Séminaire sur le plagiat dans le domaine de la recherche scientifique: Alger se mobilise
Le 26 mars dernier, Monsieur Hafid Aourag directeur de la DGRST et Compilatio.net, logiciel de détection de plagiat, se sont mobilisés à Alger sur le thème du « Plagiat dans le domaine de la recherche scientifique », et ont évoqué ensemble les pistes efficaces pour lutter contre ce phénomène.
Ce séminaire s’est tenue au CERIST Centre de Recherche sur l’Information Scientifique et Technique en compagnie de différents responsables de la DGRSDT et Directeurs de Laboratoires des Universités Algériennes.
Différents éléments de définitions du plagiat
Propositions des participants
- Copier (même partiellement) quelque chose, sans faire référence à la source
- Il en découle un vol de propriété intellectuelle
- Il entraine une faiblesse voire une absence de réflexion de la part du rédacteur plagiaire
- Il s’agit d’une action souvent volontaire, parfois involontaire, qui s’avère dans tous les cas malsaine et nuisible
Définition retenue
Le plagiat consiste à faire passer pour siens les mots ou les idées de quelqu’un d’autre.
Selon vous, le plagiat est-il plus fréquent qu’il y a 10 ou 20 ans ? Pourquoi ?
L’assemblée estime unanimement que le plagiat est plus fréquent aujourd’hui que par le passé.
Deux facteurs majeurs sont proposés pour expliquer ce phénomène, tous deux liés aux technologies informatiques:
- Internet rend l’accès à l’information plus facile et plus rapide. Grâce à des moteurs de recherches grand public très efficaces, des millions de pages sont accessibles en quelques secondes, sur n’importe quel sujet.
- Les informations sous forme informatique sont extrêmement faciles à réutiliser : le « copier-coller » permet de réutiliser de très grandes quantités de textes en quelques clics
Des facteurs d’ordres conjoncturels sont également évoqués : il est valorisant de produire un grand nombre de travaux de recherche et si possible de publications.
- On observe une réelle course à la publication, qui incite certains chercheurs à l’auto-plagiat, afin d’augmenter à moindre effort le nombre de leurs publications
- De manière plus générale, la recherche d’un bénéfice maximal (production d’une publication) pour un effort minimal (faible production personnelle) est un levier majeur du recours au plagiat.
Le plagiat est-il un problème pour vous ? Pourquoi ?
Le plagiat dans la recherche pose plusieurs problèmes :
- Les travaux de recherche produits révèlent-ils bien le niveau de compétence des chercheurs, dès lors que leur authenticité et leur originalité peuvent-être mis en doute ?
- En tant qu’élite scientifique, les chercheurs ont un devoir d’exemplarité morale dans la réalisation de leurs travaux de recherche
- Interdire le plagiat dans les textes, tout en le tolérant dans les faits pose un réel problème d’éducation aux bonnes pratiques
- Il y a un réel préjudice à être dépossédé de la reconnaissance de son travail par la communauté scientifique, au profit d’un plagiaire
Dans votre discipline, quelles mesures de lutte contre le plagiat existent aujourd'hui ?
Le MESRS (Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique) a mis en place un Conseil National d’éthique et Déontologie, afin de mener une réflexion sur la problématique du plagiat.
Ce conseil a rédigé une Charte d’éthique et de Déontologie qui instaure l’obligation des chercheurs à « respecter le travail d’érudition de ses collègues universitaires et les travaux des étudiants et en créditer les auteurs ».
« Le plagiat constitue une faute majeure et inexcusable pouvant conduire à l’exclusion ».
L’étudiant lui aussi ne doit jamais « frauder ou recourir au plagiat ».
Ce conseil peut également être saisi afin d’étudier et de statuer en cas de suspicion de plagiat.
Mais ces dispositions semblent encore trop souvent méconnues.
Certains chercheurs expriment leurs difficultés à faire valoir leurs droits lorsqu’ils se sentent victimes d’un plagiat par un autre chercheur.
Quelles mesures vous semblent (vous sembleraient) les plus adaptées ?
Les participants souhaitent avant tout l’affirmation par leurs institutions de références de règles morales, déontologiques et éthiques. Une fois affirmées, ces règles doivent être respectées.
Des interrogations sont également formulées concernant la responsabilité des différentes parties en cas de plagiat avéré.
Si l’auteur « plagiaire » d’un travail est évidemment le premier incriminé, la responsabilité de sa faute doit-elle être étendue aux autres institutions (établissement, laboratoire, etc.) et personnes, parties prenantes dans la réalisation et la publication du travail ?
Ainsi, dans le cas d’un plagiat dans une thèse, la responsabilité de ce plagiat doit-elle aussi être portée par l’examinateur qui a suivi et supervisé la thèse ?
Et dans le cas d’un plagiat dans une publication scientifique, la responsabilité de la faute est-elle partagée par les pairs membres du comité de relecture ?
Afin de pouvoir justifier d’avoir répondu à une « obligation de moyens » pour prévenir un éventuel plagiat, les participants souhaitent disposer de solutions techniques & technologiques.
Un outil de mesure de similitudes permettrait en effet d’identifier, de mesurer et d’apprécier la nature des similitudes observables entre documents.
Ils disposeraient alors d’une aide à la détection des plagiats dont ils pourraient être victimes. Ils auraient également la possibilité d’attester qu’une vérification des travaux qu’ils ont la responsabilité d’évaluer a bien été effectuée.
La numérisation et la mise à disposition publique des thèses algériennes en langue arabe, française et anglaise est proposée.
Une telle mesure apporterait plusieurs bénéfices : outre la diffusion de la connaissance, elle faciliterait la vérification de toute les productions par des moyens humains ou technologiques. Le risque de « se faire prendre » pour un plagiaire étant alors considérablement élevé, l’effet préventif et dissuasif serait très fort.
Contact presse
Anne Hamel
Responsable Marketing Compilatio.net
Email: anne@compilatio.net
Site web: www.compilatio.net





