.
Du côté de Peugeot Algérie, on se dit en période de consultation sur le choix des ports de débarquement. «Peugeot Algérie est en consultation avec la compagnie logistique Gesco et ses différents armateurs afin de déterminer dans quel port faire accoster ces car-carriers, Djendjen ou Mostaganem, ou les deux», explique la responsable de communication de Peugeot Algérie.
Quant au transport de ces cargaisons vers les zones sous douane d’Alger, «Peugeot Algérie entretient toujours des consultations avec les entreprises logistiques », ajoute-t-elle. Ainsi, pour se conformer à la nouvelle décision du gouvernement, Peugeot Algérie s’attelle à déterminer toutes les modalités idoines.
R. N.




