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Coopération entre pays membres d'Interpol, Une centaine de mandats d'arrêt lancés par l’Algérie

Coopération entre pays membres d'Interpol Une centaine de mandats d'arrêt lancés par l’Algérie

L’Algérie n’est pas à l’abri de ce qui se passe dans le monde, elle a ratifié plusieurs conventions internationales, dont celles de la lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption.

23 Juin 2009,   Le jour d'Algérie
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Les travaux des journées d’étude, d’une durée de trois jours, organisées conjointement par la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et le ministère de la Justice, ont débuté hier à l’Institut de police criminelle de Saoula.

Des travaux qui réunissent des experts de la police, de la justice et de la gendarmerie, ente autres, et qui ont trait à «l’entraide judiciaire dans le cadre des investigations internationales».

Un thème d’une grande importance, compte tenu du caractère transnational du crime organisé qui tend à recourir à des moyens sophistiqués, utilisant l’ouverture du marché et différentes autres évolutions économiques quand il s’agit de blanchiment d’argent.

Ce thème concerne la coopération entre les pays membres d’Interpol. D’où la présence, hier, du chef du bureau central national (BCN) Interpol Algérie, le commissaire divisionnaire Adel Amine, et de plusieurs autres membres de cette structure relevant de la DGSN.

Le coup d’envoi pour le début des travaux a été lancé par le commissaire divisionnaire Belkacem EL Mara, représentant du directeur général de la DGSN, pour ces journées, et M. Lakhdari, directeur des affaires pénales et procédures d’amnistie, au ministère de la Justice, représentant de ce département ministériel pour ces travaux. Le premier cité a accès son intervention  sur «l’importance des échanges d’informations dans le domaine de lutte contre le crime organisé».

«Ces journées d’étude ont pour but d’identifier les obstacles qui s’opposent à ces coopérations.» Il lance par ailleurs que l’organisation de ces journées «traduit la souveraineté de l’Algérie au sein de la communauté internationale».

L’Algérie est, en effet, l’un des pays les plus efficaces adhérents à Interpol. «La DGSN, et par la voix de la police judiciaire, œuvre pour la lutte contre le crime organisé», ajoute-t-il.

Quant au représentant du ministère de la Justice, il a estimé que «l’organisation de ces journées émane de la volonté de la justice et de la Sûreté de lutter contre le crime, en particulier le crime organisé».

«L’Algérie n’est pas à l’écart de ce qui se passe dans le monde, elle a ratifié plusieurs conventions internationales, dont celles de lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption», explique-t-il. «La coopération internationale est un outil dont on ne peut se passer», ajoute-t-il. Cette coopération «permettra la récolte d’informations et le gel rapide des avoirs soupçonnés», lance-t-il.

Les obstacles rencontrés dans les extraditions

Après le démarrage de ces travaux, ce directeur au ministère de la Justice a animé un point de presse, aux côtés de responsables de la DGSN, dont le chef du BCN Interpol Algérie. Interrogé sur les principaux obstacles rencontrés dans les extraditions, il cite le caractère politique et la différence des législations d’un pays à un autre ou d’un groupe de pays à un autre. «L’aspect des droits de l’homme entre aussi en jeu», ajoute-t-il. «Les législations diffèrent entre celles du Commonwealth.

L’Angleterre et l’Australie, par exemple, et contrairement à l’Algérie, extradent leurs ressortissants. Ce qui explique le durcissement des conditions fixées par ce pays pour les extraditions», explique-t-il. «L’Australie et le Canada exigent des dossiers judiciaires convaincants, à leurs yeux. Il y a aussi le pouvoir d’appréciation», ajoute-t-il.

La récupération de biens dilapidés coûte cher

Ce responsable informe que la récupération de biens dilapidés en Algérie et transférés vers l’étranger coûte cher. «Des pays ont signé des conventions et même des accords bilatéraux et lorsque vous envoyez des experts pour localiser ces biens à l’étranger, il s’agirait d’une opération coûteuse financièrement, et cette somme nécessaire pourrait être supérieure à celle sortie illégalement du territoire national», explique-t-il.

«La coopération entre la justice et la sécurité existe pour cibler ces crimes. Le problème reste le volume (des affaires). La médiation peut réduire le nombre (de ces affaires)», ajoute-t-il, par ailleurs.

Interrogé, le chef du BCN Interpol Algérie annonce qu’«un responsable du navire chinois  accusé d’avoir jeté par-dessus bord des ressortissants algériens, il y a plusieurs années, au large des côtes oranaises, et recherché par Interpol à la suite d’un mandat d’arrêt international lancé par la cour d’Oran, n’a toujours pas été localisé». Il s’agit d’un ressortissant chinois né en 1966.

Quinze extraditions vers l’Algérie obtenues et trois extraditions vers la France

Le chef du BCN Interpol Algérie a annoncé que «les autorités judiciaires algériennes ont émis, via Interpol, une centaine de mandats d’arrêts internationaux et une vingtaine de demandes d’extradition, en grande partie pour affaires liées au terrorisme».

«Durant les quatre dernières années, l’Algérie a obtenu une quinzaine d’extraditions, d’Espagne, d’Italie, du Maroc et d’Ukrainie. L’Algérie a extradé trois personnes vers la France, ces deux dernières années», révèle le représentant du ministère de la Justice pour ces journées d’étude.

 «Nous avons saisi des biens, produit de blanchiment d’argent»

L’ouverture du pays à l’économie du marché peut favoriser les tentatives de blanchiment d’argent en Algérie sous forme d’investissements. «Nous avons enregistré de telles affaires et saisi des biens émanant de trafic de drogue», lance ce responsable.

Il est à noter que le BCN Interpol Algérie a échangé 507 informations avec des BCN Interpol d’autres pays, liées au trafic de drogue, contre 208 en 2007, 435 informations dans des affaires liées au trafic de véhicules, contre 15 en 2007, 78 informations dans des affaires liées au terrorisme, contre 22 en 2007, et 21 affaires liées au recel d’objets volés, con-tre 14 en 2007.

Il s’agit de correspondances entre plusieurs BCN Interpol. Pour ce qui est de la police scientifique et technique, BCN Interpol Algérie a échangé

2 075 informations, en 2008, avec des BCN Interpol d’autres pays, contre 860 en 2007 et 888 en 2006. Les correspondances ont eu lieu avec des dizaines d’autres pays. Ce sont, en tout, 2 673 informations échangées contre 1 222 en 2007.

M. Abi